Nos Lecteurs ont la Parole

Une visite au Liban-Sud

On part de la ville de Tyr, en direction du sud et de l’est.

Après une traversée de quelques heures, on atteint l’ancienne zone tampon israélienne, restituée au Liban il y a quelques années.

Activité réduite, réapprentissage de l’environnement pacifié.

Près du village de Houla, un sommet, sur la frontière libano-israëlienne. Doublement convoité.

Comme une sentinelle, ce site entre le désert et la mer, surplombe son environnement de toutes parts.

Là, se trouve la tombe d’un saint homme (1). Élément insolite, convoité et reconnu, autant par les communautés juive et musulmane de la région.

Elle est coupée dans sa longueur par la clôture entre Israël et le Liban. De même, une arche, comme une porte commémorant le saint homme est elle aussi coupée verticalement en son axe.

Ainsi, chacun peut approcher son prophète, de part et d’autre de la clôture.

À l’est, et sur la clôture, les Israéliens ont aménagé leur observatoire, bardé d’yeux et d’oreilles électroniques, on y entendrait même des simulacres de tirs et de combats, pour perturber les visiteurs.

En contrebas, à quelques dizaines de mètres de la tombe, les soldats népalais des Nations unies se demandent bien si nous venons en visiteurs pacifiques ou en provocateurs.

Tout à côté, deux autres personnes, dans le poste tout à fait « symbolique » du Hezbollah, essayent peut-être de guetter nos actes.

Il paraît que parfois des conversations s’animent de part et d’autre de cette ligne. Il vaut mieux contrôler tout cela, sait-on jamais, communiquer, c’est connaître, dit-on…

De là aussi, on a un point de vue imprenable sur le paysage, dans toutes les directions.

À l’ouest, les collines vont se perdre dans l’éclat de la mer.

Au nord, on peut distinguer les premières pentes du Mont-Liban ainsi que la silhouette minuscule du château de Beaufort, sur son éperon.

À l’est, la plaine de la Galilée, se fond vers le nord à celle de la Békaa. Juste en contrebas, à quelques centaines de mètres, les premiers villages israéliens. Avec de bonnes jumelles, on pourrait voir les gens vaquer à leurs occupations. Petites exploitations, maisons comme on en verrait en Europe centrale, dans leur cadre verdoyant. Plus loin, la plaine se découpe en lots de cultures et, de-ci de- là, des agglomérations.

Au milieu, à l’horizon, le Jabal el-Cheikh, le mont Hermon, finit en pente douce vers le sud, et les hauteurs du Golan.

Au-delà de ces lignes commencent les plaines arides et les déserts.

Pour rejoindre la côte, on traverse des villages qui s’animent en fin de journée après les chaleurs diurnes. Dans un vallon, aride et parsemé de quelques beaux grands arbres épars, on peut voir un fortin médiéval sur sa colline à la croisée des routes ; vision quasiment intacte depuis des siècles.


(1) Tombe du cheikh Abbad ou du rabbin Rav Ashi

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


On part de la ville de Tyr, en direction du sud et de l’est.

Après une traversée de quelques heures, on atteint l’ancienne zone tampon israélienne, restituée au Liban il y a quelques années.

Activité réduite, réapprentissage de l’environnement pacifié.

Près du village de Houla, un sommet, sur la frontière libano-israëlienne. Doublement...

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