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Nos Lecteurs ont la Parole

Garder un bon équilibre, voilà une aubaine

« Toute la journée on se traîne. » Voilà bien la rengaine la plus connue de tous. Bien entendu, cette fatigue chronique peut être le premier indice d’un mal grave ou encore trahir un état abattu et déprimé. Pourtant, elle est souvent due à un déséquilibre : on gaspille des forces que l’on néglige de reconstituer.

Pour rester physiquement et moralement en forme, il faut consacrer autant de temps et de réflexion à l’équilibre des forces nerveuses qu’au budget des dépenses familiales. Et, d’abord, discerner ce qui dans notre caractère et notre mode de vie est cause d’hémorragie. Les facteurs psychologiques l’emportent généralement sur les autres.

Prenons l’exemple de Jeanne qui travaille à la chaîne dans une fabrique ; cet emploi lui permet de rester assise toute la journée et n’exige donc pas de gros efforts physiques. « Mais, explique-t-elle, les deux femmes qui m’encadrent se disputent sans arrêt. Si bien que, dès la première pause café, j’ai un mal de tête affreux. » Le soir, cette femme se retrouve épuisée pour des raisons surtout psychologiques qui tiennent à sa personnalité : elle est plutôt bonne et compatissante et cette atmosphère la ronge.

Ce genre de fatigue n’est liée ni à l’âge, ni au sexe, ni à la situation sociale. Heureusement, on peut y porter remède, d’abord en emmagasinant des réserves d’énergie, ensuite en réduisant le gaspillage. Voyons d’abord le premier aspect du point de vue « régime alimentaire ». Celui qui se satisfait d’un café noir le matin, d’une tablette de chocolat et d’une boisson non alcoolisée à midi se sentira inévitablement fatigué davantage à la fin de la journée. À l’opposé, la suralimentation provoque une sensation de lourdeur. On ne saurait trop insister sur l’importance d’un régime équilibré. Et d’abord sur la nécessité d’un petit déjeuner nourrissant, riche en protéines. Certains se traînent dans l’existence uniquement parce qu’ils ne dorment pas assez. Si toutes les nuits vous dormez d’un sommeil superficiel, irrégulier, fragmenté, vous ne pouvez pas être d’attaque le lendemain. Les somnifères n’y feront pas grand-chose; ils risquent même, à la longue, d’aggraver la situation. Le seul moyen de vaincre l’insomnie est de s’attaquer à ses causes profondes. Elles sont souvent d’origine nerveuse, ou bien tiennent au manque d’exercice.

L’exercice, c’est peut-être, de toutes les sources d’énergie psychique, la plus importante et la plus accessible qui soit. Une femme qui occupe un poste très astreignant a avoué être souvent épuisée à la fin de la journée. Quand c’est le cas, elle se traîne chez elle et puis s’efforce de repartir faire un bon parcours au pas de gymnastique avant de mettre le dîner en train. C’est bien la dernière chose dont elle a envie, mais c’est, pour se remettre d’aplomb, d’une efficacité incroyable.

La dépense physique est le meilleur des calmants. Celui que, de tout temps, la nature nous a offert. Exutoire parfait à toutes les déceptions, angoisses et tensions accumulées au cours de la journée, et le meilleur des somnifères.

Quelle sorte d’exercice ? Sont recommandées des activités qui font transpirer et accélèrent sensiblement les rythmes cardiaque et respiratoire. Rien de plus facile que de faire du « cross », de la natation, de la bicyclette, des sports de compétition ou des promenades au pas accéléré. À défaut, on peut recourir aux appareils qui permettent de pédaler en chambre ou à la course sur place. Mais quel que soit notre choix, rappelons-nous trois choses : soumettons-nous à un examen médical complet avant de commencer ; allons-y doucement au début ; méfions-nous des exploits occasionnels, ils sont illusoires, sans valeur, voire dangereux.

Quinze minutes de repos quotidien permettent à certains exercices de recouvrer la paix intime et du même coup de l’entrain. D’autres parmi nous trouvent la pratique régulière de la gymnastique suédoise très avantageuse.

D’autres encore recommandent de courtes siestes ou plus simplement quelques minutes de repos sur une chaise longue. Peu importe, pourvu qu’il y ait interruption des activités habituelles et une brève détente dans une atmosphère paisible. Nous avons tous besoin de rompre le train-train journalier. C’est pourquoi les vraies vacances, « loin de tout », sont merveilleusement bienfaisantes. Si nous n’avons pas le temps d’en prendre, un week-end par-ci et par-là ou même une journée de changement complet peuvent être bénéfiques.

Venons-en maintenant aux moyens qui nous permettent d’économiser nos forces. Il est essentiel de savoir à quoi nous tenons vraiment, afin d’y consacrer le meilleur de nous-même. Cela paraît évident, mais il est frappant de constater combien c’est rare. Sachons clairement ce que nous allons faire, combien de temps et d’énergie nous allons y consacrer. Nous y gagnerons la possibilité de bien répartir nos efforts. Telle cette personne qui disait : « Je peux donner trois gros coups de collier par semaine. » Évitons de gaspiller nos forces. Que de gens s’épuisent à refuser de prendre les choses comme elles sont ! C’est une adolescente qui se rend compte qu’elle restera de petite taille ; un père scandalisé de constater que son fils ne fera pas d’études supérieures ; une jeune femme qui découvre subitement que son mari n’a aucun avenir professionnel. Ce sont là des déceptions, certes, mais quand on n’y peut rien, mieux vaut les accepter et tirer le meilleur parti de la situation. Évidemment. Pourtant, si nous n’adoptons pas cette attitude, nous nous embarquerons dans une lutte épuisante, interminable, contre l’inéluctable.

L’indécision chronique représente un autre gaspillage d’énergie. Un choix, même discutable, vaut souvent mieux que le statu quo.

Autre facteur d’usure nerveuse : tous les sentiments négatifs du genre colère, jalousie, amertume. Les forces utilisées à les ressasser pourraient toujours trouver un meilleur usage. Si justifiés soient-ils, ils se retournent toujours contre la personne qui s’en repaît. Évitons aussi de revenir sur les échecs passés en cherchant indéfiniment à imaginer ce qui serait arrivé si nous avions agi autrement. Rien n’est plus vain, destructeur et épuisant.

Équilibrer ses dépenses nerveuses exige une bonne dose de clairvoyance, de discipline et de souplesse. Ce n’est pas facile. Mais si nous y parvenons, nous aurons des forces à en revendre, et c’est bien agréable.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


« Toute la journée on se traîne. » Voilà bien la rengaine la plus connue de tous. Bien entendu, cette fatigue chronique peut être le premier indice d’un mal grave ou encore trahir un état abattu et déprimé. Pourtant, elle est souvent due à un déséquilibre : on gaspille des forces que l’on néglige de reconstituer.

Pour rester physiquement et moralement en...

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