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Politique - Liban

Diab : Si la BDL n'est pas capable de stabiliser le taux de change, elle devrait en expliquer les raisons

"Le pays traverse une crise majeure" et "les résultats ne sont pas positifs", reconnaît le chef du gouvernement en Conseil des ministres.

Diab : Si la BDL n'est pas capable de stabiliser le taux de change, elle devrait en expliquer les raisons

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, le 13 juin 2020 au Grand Sérail. Photo d'archives AFP / HO / DALATI AND NOHRA

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a dressé un sombre constat de la situation du pays lors du Conseil des ministres qui s'est tenu au Grand sérail jeudi, appelant la Banque du Liban à assumer la responsabilité de la stabilisation du taux de la livre qui continue de s'effondrer, ou d'expliquer les raisons qui l'empêchent de le faire. Le chef du gouvernement a également reconnu que "le pays traverse une crise majeure" et que "les résultats ne sont pas positifs". Ce constat intervient au moment où le pays fait face à sa pire crise économique et financière en trente ans et où la livre libanaise poursuit sa chute face au dollar, s'échangeant jeudi à plus de 7.000 L.L. pour un dollar sur le marché noir, un nouveau record.

"Le pays traverse une crise majeure. Les solutions à la crise du dollar se heurtent à une réalité différente, et les résultats ne sont pas positifs pour l'instant. Il incombe à la Banque du Liban de déterminer la façon par laquelle l’on devrait faire face à la hausse du cours du dollar. La BDL est responsable de la préservation du taux de change de la livre libanaise. Cependant, nous devons assurer le suivi de cette question qui menace la stabilité sociale et la paix civile", a déclaré le Premier ministre. "Si la BDL n'est pas en mesure de faire face à la crise du taux de change élevé du dollar, elle devrait en expliquer les raisons sous-jacentes, pointer du doigt ceux qui l'empêchent d’agir et ceux qui s’immiscent dans son travail. Il n'est pas permis de traiter cette question froidement, comme si tout allait bien", a-t-il ajouté

Il y a plusieurs semaines, les relations entre Hassane Diab et le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, s'était gravement détériorées. Des appels à la démission de M. Salamé avaient été formulés par plusieurs formations et responsables politiques, mais cette option a finalement été écartée.

Lancement de la plateforme "Sayrafa"
La ministre de l'Information Manal Abdel Samad qui s'exprimait à l'issue du Conseil a en outre indiqué que le ministre des Finances, Ghazi Wazni, est intervenu durant les débats sur le taux de change, "insistant sur l'importance de suivre cette question, à l'ombre de la publication de chiffres imprécis concernant le taux". Elle a également affirmé, en citant M. Wazni, que "le gouvernement allait lancer vendredi la plateforme électronique auprès des changeurs". Ghazi Wazni fait référence à l'application "Sayrafa", qui a vocation à être utilisée par les agents de change de la filière pour enregistrer toutes les transactions effectuées hors du secteur bancaire. Sa mise en service a été annoncée pour le 23 juin (circulaire n° 5) puis décalée au 26 (selon une source proche de la Banque centrale). Il reste, selon plusieurs témoignages concordants, que les agents de change semblent pour l’instant réticents à se plier aux exigences imposées par leur syndicat qui a fixé pour chaque catégorie de transactions un nombre important de documents justificatifs à fournir qu’ils devront eux-mêmes réclamer et vérifier.

Selon les informations de la chaîne LBCI, un débat a eu lieu au sein du Conseil autour du taux de la livre et le contrôle du marché de change. Selon des sources anonymes citées par la chaîne, une réunion du comité de crise en charge de la question du taux de la livre, qui doit se tenir vendredi au ministère des Finances, doit permettre de "discuter de nouvelles propositions car la circulaire actuelle n'a pas donné les effets escomptés", explique la chaîne. Elle fait référence à une procédure lancée par le syndicat des bureaux de change en coordination avec les autorités au début du mois et reconfirmée le 12 juin à l’issue d’un Conseil des ministres exceptionnel consacré aux moyens de stabiliser la livre sur le marché.

