De nombreux Libanais étaient massés devant les bureaux de change avant même leur ouverture hier matin. Joseph Eid/AFP
Plusieurs bureaux de change ouverts, dans différentes régions du pays, ont été littéralement pris d’assaut hier par de nombreux clients venus pour la plupart acheter des devises, selon plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux et les groupes de messagerie instantanée. L’affluence devant les bureaux de change va croissant depuis le début de cette semaine charnière pour les autorités libanaises qui ont annoncé leur volonté, vendredi dernier, de contrôler l’inflation du taux livre/dollar sur le marché.
Les taux imposés aux agents de change agréés pour la journée ont été fixés à respectivement 3 850 livres pour un dollar à l’achat et 3 900 livres à la vente, soit une baisse de 10 livres par rapport aux taux de la veille. Selon une source contactée par L’Orient-Le Jour, certains commerçants ont réussi à se procurer des montants importants en fournissant les justificatifs demandés par les bureaux de change (facture, preuve d’immatriculation de la société, etc.) imposés par le syndicat depuis un peu plus d’une semaine. En parallèle, le taux en vigueur sur le marché parallèle a augmenté de 100 livres par rapport à mercredi, pour s’établir à 4 900 livres le dollar à l’achat et 5 100 à la vente, selon le site Lebaneselira.org.
En chute continue sur le marché des changes depuis que les premiers signes de la crise économique et financière que traverse le pays sont apparus fin août dernier, ce taux était devenu une nouvelle fois incontrôlable après la fin de la grève des agents de change agréés début juin. La filière venait alors de rouvrir ses portes après plus d’un mois de fermeture à l’appel de leur syndicat et s’était engagée à progressivement faire baisser le taux livre/dollar du niveau atteint sur le marché noir au plafond de 3 200 livres pour un dollar fixé par la Banque du Liban par la circulaire n° 553 du 28 avril.
Un objectif assorti de mesures de traçage des transactions qui a été maintenu à l’issue de la réunion d’urgence organisée par l’exécutif vendredi dernier dans le sillage de laquelle la BDL s’est engagée à injecter des devises sur le marché tandis que l’exécutif annonçait, pour sa part, la création d’une cellule spéciale au sein de la Sûreté générale. L’objectif de cette dernière étant de tenter d’éviter que les dollars injectés servent à alimenter la spéculation ou soient détournés vers la Syrie, dont le régime est la cible, depuis mercredi, d’un nouveau train de sanctions.

