Difficile de ne pas se sentir frustré quand on ne parvient pas à convaincre son interlocuteur que l’on a raison ! Et si ses arguments à lui nous semblent plus solides que les nôtres, comment battre en retraite sans perdre la face ? Y a-t-il une stratégie pour triompher dans une discussion ?
Toute discussion appelle une stratégie appropriée. Et comme il n’en existe pas qui soit universellement applicable, il faut choisir la meilleure en fonction de chaque situation.
Le compromis est souhaitable lorsque les deux parties ont des positions et des arguments de force équivalant à cinquante pour cent pour chacun. L’effort mutuel est un des meilleurs moyens de résoudre un différend ; la rivalité éclate souvent dans les situations extrêmes ne pouvant être différées ou lorsque l’une des parties en présence n’a rien à perdre. Après la stratégie, on passe à la tactique : commençons par entamer nos discussions par un compliment sincère.
Si l’objet du débat nous semble important et que nous souhaitons réduire la tension et éviter la polémique, commençons par une « stimulation positive ». Cette pratique consiste à féliciter autrui, à lui témoigner de l’attention, du respect, de la compréhension. Surveillons nos mimiques et nos gestes, susceptibles non seulement de nous trahir, mais encore d’être interprétés différemment.
Observons le comportement de notre interlocuteur : s’il est calme et dans un état d’esprit « productif », nous pourrons alors apporter des solutions efficaces à des problèmes complexes. Dans une discussion, soyons prêts non seulement à défendre notre point de vue, mais aussi à l’adapter. Se rendre à l’évidence n’est pas faire preuve de faiblesse. Ne durcissons pas inutilement notre position. La vie quotidienne, tout comme nos cours de philosophie à demi oubliés, nous enseigne que rien dans le monde n’est absolu, qu’il n’y a pas de règles sans exceptions.
Ne confondons pas des faits établis avec de simples opinions ou suppositions. Afin de prévenir la contradiction, efforçons-nous de dire « oui, souvent » ou « oui, parfois », au lieu de « jamais ». Ne ponctuons pas une remarque importante d’une sorte de point d’exclamation ; accompagnons-la plutôt de la formule « À mon avis ». Avant de sonder les motifs et arguments de notre interlocuteur, examinons les nôtres. Si curieux que cela puisse paraître, nous découvrirons que notre position s’en trouvera renforcée. Que faut-il faire en cas de conflit ? S’il s’agit d’une discussion d’affaires tendue, essayons de nous concentrer sur le problème au lieu de heurter notre interlocuteur de front, et si celui-ci adopte une tactique destructive, ne faisons pas nous-mêmes preuve d’agressivité et essayons de marquer une pause dans la discussion. Dans ce genre de conflit, la meilleure des attitudes à adopter est la retraite.
Quelle que soit la manière dont on envisage la question, il est impossible de convaincre une personne d’humeur agressive – adolescent ou adulte. S’agissant d’une dispute à caractère personnel, essayons de substituer aux questions telles que : « Qui est le plus à blâmer ? » ou « Qu’est-ce que je vais faire à ton sujet ? » par des questions comme : « Qu’allons-nous faire à ce sujet ? » Notre interlocuteur et nous-mêmes nous retrouverons ainsi alliés face à un problème commun, alors il peut y avoir accord conjoint sur le fait que ce n’est pas un coupable qu’il faut chercher, mais la solution.
Ne sous-estimons pas l’impact émotionnel de nos arguments. Dans une démonstration, ils doivent être non seulement logiques et cohérents, mais également bien présentés et séduisants. Même en chiffres, les solutions « élégantes » sont appréciées...
Lors d’une discussion, il ne devrait y avoir aucun perdant. Notre culture, imprégnée d’une idéologie sportive simpliste, développe en nous la volonté implacable de réussir à tout prix. Souvent, la victoire est même plus appréciée que le vainqueur. Nous devons toujours être les meilleurs et les premiers en tout.
Pourtant, dans le monde complexe et interdépendant où nous vivons, la stratégie de l’affrontement est complètement dépassée. C’est une stratégie de coopération qui prévaut de nos jours. Nous devrions remplacer le modèle du combat par celui, plus progressiste, de se serrer la main. D’après ce modèle, sont bénéficiaires tous ceux qui participent à une action commune. La victoire n’est finale que lorsque tout le monde gagne, nous dit la sagesse orientale.
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