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Explosions au port de Beyrouth

Touchés de plein fouet, « an-Nahar » et le « Daily Star » continuent de publier malgré tout

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans les locaux fortement endommagés de notre confrère arabophone.

Touchés de plein fouet, « an-Nahar » et le « Daily Star » continuent de publier malgré tout

Les vitres de l’immeuble d’« an-Nahar » ont été pulvérisées, détruisant ainsi les bureaux des journalistes. Photo Nayla Tuéni

Le quotidien arabophone an-Nahar et le site d’information anglophone Daily Star, dont les locaux se situent non loin du port de Beyrouth, ont été fortement endommagés par les déflagrations survenues mardi après-midi et qui ont ravagé une partie de la capitale. Les dégâts sont particulièrement importants dans les locaux d’an-Nahar. La façade vitrée du bâtiment qui abrite le quotidien a été entièrement soufflée, emportant avec elle une grande partie des bureaux et du matériel qui s’y trouvaient. Les explosions ont fait une vingtaine de blessés parmi les journalistes et les employés du quotidien arabophone, dont nos confrères Salwa Baalbacki, Nabil Bou Monsef, Hassan Assal, May Chreim, Ibrahim Haïdar, Fatima Abdallah, Joseph Abi Ghanem, Maurice Matta, Élias et Hanadi Dayry. Aucun blessé grave n’est à déplorer parmi les employés du Daily Star, dont les locaux sont situés dans l’immeuble al-Markaziya, à quelques pas de la place des Martyrs.

Les travaux de nettoyage et de déblaiement ont commencé hier dans les locaux d’an-Nahar, mais il ne reste presque plus rien des bureaux. Les ordinateurs ont été pulvérisés, journaux et documents traînent par terre, au milieu des débris et des éclats de verre. « Je suis sans voix. Plusieurs membres de l’équipe ont été blessés, mais nous sommes encore en vie. Tout est récupérable tant qu’on est encore en vie », confie Nayla Tuéni, rédactrice en chef du quotidien, à L’Orient-Le Jour. « Les dégâts sont considérables, mais cela n’a pas d’importance vu l’ampleur du désastre. Nos pensées vont aux familles des martyrs », ajoute-t-elle.

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Mardi 4 août, peu après 18h, Beyrouth : en quelques minutes, tout bascule

Malgré les pertes matérielles et les blessés, le quotidien continue de fonctionner. Mercredi matin, les journalistes qui ne se trouvaient pas sur place au moment des explosions ont publié quatre pages de journal en ligne. Hier, an-Nahar a repris la publication de son édition papier, grâce à l’équipe qui travaille à distance. « Nous n’avions pas arrêté de travailler le jour de la mort de Gebran Tuéni (en 2005). Nous n’allons pas nous arrêter maintenant », lance Nayla Tuéni, en référence à l’assassinat de son père, rédacteur en chef à l’époque.

La façade de l’immeuble d’« an-Nahar », au lendemain des explosions. Photo Nayla Tuéni

« Je n’ai jamais vu une chose pareille »

Ibrahim Haïdar, membre de la rédaction d’an-Nahar, a été blessé à la tête et au visage. « Le moment où l’explosion s’est produite était terrible. Je n’ai jamais vu une chose pareille, même durant la guerre civile », raconte-t-il. « Je suis sorti de mon bureau après la première déflagration pour alerter les autres et c’est ce qui m’a sauvé la vie. La deuxième explosion a entièrement détruit mon bureau parce qu’il donne directement sur le port », témoigne M. Haïdar,. « Les autres employés ont également échappé à la mort après avoir quitté leurs bureaux proches des baies vitrées pour s’enquérir de l’origine de la première déflagration », ajoute-t-il. Les bureaux du Daily Star, situés à quelques mètres de ceux d’an-Nahar, sont également endommagés, mais ils sont à nouveau opérationnels, selon les journalistes du site web. « De nombreux morceaux du plafond sont tombés et certains murs ne tiennent plus debout. Nos bureaux sont sens dessus dessous, mais nous avons repris le travail. Heureusement que les employés s’en sont tirés avec quelques blessures superficielles », raconte Nick Newsom, journaliste au sein de l’équipe web.

Au « Daily Star », une partie du plafond est tombée. Photo Euan Ward

Sa collègue Ghada al-Charif est encore sous le choc. « J’étais au bureau au moment des faits, mais je n’ai pas été blessée. Les vitres ont volé en éclats, les bureaux ont été pulvérisés. Cela s’est passé très vite », raconte la journaliste. « Les bureaux ont été sérieusement endommagés, mais nous nous en sommes miraculeusement sortis, sans blessés graves. Quand cela s’est passé, notre première réaction a été de courir vers l’extérieur, puis nous nous sommes ressaisis et nous avons repris le travail assez vite. Ce n’était pas le moment de se laisser aller », poursuit-elle. « Le travail a repris de manière normale au Daily Star. Nous avons de la chance que l’électricité et internet continuent de fonctionner malgré tout », ajoute Mme Charif.


Le quotidien arabophone an-Nahar et le site d’information anglophone Daily Star, dont les locaux se situent non loin du port de Beyrouth, ont été fortement endommagés par les déflagrations survenues mardi après-midi et qui ont ravagé une partie de la capitale. Les dégâts sont particulièrement importants dans les locaux d’an-Nahar. La façade vitrée du bâtiment qui abrite le...

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COURAGE ET PERSEVERENCE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

10 h 25, le 08 août 2020

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  • COURAGE ET PERSEVERENCE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 25, le 08 août 2020