Nos Lecteurs ont la Parole

Apprendre à s’émerveiller !

« Ainsi, l’Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens.

Or, derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l’inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain; et sauvage, qui veut dire “de la forêt”, évoque aussi un genre de vie animale, par opposition à la culture humaine... En refusant l’humanité à ceux qui apparaissent comme les plus “sauvages” ou “barbares” de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques. Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie. »

Claude Lévi-Strauss

(1908-2009),

« Race et histoire »,

Gallimard, 2007

Pierre s’en va à la rencontre des êtres vivants dans la forêt, une symphonie de senteurs, d’insectes, d’herbes, de végétaux, d’animaux furtifs en mouvement. Là où des habitants aux formes multiples, étendues, droites ou inclinées cohabitent parmi des troncs géants. Je me rappelle encore de ce jour d’été où mon père nous proposait de ne plus parler d’un coup afin de ressentir le passage d’une brise. Quelle superbe prise de silence pour écouter la caresse du vent qui surplombe à 2 300 mètres d’altitude une multitude de majestueux lacs bleus, dit-il !

«... La question capitale en termes d’habitabilité.... est bel et bien de savoir combien d’hectares de sol on maintient en capacité d’assurer la subsistance des humains et de ceux dont ils dépendent pour vivre. Le petit salaire distribué pour un temps par un investisseur chinois dans le supermarché géant ne pèse pas du même poids que le maintien des conditions d’engendrement d’un pullulement de vivants... » (Bruno Latour, mai 2020)

La décentralisation agroalimentaire est certes indispensable pour répondre à l’urgence de la survie pour une majorité de Libanais en plein gouffre économique. Le changement des mœurs devient nécessaire pour culbuter définitivement la dépendance mentale aux quelconques négligences et indécisions.

Ce passage aux terrains concrets promeut un savoir pratique et utile avec les siens et les collectivités locales. Ainsi, avec son initiative, le citoyen peut développer malgré des moyens très réduits des options novatrices. Le passage à l’acte représente un comportement libre et tangible. Un individu peut effectivement agir par ses propres moyens et réaliser de par sa propre distinction son jardin au balcon, à l’intérieur ou sur une surface de terre.

Afin d’assurer une digne subsistance en des temps fort critiques de par le monde, l’air propre et le retour à la leçon des aînés composent un terreau initiateur. Il nous éclaire sur les moyens courts afin de tenir bon face à tout déséquilibre durable.

Avec nos potentiels, nous pouvons répondre dans la mesure de nos possibilités et de nos modes de restriction à tant de besoins vitaux.

Il s’agira surtout de ne plus

«... rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit(…) » et d’user sans réserve de l’exploration ouverte pour un environnement meilleur. Ce pas en avant réduit l’état de déprime, apaise l’agitation, revitalise l’esprit et nous enseigne l’émerveillement !


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« Ainsi, l’Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens.

Or, derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion...

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