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Barrage de Bisri

Suite et fin d’un dialogue pour (presque) rien

Les trois sessions se sont déroulées au Grand Sérail en l’absence des principales formations d’opposition à ce projet. Y ont été exposées les remarques techniques et environnementales ainsi que celles liées à la préservation du patrimoine.


Suite et fin d’un dialogue pour (presque) rien

Le ministre de l’Énergie, Raymond Ghajar (septième à partir de la gauche), entouré de plusieurs participants au dialogue. On reconnaît, à sa gauche, Nabil el-Jisr, président du CDR. Photo ANI

Le dialogue autour du projet controversé de barrage à Bisri (entre Jezzine et le Chouf), engagé par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, en collaboration avec les ministères de l’Information et de l’Environnement, au Grand Sérail, s’est achevé hier. L’absence de la majorité des détracteurs du projet, notamment les grandes formations de la société civile et des municipalités de la vallée, qui avaient refusé de participer à ce dialogue tardif, avait été mise en avant par la ministre de l’Information, Manal Abdel Samad, dès la première session, mercredi. Un nombre de députés, directeurs généraux, représentants de ministères et fonctionnaires, élus locaux, syndicalistes et certains militants de la société civile étaient présents.

Rappelons que la Banque mondiale, qui est le principal bailleur de fonds du projet de barrage, exige la tenue d’un dialogue avec les différents acteurs, notamment en présence de divergences de vues aussi essentielles. Les opposants ne se sont pas privés d’accuser le ministère de n’organiser ces sessions que pour couvrir la poursuite des travaux et la justifier auprès de la BM. Ce projet est principalement exécuté par le Conseil du développement et de la reconstruction.

Les premières sessions de dialogue mercredi se sont caractérisées, notamment, par une intervention du président de l’ordre des ingénieurs, Jad Tabet, autour de divers points d’interrogation régulièrement soulevés dans le cas de ce barrage. « Il aurait mieux valu que ces sessions de dialogue aient été précédées de rencontres scientifiques auxquelles a appelé l’ordre, étant donné l’importance de son opinion et de son rôle dans le cadre de tels projets », avait-il lancé aux participants à la réunion.

L’intervention du directeur général du ministère de l’Environnement, Berge Hatjian, était également très remarquée. Celui-ci a émis des remarques concernant l’emplacement du barrage et l’impact de cette infrastructure sur le régime de pluviométrie, étant donné l’abattage massif d’arbres qu’il implique.

Les deux premières sessions de dialogue, mercredi, s’étaient focalisées sur des questions purement techniques et environnementales, notamment la géologie du lieu, les craintes liées aux séismes (le barrage se trouvant dans la zone de la faille dite de Roum), les caractéristiques hydrogéologiques, l’étude d’impact environnemental, la compensation écologique et autres. La session d’hier était consacrée à la protection du patrimoine de la vallée et aux répercussions sociales de la construction du barrage. Un exposé a été donné par la Direction générale des antiquités (DGA) du ministère de la Culture sur les moyens de préservation des sites historiques. Par opposition, le Conseil international des monuments et des sites du Liban (Icomos) a fait part de son inquiétude concernant le sort réservé aux vestiges de la vallée, demandant un gel des travaux jusqu’à ce que la DGA ait terminé ses fouilles.

Recommandations

Du côté des défenseurs du barrage, l’ancien ministre de l’Énergie César Abi Khalil a mis en parallèle l’importance du projet hydraulique face à la protection du patrimoine, estimant que l’un n’empêche pas l’autre. Enfin, le président de la Fédération des municipalités de la banlieue sud de Beyrouth, Mohammad Dergham, a demandé que soient accélérés les travaux, car ce barrage, selon lui, dessert les populations de la capitale jusqu’à Saïda.

Les recommandations issues de ces sessions de dialogue ont porté sur la formation d’une commission qui comptera des représentants de l’ordre des ingénieurs et de la société civile, conformément à la décision du Conseil des ministres datant du 2 avril. La collaboration avec l’ordre des ingénieurs en vue d’organiser des ateliers de dialogue scientifique autour du projet de Bisri a été notée. Une autre recommandation porte sur le lancement immédiat de l’étude sur la compensation écologique, ainsi que l’étude sur le plan directeur et les bénéfices que la région environnante pourrait tirer de cet ouvrage, selon ses concepteurs. Enfin, la poursuite du programme de préservation des vestiges devra se poursuivre avec la DGA.

Ce barrage, dont les concepteurs assurent qu’il stockera 125 millions de mètres cubes d’eau, fait l’objet de nombreuses critiques, parmi les militants de la société civile tout comme chez certaines parties politiques. Il devrait être financé en grande partie par un prêt de la Banque mondiale et il est estimé que son coût total serait de 1,2 milliard de dollars.


Le dialogue autour du projet controversé de barrage à Bisri (entre Jezzine et le Chouf), engagé par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, en collaboration avec les ministères de l’Information et de l’Environnement, au Grand Sérail, s’est achevé hier. L’absence de la majorité des détracteurs du projet, notamment les grandes formations de la société civile et des...

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