Pandémie

Le Premier ministre arménien annonce être infecté par le coronavirus

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, à Berlin, le 1er février 2019. Photo d'archives AFP / John MACDOUGALL

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé lundi avoir été contaminé par le nouveau coronavirus avec sa famille, alors que l'épidémie s'aggrave dans ce petit pays du Caucase dont les hôpitaux sont surchargés.

"Mon test de coronavirus s'est révélé positif hier. Tous les membres de ma famille sont aussi positifs", a déclaré M. Pachinian dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, ajoutant qu'il n'a pour autant aucun "symptôme notable" de la maladie et qu'il continuera à travailler depuis chez lui "tant que ce sera possible". M. Pachinian et sa femme Anna Hakobian, une journaliste, ont quatre enfants. Le président russe Vladimir Poutine a appelé Nikol Pachinian au téléphone pour lui offrir des "vœux de soutien" et lui souhaiter une guérison rapide, selon un communiqué du Kremlin.

L'Arménie compte 9.492 cas de coronavirus et 139 morts, selon les chiffres officiels. L'épidémie a surchargé les hôpitaux et les autorités médicales ont annoncé la semaine dernière qu'elles envisageaient de restreindre l'accès aux soins intensifs aux patients "avec les meilleures chances de survie". Nikol Pachinian avait jugé mercredi la situation "très grave" et appelé à renforcer les restrictions. Il avait reconnu que le gouvernement avait échoué à faire respecter le confinement et dit regretter avoir fait "trop confiance au sens des responsabilités" de ses concitoyens.

Selon M. Pachinian, de "fausses rumeurs présentant la pandémie comme une fiction" sont en cause pour les violations massives du confinement. "Les gens ne croient pas à l'existence du virus car 70% des cas sont asymptomatiques", a-t-il souligné. De nombreuses théories du complot et de la désinformation ont circulé sur les réseaux sociaux en Arménie depuis le début de la crise.

Les autorités arméniennes ont aussi été critiquées pour leur gestion de la crise, des experts estimant que la décision de fermer les frontières a été prise trop tard et que les responsables politiques ont envoyé des messages contradictoires à la population. "Le confinement n'a pas marché en Arménie. Les gens n'ont pas pris le danger au sérieux", a relevé auprès de l'AFP l'épidémiologiste Nounekh Bakounts. Le gouvernement a affirmé ne pas exclure un nouveau confinement à l'échelle du pays. Le précédent avait été largement assoupli début mai avec la réouverture des terrasses et de certaines entreprises. La pandémie a également douché les espoirs de renaissance économique, avec un PIB qui devrait chuter de 1,5% cette année, selon les prévisions du Fonds monétaire international et malgré le plan d'aide du gouvernement.


Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé lundi avoir été contaminé par le nouveau coronavirus avec sa famille, alors que l'épidémie s'aggrave dans ce petit pays du Caucase dont les hôpitaux sont surchargés.

"Mon test de coronavirus s'est révélé positif hier. Tous les membres de ma famille sont aussi positifs", a déclaré M. Pachinian dans une vidéo publiée...