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Toujours pas d’amélioration en vue sur le marché des changes

En outre, des sources informées au sein du Sérail ont affirmé à la LBCI que "le faible taux de la livre est artificiel et que c'est à la Banque du Liban de stabiliser ce taux. Le gouvernement ne peut décider à sa place car c'est elle qui est responsable de trouver des solutions. C'est à elle aussi de déterminer la quantité de dollars à injecter dans le marché". "La crise du dollar est intentionnelle", ont insisté ces sources.

Par ailleurs, le Premier ministre a déploré en début de séance "l'absence de certaines forces du dialogue national auquel le président de la République a convié, en raison de diverses considérations"."Le pays n’est pas en bon état. Le dialogue est donc une nécessité, et il ne devrait pas y avoir de rupture entre les Libanais. Le pays ne pourrait supporter une telle division. Les divergences politiques sont permises, et l'opposition est nécessaire, à condition, au moins, que le dialogue prévale, car en l'absence de dialogue autour de la table et dans des salles fermées, le dialogue se déplacera vers la rue, ce qui représente un grand danger pour le pays", a-t-il aussi dit. 

Plus tôt, jeudi, une séance de dialogue national s'est tenue au palais présidentiel de Baabda, sous la houlette du chef de l'Etat, Michel Aoun, et en présence du président du Parlement, Nabih Berry, et de M. Diab, ainsi que des formations proches du pouvoir, alors que les partis d'opposition ont boycotté la séance. Les responsables se sont accordés sur l'importance de la stabilité sécuritaire, "condition à la stabilité économique et financière" du Liban, après des émeutes qui ont pris une tournure confessionnelle au début du mois, faisant craindre une résurgence d'une guerre civile.

Interrogées sur les appels du Hezbollah à orienter le Liban vers les pays de l'Est, à savoir la Chine, l'Iran et la Syrie, pour sortir de la crise, ces sources ont dit : "Avions-nous jamais délaissé l'Est? Nous n'avons jamais été entièrement du côté de l'Ouest ou de l'Est".

Par ailleurs, Manal Abdel Samad a annoncé que le gouvernement a approuvé le projet de décret portant sur l'adoption de l'enseignement numérique à distance pour l'année universitaire 2019-2020. Le cabinet a aussi approuvé la demande du ministère de la Défense de vendre cinq avions Hawker Hunter et trois hélicoptères Sikorsky, ainsi que les pièces de rechange et les équipements correspondants, aux enchères publiques à la direction générale du ministère de la Défense nationale. Il a aussi demandé au ministère de la Défense de préparer un cahier des charges pour la réalisation d'un appel d'offres pour l'achat d'hélicoptères spécialisés dans la lutte contre les incendies.

Le Conseil des ministres a décidé d'approuver la résiliation du contrat de location des bureaux occupés par la Société nationale de garantie des investissements. Enfin, le gouvernement a confié aux ministres de l'Agriculture, de l'Economie et du Commerce, de l'Industrie et des Finances la mission d'élaborer une vision sur les accords commerciaux internationaux et la possibilité de modifier certaines de leurs dispositions en fonction des circonstances exceptionnelles du Liban, en plus de rendre compte des résultats au Conseil des ministres dans un délai maximum de 6 mois.



Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a dressé un sombre constat de la situation du pays lors du Conseil des ministres qui s'est tenu au Grand sérail jeudi, appelant la Banque du Liban à assumer la responsabilité de la stabilisation du taux de la livre qui continue de s'effondrer, ou d'expliquer les raisons qui l'empêchent de le faire. Le chef du gouvernement a également reconnu...

commentaires (10)

Euh.. c’est presque drôle Sérieuse la question?

Paul Chammas

07 h 48, le 26 juin 2020

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Commentaires (10)

  • Euh.. c’est presque drôle Sérieuse la question?

