Diplomatie

L’Iran annonce le retour d’un de ses ressortissants détenus aux États-Unis

Le scientifique iranien Cyrous Asgari. Photo Wikipedia sous licence Creative Commons

Téhéran a annoncé hier le retour en Iran dans les prochains jours du scientifique Cyrous Asgari, détenu depuis plusieurs années aux États-Unis sur des accusations de vol de secrets industriels avant d’être acquitté à l’automne dernier. « Le dossier du Dr Cyrous Asgari a été clos en Amérique et il reviendra probablement dans le pays d’ici à deux ou trois jours », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, selon l’agence Isna. « Cela arrivera si aucun problème ou obstacle n’émerge d’ici là. »

Accusé de vol de secrets industriels lors d’une visite académique dans l’État de l’Ohio, M. Asgari, 59 ans, avait été acquitté en novembre mais restait détenu apparemment pour des raisons liées aux lois sur l’immigration. Téhéran avait indiqué le mois dernier que M. Asgari, scientifique à l’Université de technologie de Sharif à Téhéran, avait contracté le nouveau coronavirus au cours de sa détention. Le scientifique avait déclaré en mars au quotidien britannique Guardian que la police de l’immigration américaine le gardait dans un centre de détention en Louisiane sans installations sanitaires de base et refusait son retour en Iran malgré son acquittement.

L’Iran et les États-Unis, ennemis depuis des décennies, détiennent encore réciproquement plusieurs ressortissants de l’autre pays et ont récemment appelé à leur libération avec la pandémie de Covid-19. L’Iran est le pays le plus touché au Moyen-Orient, avec plus de 150 000 contaminations dont près de 8 000 morts. À l’étranger comme à l’intérieur du pays, les chiffres officiels sont soupçonnés par des responsables et des experts d’être largement sous-estimés. Depuis mars, environ 100 000 prisonniers en Iran, dont 1 000 étrangers, ont bénéficié d’une permission de sortie afin de limiter la propagation de la maladie. Les États-Unis sont, eux, le pays le plus touché au monde, avec près de 1,8 million de cas, dont plus de 104 000 morts.

« Échanger tous les prisonniers »

Plusieurs arrestations ou condamnations d’Iraniens ont eu lieu aux États-Unis depuis que le président américain Donald Trump a dénoncé en 2018 l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran.

L’Iran, qui détient au moins cinq Américains, a récemment appelé à un échange global de prisonniers avec les États-Unis, qui détiennent 19 Iraniens selon une liste compilée par l’AFP à partir de communiqués officiels et informations de presse.

« Il y a une volonté d’échanger tous les prisonniers (...) sans conditions préalables, mais c’est le gouvernement américain qui a jusqu’à présent refusé de répondre », avait déclaré le 10 mai le porte-parole du gouvernement, Ali Rabii, selon Isna.

« Après avoir temporisé durant des mois alors que nous tentions de vous renvoyer Cyrous Asgari, vous vous réveillez un beau matin et dites que vous voulez le rapatrier », avait répondu le responsable du département américain de la Sécurité intérieure, Ken Cuccinelli, entraînant une réplique de Abbas Moussavi sur Twitter : « Nous regardons vos actes, pas vos paroles. »

S’il revient en Iran, M. Asgari sera l’un des rares détenus – des deux côtés – à avoir été relâché hors du cadre d’un échange de prisonniers. En décembre, l’Américain Xiyue Wang avait été libéré par Téhéran tandis que l’Iranien Massoud Soleimani avait été relâché par Washington.

L’Iran a par ailleurs promis hier de continuer à livrer du pétrole au Venezuela en dépit des menaces américaines.

Les États-Unis ont imposé des sanctions unilatérales pour mettre fin aux exportations de pétrole de l’Iran et du Venezuela, tous deux d’importants pays producteurs. Si Caracas « réclame de nouvelles livraisons, nous exporterons encore vers ce pays et vers tout autre pays qui en a besoin », a déclaré M. Moussavi, quelques jours après l’arrivée au Venezuela de pétroliers iraniens.

Source : AFP


Téhéran a annoncé hier le retour en Iran dans les prochains jours du scientifique Cyrous Asgari, détenu depuis plusieurs années aux États-Unis sur des accusations de vol de secrets industriels avant d’être acquitté à l’automne dernier. « Le dossier du Dr Cyrous Asgari a été clos en Amérique et il reviendra probablement dans le pays d’ici à deux ou trois jours »,...

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