Carnage d’oiseaux migrateurs répertorié par la SPNL. Photo fournie par la SPNL
Le 20 octobre, le massacre de plus de cent perdrix, filmé par des braconniers qui ne cherchaient pas à cacher leur identité, avait ému la Toile (voir L’OLJ du 21 octobre). Devant de tels crimes à l’encontre de la nature, les écologistes déposent régulièrement des plaintes auprès des forces de l’ordre. L’affaire des perdrix avait poussé l’Association libanaise de conservation des oiseaux (ABCL) à porter plainte. Une plainte qui a abouti, selon l’annonce des Forces de sécurité intérieure hier, à l’arrestation, dans le cadre de cette affaire, de deux suspects identifiés grâce à leur propre vidéo postée sur les réseaux sociaux, A.N. (né en 1985) et G.H. (né en 1988). Ils ont été appréhendés dans le village de Saghbine, dans la Békaa.
Les FSI appellent d’ailleurs tous ceux qui identifient des vidéos de chasse illégale sur les réseaux sociaux à les contacter via le site :
www.isf.gov.lb
Malgré certaines arrestations, les massacres filmés par les braconniers se multiplient, sur le terrain comme sur les réseaux sociaux. Sur une photo partagée dimanche sur la page Facebook des « Sudistes verts », un groupe de protection de l’environnement au Liban-Sud, on peut voir des dizaines de grues mortes, tuées par des braconniers dans la région de Tyr. Cette nouvelle preuve de massacre d’oiseaux migrateurs protégés comme les grues s’ajoute à de nombreuses autres qui circulent sur les réseaux sociaux depuis l’ouverture de la saison de chasse en septembre. Malgré la crise économique qui a, selon certains écologistes, réduit le nombre de chasseurs, les scènes de cadavres d’oiseaux migrateurs ou domestiques étalés sur des voitures ou accrochés sur des murs ne sont pas rares.
La reddition des comptes et le respect de la loi sur la chasse (espèces autorisées et nombre de spécimens permis), c’est ce qu’a exigé récemment la Société de protection de la nature au Liban (SPNL) dans un communiqué. Soulignant avoir répertorié de nombreux massacres d’oiseaux protégés depuis l’ouverture de la saison de chasse, notamment un carnage de bondrées apicoles, une espèce de buse dont la chasse est interdite comme celle de tous les rapaces, dans la région du Kesrouan, la SPNL a appelé les forces de l’ordre à sévir contre ces tueries d’oiseaux migrateurs.


Le liban s'illustre par les bêtises de ses habitants et de ses dirigeants : chasse illégale et honteuse d'un côté et déchets plein les rues de l'autre
22 h 39, le 27 octobre 2020