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Électricité

Libye, coronavirus : les centrales flottantes turques surfent sur les crises

Libye, coronavirus : les centrales flottantes turques surfent sur les crises

Karpowership voit les choses en grand et compte doubler la taille de sa flotte dans les cinq annnées à venir. Photo Ozan Kose/AFP.

L’entreprise Karpowership, la filiale de l’opérateur turc Karadeniz, construit depuis près de 15 ans des centrales flottantes en reconvertissant de vieux navires de transport de marchandises. Avec sa flotte de 25 appareils, c’est aujourd’hui l’un des piliers de ce secteur. C’est d’ailleurs cette société qui opère depuis 2013 les deux navires-centrales à Zouk (Kesrouan) et Jiyé (Chouf), au Liban. Paradoxalement, la pandémie a créé un effet d’aubaine pour la compagnie turque en mettant en lumière les avantages de ses centrales flottantes, notamment des délais de livraison imbattables : maximum 60 jours. Les mesures de confinement prises dans de nombreux pays pendant plusieurs mois ont en effet compliqué l’avancement de projets de centrales électriques classiques, dont la construction en temps normal prend déjà plusieurs années.

Les centrales flottantes, ou « powerships » en anglais, existent depuis les années 1930. Le principe est simple : un navire marchand est reconverti en centrale flottante, celle-ci vogue jusqu’à sa destination puis elle est raccordée au réseau électrique local pour l’alimenter. Karpowership en a déployé 19 dans 11 pays d’Afrique, du Proche-Orient et d’Asie, ainsi qu’à Cuba. Ces centrales flottantes fournissent plus de la moitié de l’électricité consommée par plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et sont particulièrement adaptées aux pays dont les capacités sont insuffisantes pour faire face à la demande croissante ou ont été détruites par des conflits.

De ce point de vue, la guerre en Libye, où la Turquie soutient militairement le gouvernement de Tripoli, pourrait faire les affaires de Karpowership qui est en train de discuter de l’envoi de plusieurs centrales flottantes, selon la presse turque. Ankara a dépêché en juin une importante délégation à Tripoli conduite par son chef de la diplomatie et son ministre des Finances. Sans confirmer les négociations, Karpowership s’est dit prêt à déployer des centrales flottantes « dès cet été » pour fournir 1 000 mégawatts (MW).

Part de risque

Pour pouvoir tenir ses délais de livraison, l’entreprise investit massivement pour construire des centrales flottantes avant même qu’elles ne soient commandées. Une part de risque calculée. « Là, on a un milliard de dollars à quai », indique Zeynep Harezi, directrice commerciale de Karpowership, en désignant les six centrales flottantes de différentes dimensions amarrées dans un chantier naval du nord-ouest de la Turquie, en attendant la signature des futurs contrats.

Nombre d’observateurs estiment cependant que les centrales flottantes sont au mieux des solutions temporaires pour les pays dont les infrastructures sont insuffisantes ou obsolètes. Déplorant cette « barrière psychologique », Mme Harezi souligne que les navires peuvent rester en place pendant 25 ans en raison notamment du revêtement spécial dont leur coque est enduite. Aujourd’hui, l’entreprise voit les choses en grand et compte doubler la taille de sa flotte dans les cinq ans à venir, avec l’ambition de séduire également des pays développés.

Gokan GUNES/AFP


L’entreprise Karpowership, la filiale de l’opérateur turc Karadeniz, construit depuis près de 15 ans des centrales flottantes en reconvertissant de vieux navires de transport de marchandises. Avec sa flotte de 25 appareils, c’est aujourd’hui l’un des piliers de ce secteur. C’est d’ailleurs cette société qui opère depuis 2013 les deux navires-centrales à Zouk (Kesrouan) et...

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