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Nos Lecteurs ont la Parole

Le Liban, « pays maudit » mais surtout tant aimé

Un ami libanais, auquel je faisais part de ma sollicitude à la suite de la catastrophe qui vient d’endeuiller le Liban, me répond : « C’est une catastrophe de plus… Ce pays est maudit ! »

« Un pays maudit, peut-être, mais aussi et surtout tant aimé ! » lui ai-je répondu à mon tour…

« Maudit », certes, par les trop longues crises – morale, politique, économique et sociale – qui depuis vingt ans et plus, pénalisent et meurtrissent le peuple libanais :

- crise morale, avec le rejet de la classe politique et l’abandon des élites claniques qui, sous prétexte d’équilibre des religions, abusent de la patience du peuple, exaspèrent et révoltent particulièrement les jeunes générations ;

- crise politique, avec le jeu des forces extérieures qui veulent précipiter ce peuple pacifique dans les tourments du Moyen-Orient ;

- crise économique, avec deux millions de réfugiés, la faillite de l’État et l’effondrement de la monnaie, l’appauvrissement des classes moyennes, le manque d’énergie et la disparition de l’industrie ;

- crise sociale, qui conduit les jeunes de tout le pays et de toutes les religions à se révolter contre la corruption des dirigeants.

Ainsi depuis vingt ans, les tourments s’accumulent, le Liban s’enfonce dans la misère et les récentes explosions qui ont dévasté Beyrouth montrent un nouveau visage de la mort, mais donnent aussi à l’amour des raisons d’espérer. Car le Liban est aimé et les Libanais ne sont pas seuls dans l’adversité.

Le Liban est aimé parce qu’il représente dans l’imaginaire collectif un petit pays, mais un grand destin : devenir la Suisse du Proche-Orient, le Singapour de la Méditerranée orientale, « le lit nuptial entre l’Orient et l’Occident » (cf. le saint-simonien Michel Chevalier, in Système de la Méditerranée, 1832).

Les Libanais aussi sont aimés. Pour leur courage, leur culture, leur tolérance, leur ouverture d’esprit… Ils ne sont pas seuls, vous n’êtes pas seuls ! La solidarité de la France, de l’Europe et du monde s’organise.

« Pays maudit » par un destin qu’il n’a pas choisi, pays aimé pour ce qu’il est censé représenter, le Liban reste toujours une « étoile » qui incarne l’espérance dans un Proche et Moyen-Orient tourmentés.

Jean-Louis GUIGOU

Fondateur de l’Ipemed* (Paris)

*Ipemed : Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Paris). Site: http://www.ipemed.coop/

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Un ami libanais, auquel je faisais part de ma sollicitude à la suite de la catastrophe qui vient d’endeuiller le Liban, me répond : « C’est une catastrophe de plus… Ce pays est maudit ! »

« Un pays maudit, peut-être, mais aussi et surtout tant aimé ! » lui ai-je répondu à mon tour…

« Maudit », certes, par les trop longues crises –...

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