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Libye

Haftar accepte de lever, sous conditions, le blocus des sites pétroliers

Haftar accepte de lever, sous conditions, le blocus des sites pétroliers

Le Maréchal libyen Khalifa Haftar lors d'une discours télévisé, le 27 avril 2020. Photo d'archives AFP

L'homme fort de l'est de la Libye, Khalifa Haftar, a accepté vendredi de lever, sous conditions, le blocus imposé par ses forces sur les sites pétroliers, mais la Compagnie nationale de pétrole exige le départ des groupes pro-Haftar avant de relancer la production.

Depuis janvier, des groupes pro-Haftar, dont des mercenaires russes, bloquent la production et l'exportation depuis les champs et ports pétroliers, réclamant une répartition équitable des recettes pétrolières gérées par le Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et auquel s'oppose le maréchal.

Ce blocage a causé plus de 9,8 milliards de dollars (8,2 milliards d'euros) de pertes de revenus selon la Compagnie nationale de pétrole (NOC) qui réclame régulièrement la levée par Haftar de son blocus.

Il a en outre exacerbé les pénuries d'électricité et de carburants en Libye, un pays qui dispose des réserves de pétrole les plus abondantes d'Afrique.

"Nous avons décidé de reprendre la production et l'exportation du pétrole sous conditions, à savoir une répartition équitable des revenus" pétroliers, a déclaré le maréchal Haftar dans un bref discours diffusé à la télévision, suggérant que ses hommes ne feraient pas obstacle à une reprise des opérations pétrolières.

Autre condition: que les recettes pétrolières ne soient "pas utilisées pour soutenir le terrorisme". Le maréchal Haftar accuse en effet le GNA, reconnu par l'ONU, d'être soutenu par des milices, dont des islamistes et des "terroristes".

C'est d'ailleurs la raison qu'il avait avancée lorsque ses forces ont lancé en avril 2019 une offensive pour s'emparer de Tripoli.

Mais le GNA a finalement réussi, fort de l'aide de la Turquie, à reprendre en juin dernier le contrôle de l'ouest du pays aux combattants pro-Haftar.

S'exprimant depuis son bureau, le maréchal Haftar a assuré que "le commandement" de ses forces mettait "de côté toutes considérations militaires et politiques" pour répondre aux "souffrances" des Libyens et à la détérioration des conditions de vie.

Dans un mouvement de protestation rare dans l'est du pays, des centaines de Libyens ont manifesté la semaine dernière contre la corruption, les longues coupures d'électricité et les pénuries d'essence et de liquidité.

Avant même la déclaration du maréchal Haftar, le patron de la NOC Mustafa Sanalla avait regretté "la politisation" du secteur pétrolier, quasiment la seule source de revenus pour la Libye.

Il a dénoncé dans un communiqué diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi son utilisation comme "monnaie d'échange" dans des négociations politiques.

Il a en outre jugé qu'il était "impossible de permettre la levée de la force majeure" sur les installations pétrolières occupées par des "mercenaires étrangers".

La "force majeure" est une mesure invoquée dans des circonstances exceptionnelles qui permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.

"Nous ne permettrons pas aux mercenaires (du groupe russe) Wagner de jouer un rôle dans le secteur pétrolier" libyen, a ajouté M. Sanalla qui a maintes fois fait état de la présence d'hommes armés étrangers à la solde du maréchal sur les sites pétroliers "utilisés à des fins militaires".

Selon le communiqué, seules des négociations en coordination avec le GNA et la communauté internationale, pourront résoudre la crise.

Le camps du maréchal Haftar et du chef du GNA Fayyez al-Sarraj ont repris récemment le dialogue pour tenter d'entamer un processus de réconciliation, avec des rencontres à Montreux, en Suisse, et à Bouznika, au Maroc.


L'homme fort de l'est de la Libye, Khalifa Haftar, a accepté vendredi de lever, sous conditions, le blocus imposé par ses forces sur les sites pétroliers, mais la Compagnie nationale de pétrole exige le départ des groupes pro-Haftar avant de relancer la production.

Depuis janvier, des groupes pro-Haftar, dont des mercenaires russes, bloquent la production et l'exportation...