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À 89 ans, une artiste vietnamienne enfin reconnue dans son pays

À 89 ans, une artiste vietnamienne enfin reconnue dans son pays

L’artiste Mong Bich en pleine créativité dans sa maison située dans la province de Bac Ninh à l’est de Hanoï. Photo Manan Vatsyayana/AFP

Mong Bich a une de ses toiles dans les collections du British Museum, mais jusqu’à aujourd’hui elle n’avait pas pu exposer seule dans son pays, le Vietnam, faute de moyens et de reconnaissance. Portrait d’enfant, d’une mendiante recroquevillée sur le sol, scène de son village natal : une exposition lui est consacrée dans un Centre culturel français de Hanoï, une récompense tardive dans ce pays communiste où l’art officiel, idéal et héroïque, a longtemps prédominé. Pour moi, « peindre est aussi essentiel que manger du riz », relève l’artiste de 89 ans, qui consacre encore jusqu’à huit heures par jour à sa passion, assise sur le carrelage de sa modeste maison, proche de la capitale. « Je ne veux pas vendre mon travail. Mes tableaux sont mes souvenirs », ajoute-t-elle. Née en 1931 à l’époque de la colonisation française, Mong Bich fuit à 15 ans la guerre en se réfugiant dans les montagnes avec sa famille. « Il fallait sans cesse se cacher des bombardements », se souvient-elle. Revenue à Hanoï après la défaite des forces françaises à Diên Biên Phu, qui a mis fin à la guerre d’Indochine, elle prend des cours de peinture et se consacre à l’art de la propagande, vendant des œuvres à la gloire du régime communiste qui contrôle le nord du pays. Mais, « un jour, je me suis approchée d’une maison pour demander à boire. Une mère s’est assise pour allaiter son enfant. L’image s’est immédiatement fixée en moi et j’ai fait un croquis ». Le dessin, devenu peinture, de cette femme en partie dénudée choque, mais un collectionneur la lui achètera dans les années 1990 et elle sera revendue au British Museum. Pendant la guerre du Vietnam, Mong Bich continue à croquer des scènes de vie dans les campagnes et des portraits intimistes, une passion qui ne la quittera plus. « On peignait les fermiers dans les champs, les ouvriers dans les usines, les soldats, les pêcheurs », dit-elle. « À bien des égards, son histoire est celle du pays, avec beaucoup de douleur, de morts », relève Thierry Vergon, directeur du centre culturel où elle est exposée. L’artiste a tardé à être reconnue car la contribution des femmes dans l’art a longtemps été minorée, déplore Nora Taylor, professeure à l’Institut d’art de Chicago. Cela change enfin et les peintures sur soie de cette « pionnière » sont enfin reconnues comme un témoignage important du Vietnam du XXe siècle.


Mong Bich a une de ses toiles dans les collections du British Museum, mais jusqu’à aujourd’hui elle n’avait pas pu exposer seule dans son pays, le Vietnam, faute de moyens et de reconnaissance. Portrait d’enfant, d’une mendiante recroquevillée sur le sol, scène de son village natal : une exposition lui est consacrée dans un Centre culturel français de Hanoï, une...

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