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Liban

Incendie au port de Beyrouth : Melhem Khalaf veut une enquête solide

"Préserver la scène du crime était la première chose que nous avons réclamée" après la double explosion du 4 août, déclare le bâtonnier.

Incendie au port de Beyrouth : Melhem Khalaf veut une enquête solide

Le bâtonnier de Beyrouth Melhem Khalaf. Photo Michel Sayegh

La justice au Liban est face à une "épreuve" déterminante avec les enquêtes sur la double explosion au port de Beyrouth et l'incendie "inquiétant" qui a suivi, estime le bâtonnier de la capitale, appelant à confier les deux investigations au même juge d'instruction.

L'incendie jeudi dans un entrepôt du port de Beyrouth où étaient stockées des aides humanitaires a soulevé des interrogations de la part de militants et d'experts qui suspectent une volonté d'altérer des indices potentiels un mois après l'explosion meurtrière du 4 août. Des sources sécuritaires ont assuré que le feu avait pris dans un secteur techniquement en dehors de "la scène du crime" du 4 août. Le juge d'instruction Fadi Sawan est chargé d'enquêter sur l'explosion. Mais c'est la police militaire, sous la direction du parquet, qui enquête sur l'incendie.

"Préserver la scène du crime était la première chose que nous avons réclamée" après l'explosion, a indiqué lundi à l'AFP le bâtonnier des avocats de Beyrouth, Melhem Khalaf. Pour lui, l'incendie, et un autre feu quelques jours plus tôt au port, sont des "indicateurs inquiétants". "Ce qui s'est passé est inacceptable, et ce n'est pas du tout rassurant", a souligné M. Khalaf. "Le juge d'instruction doit mettre la main sur ce dossier et poursuivre l'enquête." "La justice aujourd'hui est confrontée à une épreuve", a averti le bâtonnier, réclamant "l'indépendance, la transparence et la rapidité" des procédures.

Selon des informations "préliminaires" du gouvernement, le feu de jeudi aurait été provoqué par des "réparations" sur le site et les "étincelles" d'une scie électrique. L'enquête n'a pas déterminé s'il s'agissait d'un accident ou d'un acte intentionnel. Une source judiciaire a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait d'une "affaire distincte" de l'explosion car "pour le moment aucun lien n'a été établi". "Même si le site de l'incendie est extérieur à la scène du crime, on ne peut pas nier qu'ils sont tout proches", estime Omar Nachaba, chercheur en criminologie, évoquant "une coïncidence suspecte".

Fenianos entendu
L'explosion du 4 août, qui a fait plus de 190 morts et plus de 6.500 blessés, a été provoquée par une importante quantité de nitrate d'ammonium stockée depuis plus de six ans au port. Le président Michel Aoun, le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab et des membres de son gouvernement, avaient été avertis des dangers de la cargaison. Dans ce contexte, beaucoup craignent que l'enquête n'aboutisse jamais. D'autant que la justice au Liban n'échappe pas aux pressions politiques. Les autorités ont refusé les appels à une enquête internationale, mais des enquêteurs français et américains participent à l'investigation libanaise.

Dans le cadre de l'enquête sur la double explosion du 4 août, le juge Sawan a entendu dans la journée l'ancien ministre des Travaux publics et des transports Youssef Fenianos en tant que témoin. Mercredi, il auditionnera l'ancien juge des référés de Beyrouth Jad Maalouf qui avait autorisé en 2014 le transfert et le stockage de la cargaison de nitrate d'ammonium sur requête du ministère des Travaux publics, au motif que la marchandise pouvait causer un grave danger pour l’environnement. Lundi, le procureur général près la Cour de justice avait entendu la ministre sortante de la Justice, Marie-Claude Najm, en tant que témoin. Selon des médias locaux, le juge Sawan a également entendu le même jour le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim.
Depuis le début de son enquête, le juge Sawan a lancé plus d'une vingtaine de mandats d'arrêt, entre autres contre des employés et responsables du port, dont son ancien directeur général Hassan Koraytem, le directeur général des douanes Badri Daher, le directeur général du transport maritime et terrestre Abdel Hafiz al-Kaïssi, et quatre officiers.


La justice au Liban est face à une "épreuve" déterminante avec les enquêtes sur la double explosion au port de Beyrouth et l'incendie "inquiétant" qui a suivi, estime le bâtonnier de la capitale, appelant à confier les deux investigations au même juge d'instruction.

commentaires (1)

VOILÀ UN PATRIOTE QUE LE PAYS A BESOIN QU'IL S'EN OCCUPE POUR NOUS DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE. NETTOYER COMPLÈTEMENT TOUS CES FAUX JUGES NOMMÉS PAR L'UN OU L'AUTRE DE CES ZAÏMS MAFIEUX.

Gebran Eid

19 h 11, le 15 septembre 2020

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Commentaires (1)

  • VOILÀ UN PATRIOTE QUE LE PAYS A BESOIN QU'IL S'EN OCCUPE POUR NOUS DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE. NETTOYER COMPLÈTEMENT TOUS CES FAUX JUGES NOMMÉS PAR L'UN OU L'AUTRE DE CES ZAÏMS MAFIEUX.

    Gebran Eid

    19 h 11, le 15 septembre 2020