    Paul Chammas

    07 h 48, le 26 juin 2020

  • SUITE Notre seule chance d’arrêter le massacre est l’arrivée massive de fonds frais de l’étranger que ni la Syrie ni l’Iran ni encore moins le Venezuela sont capables de nous fournir on est bien d’accord. Donc le FMI et à travers lui les pays VERITABLEMENT AMIS (oui ceux où vous envoyez vos enfants étudier où ceux dans lesquelles nos jeunes diplômés vont travailler) vont nous aider.. Youppi ce serait génial hein Mr Diab, seulement il y a un petit hic il faudra demander à vos 3 parrains de fermer les frontières avec le régime assadien criminel, renvoyer chez eux la moitié des fonctionnaires parasites, reformer d’urgence l’électricité (et de grâce Mr Diab vous aurez du mal à convaincre le FMI que le petit Liban a besoin de 3 centrales) et surtout remettre le contrôle des frontières et la décision de guerre ou de paix a l’ETAT, cet état que vous êtes censés représenter Mr Diab. Bref cela est très simple, par contre je ne crois pas que vos copains barbus le prennent de tout cœur. A bon entendeur Mr Diab

    Liban Libre

    00 h 01, le 26 juin 2020

  • Cher Premier Ministre, je vais-moi vous expliquer les raisons. A cause de la classe politique corrompue qui vous a désigné le pays est en faillite, le gouverneur de la banque centrale vous prêtait NOS DOLLARS déposés dans les banques Libanaises. Le gouffre financier dû à la boulimie de vos protecteurs a dépassé les limites, et nos Dollars sont épuisés .C’était trop beau de dépenser l’argent des autres hein. Le peu de Dollars qui restent à la banque centrale sont très insuffisants pour combler la demande d’USD, car en bon économiste que vous êtes, vous savez que le véritable taux est déterminé par l’offre et la demande. La confiance diminuant et les stocks de USD dans le pays s’épuisant le déséquilibre est de plus en plus grand et va ne faire qu’accélérer la chute de la Livre. Il n’y a RIEN que Riad Salamé, les banques ou vous-même puissiez faire pour arrêter cela. Notre seule chance d’arrêter le massacre est l’arrivée massive de fonds frais de l’étranger que ni la Syrie ni l’Iran ni encore moins le Venezuela sont capables de nous fournir on est bien d’accord. A SUIVRE

    Liban Libre

    00 h 00, le 26 juin 2020

  • Inexpressif et creux comme son achievement des cents jours, lol.

    Je partage mon avis

    23 h 56, le 25 juin 2020

  • Au-delà de la BDL Mr le 1er Ministre si vous pouviez demander à ma banque de s'expliquer pourquoi elle ne me rends pas mes précieux $... j'aimerais bien savoir.

    Sybille S. Hneine

    23 h 56, le 25 juin 2020

  • Vue sa position de premier ministre, je ne comprends toujours pas pour quelles raisons il s'adresse à SALAMÉ par médias interposés? N'a t il pas les moyens et les services nécessaires pour obtenir les réponses aux questions qu'il ne cesse de poser? C'est quoi cette mascarade?

    Citoyen

    23 h 18, le 25 juin 2020

  • "La pays passe par une crise grave". Une fois qu'il a dit ça, il n'a rien dit. Il est temps que le PM cesse de chercher des boucs émissaires tantôt Saad Hariri, tantôt Riad Salamé et j'en oublie. Certes, le job est difficile à assumer mais HD serait plus crédible s'il cessait de s'en prendre à la terre entière.

    Marionet

    22 h 26, le 25 juin 2020

  • FAUT S,ADRESSER AUX FREROTS SYRIENS QUI DESTABILISENT LE MARCHE DES DEVISES AU LIBAN AVEC LA CONSPIRATION MILICIENNE. OU ALORS RECUPERER LES MILLIARDS DE DOLLARS QUI ONT FUIT LE PAYS VERS DES DESTINATIONS DIVERSES. L,IBCOMPETENCE EST UN VICE.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    22 h 18, le 25 juin 2020

  • Assez de nous repeter que la situation va mal. NOUS LE SAVONS. Ce que nous voulons entendre c'est les remedes et decisions fermes que vous avez pris (et non pas que vous allez prendre) pour redonner un peu d'espoir au peuple.

    Jean Michael

    21 h 35, le 25 juin 2020

  • Si tu n’es pas capable de garder le pain des Libanais chez nous alors avant de donner de bons conseils il faut servir de bon exemple et commencer à balayer devant sa porte au moins.

    PHENICIA

    21 h 05, le 25 juin 2020

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