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Liban-États-Unis

À Washington, Abbas Ibrahim serait sollicité sur l’affaire Austin Tice

L’administration US veut obtenir la libération du journaliste US, enlevé en Syrie, avant la présidentielle, révèle Nizar Zakka à « L’Orient-Le Jour ».

À Washington, Abbas Ibrahim serait sollicité sur l’affaire Austin Tice

Nizar Zakka et Abbas Ibrahim à Téhéran, en juin 2019. Photo d’archives/ANI

Comme au Liban où il joue le médiateur, c’est pour une mission délicate que le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, s’est rendu aux États-Unis, la semaine dernière : contribuer à tirer au clair le sort d’Austin Tice, journaliste américain enlevé en Syrie le 14 août 2012.

C’est ce que révèle à L’Orient-Le Jour Nizar Zakka, président du comité Hostage Aid Worldwide et ancien détenu libanais en Iran, que le général Ibrahim avait contribué à faire libérer le 11 juin 2019.

Selon M. Zakka, les Américains voient dans le général Ibrahim une personnalité « respectable et bien connectée », qui pourrait contribuer à la remise en liberté du journaliste américain enlevé en Syrie, où il était entré en 2012. Ils souhaitent donc qu’il mène des contacts avec le régime syrien pour que M. Tice soit libéré. D’autant qu’en août 2018, soit six ans après la disparition de l’ancien officier des marines, un porte-parole du département d’État américain avait déclaré que Washington pense que M. Tice est détenu par le régime syrien ou ses alliés.

La visite de Abbas Ibrahim à Washington a coïncidé avec des informations rapportées par le Wall Street Journal et confirmées par le quotidien syrien al-Watan (proche du pouvoir), selon lesquelles deux responsables américains haut placés se seraient rendus récemment à Damas pour évoquer le dossier des détenus américains en Syrie, notamment l’affaire Tice. Ce dernier est considéré par les proches du régime comme « un agent des services de renseignements américains », comme on pouvait lire hier dans les colonnes d’al-Watan.

En tout état de cause, « les Américains sont convaincus du professionnalisme de Abbas Ibrahim dans ce domaine », affirme Nizar Zakka. Il faisait ainsi allusion aux efforts menés par le directeur de la Sûreté générale pour la remise en liberté de plusieurs otages par le passé, notamment les religieuses de Maaloula (Syrie) en 2014 et un ressortissant canadien détenu également dans ce pays, en août 2019, pour ne citer que ces deux exemples.

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Discussions directes entre Washington et Damas en vue de la libération des otages américains

Concernant le timing de ce déplacement auquel plusieurs interprétations (erronées) ont été données, M. Zakka explique que la question des détenus américains à travers le monde est particulièrement sensible par rapport aux citoyens et administrations américains, surtout en période de campagne électorale. « Aux États-Unis, on tient au principe “do not leave anyone behind” (ne laisser personne derrière) », explique l’ex-détenu libanais en Iran, avant de poursuivre : « La remise en liberté de plusieurs personnes enlevées pourrait bien être bénéfique à Donald Trump, qui enregistre des reculs significatifs depuis un moment. »

Atteint du coronavirus

Nizar Zakka révèle les dessous du déplacement du haut responsable de sécurité à Washington. « Robert O’Brien, conseiller de sécurité nationale, avait rendu visite à Abbas Ibrahim à Beyrouth loin des feux de la rampe, il y a un an, révèle-t-il. Il lui a ensuite adressé une invitation pour visiter les États-Unis. » M. Zakka souligne que le directeur général de la Sûreté générale s’est entretenu avec des responsables de la CIA et du FBI, avant de rencontrer Robert O’ Brien à la Maison-Blanche. Une façon pour l’administration américaine de le remercier pour avoir contribué à dévoiler le sort de plusieurs otages. Il est d’ailleurs le premier non-Américain à recevoir le prix James Foley, créé par Diane Foley, à la mémoire de son fils journaliste, qui fut le premier otage américain à avoir été exécuté par le groupe État islamique, en 2014. Une opération filmée par le groupe terroriste et dont la vidéo avait fait le tour du monde.

Selon M. Zakka, l’accueil chaleureux que l’administration Trump a réservé à Abbas Ibrahim montre l’insistance américaine pour que le Liban joue un rôle important sur la scène internationale. « Une éventuelle libération d’Austin Tice pourrait pousser l’administration US à exhorter plusieurs États à venir en aide au Liban secoué par une grave crise économique », estime M. Zakka, faisant valoir que la question du prochain gouvernement n’a pas été abordée en profondeur. Ce dossier gouvernemental n’aurait pas été au centre des entretiens de Abbas Ibrahim à Washington. M. Ibrahim devait se rendre en France après sa visite aux États-Unis pour des entretiens avec des responsables français. Mais la Sûreté générale a annoncé hier en soirée qu’il avait été testé positif au coronavirus au terme de sa visite aux États-Unis et qu’il avait dû annuler l’étape française de son voyage.



Comme au Liban où il joue le médiateur, c’est pour une mission délicate que le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, s’est rendu aux États-Unis, la semaine dernière : contribuer à tirer au clair le sort d’Austin Tice, journaliste américain enlevé en Syrie le 14 août 2012.

C’est ce que révèle à L’Orient-Le Jour Nizar Zakka, président du comité...

commentaires (2)

Dans tout ça les libanais ne connaîtront jamais le prix négocié pour briller auprès des autres pays et être médaillé pour services rendus toujours aux autres alors qu’on peine à obtenir ne serait-ce que le droit de vivre en paix et dignement au peuple libanais. D’ailleurs pourquoi ce Monsieur n’a jamais négocié la libération des prisonniers libanais dans les geôles syriennes depuis le temps que leurs familles le réclament? La vie des libanais ne vaut elle pas une médaille? Ou celle accordées par des gouvernements étrangers brillent elles plus et valent mieux?

Sissi zayyat

13 h 35, le 20 octobre 2020

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Commentaires (2)

  • Dans tout ça les libanais ne connaîtront jamais le prix négocié pour briller auprès des autres pays et être médaillé pour services rendus toujours aux autres alors qu’on peine à obtenir ne serait-ce que le droit de vivre en paix et dignement au peuple libanais. D’ailleurs pourquoi ce Monsieur n’a jamais négocié la libération des prisonniers libanais dans les geôles syriennes depuis le temps que leurs familles le réclament? La vie des libanais ne vaut elle pas une médaille? Ou celle accordées par des gouvernements étrangers brillent elles plus et valent mieux?

    Sissi zayyat

    13 h 35, le 20 octobre 2020

  • Free of charge?

    Zovighian Michel

    05 h 39, le 20 octobre 2020