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Nos Lecteurs ont la Parole

Nous serons... malgré nos malheurs

Que Dieu vous emporte ! On n’entend que ça parmi les lamentations et les cris décelés à travers les ruines, dans un paysage hébété qui n’arrive pas à se ramasser. Que Dieu vous punisse aussi. Mais la peau est dure. L’argent volé a l’air de bien nourrir... momentanément... Malgré votre opulence – illégale et illégitime – vous irez en enfer et peut-être que l’enfer même ne voudra pas de vous !

Le retour fut surréaliste. Après le tsunami d’origine controversée, sur le port de la capitale, « ma Beyrouth » s’est réveillée. Catastrophée, mutilée, couverte de sang versé – non point pour servir le pays comme il se doit – mais pour payer « l’adultère » des responsables irresponsables. Beyrouth, la reine des reines. L’incomparable « Sett al-Dounia ». Dévastée mais fière. Et belle, malgré le son des vitres, les portes éclatées et les balcons ouverts telles des bouches d’enfer. Belle à en pleurer. Sa robe de deuil la rend fatale et, plus que jamais, elle suscite de l’amour. À l’unanimité, Beyrouth est l’héroïne de tous les temps parce qu’elle est faite d’âmes et non seulement de pierres. Les gens qui ont accouru pour secourir, les secouristes bénévoles, les ambulanciers, le corps médical, les voisins, les inconnus qui se sont impliqués avec la spontanéité libanaise inimitable, tous font la beauté de Beyrouth.

Le lendemain donc, au lever du jour fade comme les mensonges des dirigeants, un peuple stoïque s’est précipité dans les ruelles. Une jeunesse en fleurs, qui connaît l’impuissance de son gouvernement, a pris l’initiative tandis que les grands déchus de cette nation observaient, inertes, les cercueils de nos innocentes victimes.

Hommage au peuple libanais dont la patience dépasse celle de Job ; dont l’appartenance ne ternit pas malgré les déceptions. Hommage au peuple libanais qui se lève chaque jour pour « combattre » malgré des blessures ouvertes depuis des décennies, et qui a décidé, en majorité, de briser les tabous de l’enchaînement politique honteux.

Hommage à ce peuple que je vois grandir, hélas par le biais du malheur, et se diriger vers la refondation d’un pays qui deviendra un jour une vraie « nation ». Et mes yeux sont pleins, non point de larmes, mais d’espoir !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Que Dieu vous emporte ! On n’entend que ça parmi les lamentations et les cris décelés à travers les ruines, dans un paysage hébété qui n’arrive pas à se ramasser. Que Dieu vous punisse aussi. Mais la peau est dure. L’argent volé a l’air de bien nourrir... momentanément... Malgré votre opulence – illégale et illégitime – vous irez en enfer et peut-être que l’enfer...

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