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Coronavirus au Liban

Près de 170 localités bouclées pendant une semaine à partir de lundi

Le Liban a enregistré dimanche 1.010 contaminations et quatre décès supplémentaires.

Près de 170 localités bouclées pendant une semaine à partir de lundi

Sur les routes désertées autour de Beyrouth, des messages incitent les Libanais à respecter le confinement. Photo d'archives AFP/Joseph Eid

Près de 170 localités sur l'ensemble du territoire libanais vont être bouclées pendant une semaine à partir de lundi pour tenter d'enrayer la propagation du coronavirus dans le pays, où le nombre de morts et de contaminations s'envolent depuis plusieurs semaines.  

Dimanche, le ministère de la Santé a annoncé dans son bilan quotidien que le Liban a enregistré 1.010 contaminations au Covid-19 (aucun en provenance de l'étranger) et quatre décès supplémentaires au cours des dernières 24 heures. Le nombre de cas cumulés depuis l'apparition de la pandémie au Liban est désormais de 53.568, dont 459 décès. Au total, 23.401 patients se sont rétablis, alors que 620 personnes sont encore hospitalisées, dont 176 en soins intensifs.

Sur le plan national, le couvre-feu quotidien d'une heure du matin à six heures du matin est toujours en vigueur, à l'exception des voyageurs allant et venant de l'aéroport de Beyrouth. Cependant, les bars, les boîtes de nuit et les parcs d'attraction sont à nouveau fermés "jusqu'à nouvel ordre". Les Libanais sont appelés à porter le masque lors de leurs déplacements et à respecter la distanciation sociale.

Par ailleurs, les voitures des particuliers ne pourront transporter que 4 personnes, conducteur compris. La circulaire recommande aux automobilistes de limiter les déplacements aux "nécessités familiales". Les taxis, eux, ne peuvent transporter que trois passagers, conducteur compris, et les vans et bus pouvant accueillir 14 passagers et plus ne pourront être remplis qu'à moitié.

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Selon une nouvelle circulaire du ministère de l'Intérieur publiée dimanche, 169 localités seront totalement bouclées à partir du lundi 12 octobre à six heures du matin jusqu'au lundi 19 octobre à six heures, dont environ 80 était déjà confinés en vertu d'une décision ministérielle précédente.

Les habitants de ces localités sont appelés à rester chez eux, à ne pas circuler ou se mélanger avec d'autres personnes et à porter le masque lorsqu'ils sont obligés de sortir. Toutes les institutions publiques et sociétés privées de ces villes et villages devront fermer leurs portes durant cette période. Tous les événements sociaux, les fêtes et les rassemblements seront interdits. Les autorités civiles coordonneront avec les autorités religieuses afin d'annuler les cérémonies et autres événements religieux.

La décision de lever le bouclage de ces localités, disséminées sur l'ensemble du territoire, sera prise en fonction des résultats des tests de dépistage, de la baisse du nombre de personnes contaminées et du respect par les habitants de ces localités des mesures barrières.

Sont exemptés de ces mesures de bouclage dans ces villes les hôpitaux, les dispensaires, les centres médicaux, les pharmacies, les boulangeries, les épiceries, les supermarchés, les fermes, les usines de fabrication de médicaments, de denrées alimentaires, de produits d'hygiène, de ciment et de verre, les minoteries, ainsi que la régie des tabacs, les sociétés de médias. Les entrepôts de distribution de carburant, d'oxygène, de matériel médical sont également exemptés, tout comme les sièges régionaux de la Banque du Liban, de la Caisse nationale de sécurité sociale et les centres municipaux. La circulaire demande aux mohafez des régions concernées de faire respecter ces mesures, quitte à faire appel aux Forces de sécurité intérieure.

Suite à cette décision, l'Université libanaise a annoncé qu'elle fermait les portes de l'ensemble de ses campus la semaine prochaine. Les examens prévus durant cette période sont reportés à une date ultérieure. Néanmoins, les administrations dont les sièges sont situés en dehors des localités concernées par le bouclage ouvriront les 13 et 15 octobre.

La décision du ministère a été condamnée par plusieurs municipalités. Le président du Conseil municipal de Batroun, Marcelino el-Harak, a ainsi estimé que celle-ci "est basée sur plusieurs erreurs concernant le nombre de personnes contaminées à Batroun". Il a notamment relevé le fait que le ministère n'a pas pris en considération le nombre des personnes contaminées par rapport au nombre des habitants de la région. "Ce qui s'est passé constitue un manque de respect, et le ministère aurait dû contacter la municipalité avant de prendre sa décision, a-t-il dénoncé, qualifiant de "dictatoriale" la démarche du ministère. "Nous n'accepterons pas une décision basée sur des chiffres erronés", a-t-il dit. Le président du Conseil municipal de Kfar Jarra (Jezzine), Marwan Chalhoub, a pour sa part appelé le ministère à revoir sa décision. La cellule de crise dans le Haut-Metn a quant à elle affirmé que la décision du ministère de l'Intérieur concerne des "localités qui ne connaissent aucun cas de contamination". Le président du Conseil municipal de Roumieh, Adel Bou Habib, a lui estimé que cette décision est "injuste et surprenante". "Le ministère de la Santé continue de considérer que les personnes contaminées à la prison de Roumieh sont dans la localité alors que ce n'est pas le cas", a-t-il souligné.

Dimanche dernier, un bouclage localisé d'une semaine concernant 111 localités avait été instauré, suscitant de nombreuses critiques.

