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Crise

Hassan dénonce un « dysfonctionnement » dans la distribution des médicaments

Karim Gebara, président de l’Association des importateurs de médicaments, assure à « L’OLJ » que « les importateurs ont livré des quantités supérieures ou équivalant à celles de l’année dernière ».

Hassan dénonce un « dysfonctionnement » dans la distribution des médicaments

Le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, lors d’une tournée hier dans des entrepôts de médicaments à Baabda et Aley. Photo Dalati et Nohra

Le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a effectué hier une tournée d’inspection surprise, la seconde en deux jours, dans des entrepôts de médicaments dans les régions de Baabda et de Aley. Cette mesure intervient alors qu’une vaste campagne a été lancée contre la contrebande de ces produits subventionnés par les autorités et que de nombreux patients dénoncent des pénuries dans les pharmacies. Jeudi, M. Hassan avait effectué une tournée similaire dans certaines pharmacies et entrepôts de médicaments dans le caza de Zahlé. Le ministre a dénoncé un « dysfonctionnement » au niveau de la distribution des médicaments ainsi que le « monopole » de plusieurs produits par certains pharmacies et fournisseurs.

« Certains entrepôts stockent 1 000 ou 500 boîtes d’un même produit. Une pharmacie en a même 8 000 », a dénoncé hier M. Hassan à l’issue de sa tournée. Il a ensuite donné l’exemple d’un « médicament introuvable dans la plupart des pharmacies », sans en citer le nom. Or, selon le ministre, « le fournisseur possède 40 000 boîtes de ce produit et en stocke 570 autres, déposées dans un entrepôt ».

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« Grâce aux descentes effectuées ces derniers jours, il est apparu qu’il existait un monopole sur certains médicaments, réservés à certaines pharmacies », a déclaré M. Hassan, indiquant que son ministère allait enquêter sur le mécanisme de distribution « en partant des fournisseurs des médicaments en rupture de stock ». « J’ai pris contact avec la juge Ghada Aoun et le procureur financier Ali Ibrahim. Nous nous sommes mis d’accord sur les mesures judiciaires à prendre en vue d’assurer la fourniture de médicaments à la population et de sanctionner les contrevenants qui jouent avec la santé des citoyens », a-t-il ajouté.Contacté par L’Orient-Le Jour, Karim Gebara, président de l’Association des importateurs de médicaments, assure pour sa part que « les importateurs ont livré des quantités supérieures ou équivalant à celles de l’année dernière. On ne peut donc pas leur reprocher de n’être plus en mesure de livrer davantage de produits ». « La question est de savoir si les entrepôts et les pharmaciens distribuent ces médicaments de manière équitable. En principe, on suit le même schéma que les années précédentes et on distribue à chaque pharmacie le nombre de boîtes qu’elle a l’habitude de vendre », explique M. Gebara. « Si le ministre veut que nous changions de méthode, nous sommes prêts à suivre ses directives », assure-t-il par ailleurs.

Rationnement et rupture de stock

Répondant aux questions de L’OLJ, une pharmacienne de la région beyrouthine affirme, sous le couvert de l’anonymat, que les pharmacies sont soumises à un « rationnement de la part des importateurs, surtout dans le cas des médicaments pour les maladies chroniques, tel le cancer ». « Pour faire face au stockage effectué par les patients paniqués ou encore à la contrebande, certains fournisseurs exigent, pour les traitements de longue durée, qu’on leur présente les prescriptions et une copie de la carte d’identité du patient pour justifier chaque vente », confie-t-elle. « Je ne vends plus à des clients de passage. Je garde les médicaments pour mes clients les plus fidèles. Mais parfois, même le médicament générique est en rupture de stock. C’est le désastre depuis fin septembre », soupire cette pharmacienne.

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Depuis que des rumeurs ont commencé à circuler sur la possibilité d’une levée des subventions de la Banque du Liban sur les médicaments, de nombreux Libanais ont dévalisé les pharmacies de crainte d’une pénurie ou d’une hausse des prix. De plus, de nombreux pharmacies et fournisseurs sont accusés de stocker certains produits pour les revendre plus cher en cas de levée des subventions. Ces derniers jours, les autorités ont débusqué plusieurs tentatives de contrebande de médicaments vers plusieurs pays de la région, visant à obtenir des dollars frais.

Ismaïl Souccariyyé, médecin et ancien député, suit ce dossier depuis des décennies. Il dénonce un « monopole exercé par les importateurs de médicaments ». « C’est cela qu’il faut combattre. Il y a une dizaine de sociétés qui monopolisent 80 % du marché », indique M. Souccariyyé à L’OLJ. « La tournée du ministre sortant de la Santé était plutôt médiatique, mais elle va dans la bonne direction. Il a le droit de saisir les médicaments et de fermer les établissements qui stockent des produits. Mais il faudra régler la question, au niveau, d’abord des importateurs puis de ceux qui gèrent les entrepôts de médicaments », estime l’ancien député. Il dénonce par ailleurs le fait que « certains pharmaciens proches de partis politiques profitent de leurs connexions » pour se procurer des médicaments.



Le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a effectué hier une tournée d’inspection surprise, la seconde en deux jours, dans des entrepôts de médicaments dans les régions de Baabda et de Aley. Cette mesure intervient alors qu’une vaste campagne a été lancée contre la contrebande de ces produits subventionnés par les autorités et que de nombreux patients dénoncent des...

commentaires (1)

OUI BON, soudain ces gens la ont appris la langue de bois ? livrer des quantites etc.... quid des quantites importees v celles livrees pr ex ? bref en peu de mots l'etre humain de toutes races et civilisation n'apprend que par la peur d'etre chatie. culture inexistante par ici s'agissant de vrais mafiosi.

gaby sioufi

09 h 51, le 17 octobre 2020

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Commentaires (1)

  • OUI BON, soudain ces gens la ont appris la langue de bois ? livrer des quantites etc.... quid des quantites importees v celles livrees pr ex ? bref en peu de mots l'etre humain de toutes races et civilisation n'apprend que par la peur d'etre chatie. culture inexistante par ici s'agissant de vrais mafiosi.

    gaby sioufi

    09 h 51, le 17 octobre 2020