Le personnel hospitalier de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri a entamé hier une grève. Au cœur du conflit, l’échelle des traitements et salaires d’août 2017, qui n’a commencé à être payée à l’hôpital qu’à partir du mois d’avril 2020. Photo d’archives Joseph Eid/AFP
La colère gronde à l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri. En conflit salarial avec l’administration, le personnel hospitalier de l’établissement a entamé hier une grève « par étapes », a annoncé le porte-parole des employés Bassam Akoum, au cours d’une manifestation de protestation organisée devant l’hôpital qui embauche 916 personnes, entre personnel médical, infirmier et employés.
Au cœur du conflit, l’échelle des traitements et salaires d’août 2017, qui n’a commencé à être payée à l’hôpital Hariri – CHU de la faculté de médecine de l’Université libanaise – qu’à partir du mois d’avril 2020. « Certes, nous rêvons tous de pouvoir toucher le rétroactif de nos salaires, mais pour l’heure, on en est encore à exiger que les nouveaux bordereaux soient dûment enregistrés au ministère des Finances et ne soient pas considérés comme seulement des avances », précise pour L’OLJ Bassam Akoum.
De plus, le personnel, dont ce n’est pas le premier avertissement, exige l’adoption d’un « tableau révisé » des salaires indexé sur la grille des salaires de 2017, convenu entre son comité représentatif, le comité médical et les ressources humaines de l’établissement. Toutefois, ce tableau n’est toujours pas respecté par la comptabilité de l’établissement, et certains employés ont même vu leurs traitements diminuer, au point que des recours ont été présentés à ce sujet devant le Conseil d’État. Les employés attribuent la responsabilité de ces irrégularités au ministère de la Santé et surtout à l’administration de l’hôpital dont le directeur, le Dr Firas Abiad, détient les pleins pouvoirs après l’expiration du mandat de son conseil d’administration.
« Nous ne nous tairons plus. Nous n’abandonnerons pas nos droits », a insisté hier Bassam Akoum, qui donnait lecture d’un communiqué émanant du comité dont il est le porte-parole. Et de critiquer la façon « inacceptable » dont l’hôpital traite ses employés, alors même que l’établissement est le principal centre d’accueil des personnes atteintes du Covid-19.
Pour L’OLJ, Bassam Akoum précise que le débrayage progressif entamé hier affecte déjà les cliniques privées, le service d’admission pour les cas « froids » et les examens préopératoires (sang et radios). Des sources hospitalières considèrent comme « hautement improbable » que le service réservé aux malades atteints par le coronavirus soit affecté par la grève, pas plus que les urgences et les services de dialyse ou de chimiothérapie. Mais selon Bassam Akoum, même ce pas pourrait être franchi, si le ministère de la Santé et l’administration de l’hôpital restent sourds aux demandes des employés. « Nous en avons assez d’être traités en parents pauvres du ministère de la Santé, lance-t-il. Ils se débrouilleront avec du personnel venu d’autres hôpitaux. Nous sommes à la pointe de la guerre contre le coronavirus alors que nous ne pouvons même pas jouir de nos droits les plus élémentaires. »