Ce dimanche, la municipalité de Badias, dans le caza de Tyr (Liban-Sud), s'est étonnée de faire partie des villes et villages concernées par cette nouvelle décision, indiquant qu'elle ne comptait qu'un seul cas avéré de contamination au coronavirus. La municipalité de Naqoura, dans le même caza, s'est également étonnée, appelant à boucler le siège de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), au sein duquel des dizaines de cas ont été détectés ces dernières semaines, plutôt que la localité.


La liste des localités concernées par caza

Békaa
- Baalbeck-Hermel : Beit Chama, Deir el-Ahmar
- Békaa-Ouest : Kherbet Kanafar
- Zahlé : Ablah, Bar Elias, Bawarej, Chtaura, Dalhamiyé, Ferzol, Kfar Zabd, Niha, Qaa el-Rim, Rayak-Hoch Hala, Saadnayel, Taalabaya, Terbol

Liban-Nord
- Akkar : Abboudiyé, Andqat, Kobéyate, Majdala, Majdel, Mazraat Nahriyé, Mhamara
- Batroun : Batroun, Chekka, Hamate, Kfarabida
- Koura : Barsa, Enfé, Kousba, Rasmasqa
- Minie-Denniyé : Kfar Bebnine, Minié
- Tripoli : Aswaq, Baal Mohsen al-Wati, Chalfé, Qalamoun, Qobbé, Saqi al-Chamali, Zahiriyé, Zaytoun
- Zghorta : Alma, Ardé, Ehden, Kfar Hatta, Majdaliya, Mariata, Meziara, Rachiine, Zghorta

Liban-Sud
- Bint Jbeil : Bint Jbeil, Chaqra, Debel, Yater
- Jezzine : Azour, Kfar Jarra
- Nabatiyé : Arabsalim, Choukine, Namiriyé
- Saïda : Abra, Aïn Deleb, Babiliyé, Bqasta, Bramieh, Hilaliyé, Kfarmalaki, Majdelyoun, Miyé w Miyé, Qariyé
- Tyr : Bazunieh, Badias, Naqoura

Mont-Liban
- Aley : Aramoun, Azounié, Balbil, Bchamoun, Bdadoun, Bhamdoun el-Dayia, Btater, Chanay, Houmal, Kahalé, Kfarmatta, Sawfar
- Baabda : Araya, Betchay, Bourj el-Brajné, Bsaba, Chiyah, Falougha, Hadeth, Haret Hreik, Kfarchima, Louaïzé, Salima, Wadi Chahrour el-Alia, Wadi Chahrour el-Safali
- Chouf : Barja, Batloun, Batmé, Chhim, Damour, Deir el-Qamar, Jadra, Jiyé, Ketermaya, Kfarhim, Niha, Warhaniyé, Zaarouriyé
- Jbeil : Abaïdate, Amchit, Blat, Eddé, Ghafrine, Halate, Haqel, Hasroun, Hboub, Jedayel, Hosrayel, Mounsef, Nahr Ibrahim
- Kesrouan : Anqout, Ajaltoun, Adma, Ballouné, Bouar, Chnanaïr, Fatqa, Ghadir, Ghazir, Ghosta, Jeïta, Kfour, Qoelyaate, Rayfoun, Safra, Sehaïlé, Tabarja, Zeïtoun, Zouk Mosbeh
- Metn : Aïn Alak, Aïn Saadé, Aïntoura, Antélias-Naccache, Baabdate, Beit Chaar, Beit Mery, Biakout, Bickfaya, Bourj Hammoud, Bsalim, Dbayé, Dekouané-Mar Roukoz, Dik el-Mehdi, Douwar, Fanar, Jal el-Dib, Mazraat Yachouh, Mrouj, Mtayleb, Qornet Chehwan, Qornet Hamra, Roumieh, Sin el-Fil, Zalka, Zikrit.




Près de 170 localités sur l'ensemble du territoire libanais vont être bouclées pendant une semaine à partir de lundi pour tenter d'enrayer la propagation du coronavirus dans le pays, où le nombre de morts et de contaminations s'envolent depuis plusieurs semaines.  

Dimanche, le ministère de la Santé a annoncé dans son bilan quotidien...

commentaires (2)

BOUCLER LES LOCALITES PAR LES INCOMPETENTS POUR UNE SEMAINE C,EST NE RIEN FAIRE. IL FAUT AU MOINS DEUX A TROIS SEMAINES LA OU EN SONT LES CHOSES.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

18 h 01, le 11 octobre 2020

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Commentaires (2)

  • BOUCLER LES LOCALITES PAR LES INCOMPETENTS POUR UNE SEMAINE C,EST NE RIEN FAIRE. IL FAUT AU MOINS DEUX A TROIS SEMAINES LA OU EN SONT LES CHOSES.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 01, le 11 octobre 2020

  • Toujours des mesures de dernière minute peu respectées par les populations de ces localités. La circulation y est quasi normale et les personnes qui travaillent à Beyrouth continuent à se déplacer. Certes il y a une équation difficile entre économique et santé publique mais il me semble qu’il appartient d’abord aux citoyens d’adopter la distanciation sociale et les règles sanitaires indispensables afin d’enrayer l’épidémie. Malheureusement c’est tout le contraire qui se produit, les jeunes continuent leur vie sociale en toute insouciance et contaminent leurs proches lors des réunions de famille qui continuent. Rendez le test PCR gratuit au lieu qu’il ne soit facturé à 150.000LL et vous détecterez tous les cas asymptotiques qui contaminent les autres

    Liberté de Penser

    13 h 39, le 11 octobre 2020