Rechercher
Rechercher

Explosions de Beyrouth

Les dépouilles de deux pompiers disparus retrouvées

Un rassemblement des familles des "victimes du massacre de Beyrouth" appelle à une enquête et un procès internationaux. 
Les dépouilles de deux pompiers disparus retrouvées

Des secouristes cherchant, à l'aide d'excavatrices, les dépouilles de victimes dans le port de Beyrouth, le 12 août 2020. Photo AFP / JOSEPH EID

Les corps déchiquetés de deux des pompiers qui étaient encore portés disparus sur le site des explosions meurtrières du port de Beyrouth ont été retrouvés ces dernières heures par les équipes de secours qui y sont déployées. Ces macabres découvertes portent à 177 le nombre de victimes de la double explosion du 4 août au port de Beyrouth, suivant les sources du ministère de la Santé. Plus de 6.500 personnes ont en outre été blessées et près de 300.000 autres laissées sans abri. 

"Mes frères, je n'ai pas de mots pour décrire le feu qui nous consume. Vous imaginez que nous en sommes arrivés à nous féliciter de retrouver les restes de deux d'entre vous !" a écrit Antonella Hitti, la sœur de Nagib Hitti, 27 ans, et cousine de Charbel Hitti, 22 ans, dont les dépouilles ont été identifiées par des tests ADN ces dernières heures. "Charbel, mon beau-frère, nous t'attendons toujours", a ajouté la jeune femme, en hommage à Charbel Karam un autre membre de la famille qui faisait partie de cette même unité de pompiers dépêchée au port et qui reste porté disparu. 

"Nous n'organiserons pas d'obsèques avant de retrouver Charbel Karam", le troisième pompier de cette même famille, a déclaré au téléphone à l'AFP Mayane Nassif, l'une des proches des victimes. Jusqu'à présent, les restes de sept des 10 pompiers qui se sont précipités au port de Beyrouth le 4 août pour éteindre l'incendie ont été retrouvés.


Les pompiers avaient été envoyés dans le port, où un incendie avait pris dans un entrepôt, dont les autorités disent qu'il contenait des feux d'artifice, quelques minutes avant l'explosion de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans mesures de précaution avec les feux d'artifices, apparemment, depuis 2014.

Lire aussi

Krystel el-Adem, la « joie de vivre » assassinée


En outre, un deuxième ressortissant français a été recensé parmi les personnes décédées à cause de la double explosion, rapporte l'AFP de sources concordantes. Jeudi, les opérations de repêchage menées par les sauveteurs en mer de la Défense civile et de la marine de l'armée libanaise avaient permis de repêcher le corps sans vie d'un homme toujours coincé dans la carcasse d'une voiture retrouvée sous la proue d'un bateau ayant coulé à la suite de l'explosion.

"Enquête et procès fiables"
Non loin du port, où se poursuivent les recherches, un rassemblement de familles de "victimes du massacre de Beyrouth" a tenu, plus tôt dans la journée, une conférence de presse au cours de laquelle les intervenants ont exprimé leur manque de confiance totale dans toute investigation menée par les dirigeants libanais. Ils ont réclamé dans ce cadre une enquête et un procès menés à l'international, qui soient "fiables, complètement indépendants des autorités" politiques, en appelant notamment au Conseil de sécurité de l'ONU. Un site internet a été lancé par ce rassemblement, via lequel toutes les personnes ayant été touchées par la catastrophe peuvent rejoindre leur initiative. 

Un peu plus, de Médéa Azouri

Nous sommes l’État libanais


Au lendemain de la double explosion, le président de la République, Michel Aoun, avait refusé l'éventualité d'une enquête internationale, estimant qu'une telle option risquerait de "diluer la vérité". L'Etat a lancé dans ce cadre deux enquêtes. La première, administrative, est prise en charge par l'exécutif. Le Premier ministre démissionnaire, Hassane Diab, avait promis des résultats à ce sujet dans les cinq jours suivant les explosions, mais aucun rapport n'a encore été rendu public par la commission d'enquête. La seconde investigation a été lancée par les autorités judiciaires. Dans ce cadre, et alors que le dossier a été confié à la Cour de justice, un tribunal pénal d’exception, le juge Fadi Sawan a été chargé, jeudi, de l'instruction, après un bras de fer entre la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, et le Conseil supérieur de la magistrature. Le juge Sawan devrait débuter ses auditions dès lundi, après avoir réceptionné vendredi les dossiers de l'enquête et des poursuites engagées par le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, qui chapeautait jusque là l'enquête judiciaire. Dans le cadre de l'enquête lancée par les autorités, 25 personnes font l'objet de poursuites, dont 19 placés en détention. Parmi eux, le directeur des douanes, Badri Daher, son prédécesseur Chafic Merhi et le directeur général du port de Beyrouth, Hassan Koraytem.


Les corps déchiquetés de deux des pompiers qui étaient encore portés disparus sur le site des explosions meurtrières du port de Beyrouth ont été retrouvés ces dernières heures par les équipes de secours qui y sont déployées. Ces macabres découvertes portent à 177 le nombre de victimes de la double explosion du 4 août au port de Beyrouth, suivant les sources du ministère de la...

commentaires (3)

Diluer la vérité ou la trouver?

Bashir Karim

15 h 59, le 14 août 2020

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Diluer la vérité ou la trouver?

    Bashir Karim

    15 h 59, le 14 août 2020

  • A t il eu peur ?

    Elkhazen maud

    15 h 53, le 14 août 2020

  • Une enquête internationale pourrait ‘diluer’ la vérité... Elle pourrait surtout diluer le poison que ces gouvernants distillent dans les institutions et la gouvernance mafieuse.

    LeRougeEtLeNoir

    14 h 38, le 14 août 2020