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La It couverture pique-nique pour un été coronavirus

Le plein soleil, l’air frais, du vert partout et l’irrésistible envie de quitter ses murs et de prendre la clé des champs... À condition d’emporter avec soi la couverture « spéciale distanciation sociale ».

La couverture créée suivant les normes de la distanciation. Mark Cocksedge

Prévoyant le besoin et la nécessité d’un déconfinement personnel et officiel, un designer britannique de renom, Paul Cocksedge, a conçu une couverture pour s’installer sur l’herbe avec les autres personnes présentes sans avoir à calculer si l’on est, ou pas, dans la zone correcte de distanciation. Il l’a délimitée lui-même… En effet, il ne s’agit pas, ici, d’une couverture traditionnelle carrée ou rectangulaire, sortie durant ce genre de loisirs en plein air, mais d’un grand anneau en tissu se prolongeant par quatre cercles placés à équidistance et, plus précisément, à l’exacte intervalle de deux mètres. Ainsi, chacun aura sa place sécurisée au soleil, bien partagée avec les amis et famille, tout en profitant des avantages d’un grand espace public. Ce drap, d’un beau jaune éclatant, porte un nom optimiste, Here comes the sun (et voilà le soleil !). Et ce n’est pas tout. Son auteur offre le téléchargement gratuit du schéma et de la réalisation chez soi de cet accessoire adapté à tous les lieux, dans le cadre des normes actuelles imposées par le virus. Le mode d’emploi est clair et le matériel nécessaire à portée de main : une machine à coudre, une paire de ciseaux et environ neuf mètres carrés de tissu. Le studio recommande un matériau qui ne s’effiloche pas comme le feutre.


Piñata coronavirus de l’artisan mexicain. Capture d’écran de YouTube


Une réponse ludique à la distanciation sociale

Paul Cocksedge, la quarantaine, a été mondialement salué ces dernières années pour son design innovant accompagné d’une recherche sur les limites de la technologie et des matériaux. Il a signé des projets architecturaux, des installations et des sculptures, tous infusés d’un sens de simplicité, de joie et d’émerveillement, autant de caractéristiques de son style. Très remarqué récemment, un dais ensoleillé de 33 mètres de long pour le jardin botanique de Oman. Au sujet de sa dernière trouvaille, Paul Cocksedge précise : « Le confinement a donné lieu à une étonnante explosion de créativité et m’a poussé à mon tour à imaginer quelque chose de positif tourné vers le futur. Durant ces mois d’enfermement, la technologie a été d’un grand secours et a permis aux gens, séparés physiquement, de maintenir un contact, au moins digital. Mais il est évident qu’ils ont eu bien hâte de se reconnecter dans la réalité. Par ailleurs, je dois avouer qu’en tant que designer, qui travaille quotidiennement avec les mesures, j’ai moi-même parfois de la difficulté à visualiser une distance de deux mètres par exemple, ce qui peut être un peu inquiétant quand on pense aux nouveaux gestes qui doivent gérer notre vie sociale. Cette couverture a été la réponse ludique à ces hésitations, devenant aussi une pièce de design démocratique que chacun peut exécuter. » Le designer en a eu l’inspiration au cours de l’une de ses marches quotidiennes en solitaire lorsqu’il a ressenti le besoin d’être proche des autres. « Cet instinct, explique-t-il, nous a été arraché et nous nous adaptons étrangement à une situation qui n’est pas naturelle. Même si le plein air présente moins de risques de contagion, ce n’est pas une raison pour ignorer les règles de distanciation sociale. C’est le bon moment pour reconfigurer potentiellement nos vies afin qu’elles s’adaptent à un rythme qui nous convienne mieux. C’est une opportunité de changement. En fin de compte, les gens voudront revenir à une forme de normalité, qui ne devrait pas se faire au détriment de la santé de quiconque. »

Un défoulement généralisé

Parallèlement à cette approche sage et sereine, les réseaux sociaux ont partagé une multitude de représentations du Covid-19, traitées en piñatas, ces grosses formes en papier mâché destinées à être secouées par des enfants pour délivrer leurs contenus de gourmandises. Une tradition, à l’origine mexicaine, adoptée aujourd’hui partout dans le monde durant les célébrations d’anniversaires et qui vient, presque à point nommé, servir de punching bag dans un univers frustré et ne sachant pas au juste comment lutter contre la pandémie. Et, il semble qu’au pays de l’Oncle Sam de nombreuses personnes sont en train de pratiquer cet exercice cathartique comme pour détruire à coups de bâton ce mal asphyxiant. L’idée première de faire une piñata à l’image du virus revient à un artisan mexicain, Dalton Avalos, propriétaire d’une boutique de produits festifs, installée à l’une des frontières américano-mexicaines. Dans un premier temps, il a déversé son courroux sur le président Trump en réalisant une piñata à son effigie, qui a été vendue comme des petits pains. Puis, il a donné forme, en papier mâché, au virus, en s’inspirant d’une image tracée par deux illustrateurs, Alissa Eckert et Dan Higgings, du Centers for Disease Control and Preventions, afin de le visualiser et qu’il soit vu partout : une boule argentée transpercée de piques rouges. La version piñata de Dalton Avalos est d’un vert criard et comporte en son centre un visage chinois pour rappeler l’origine du mal. Et depuis environ deux semaines, l’artisan mexicain fait école. Ses disciples font éclater sur la Toile à qui mieux mieux leur art et leur hargne.


Prévoyant le besoin et la nécessité d’un déconfinement personnel et officiel, un designer britannique de renom, Paul Cocksedge, a conçu une couverture pour s’installer sur l’herbe avec les autres personnes présentes sans avoir à calculer si l’on est, ou pas, dans la zone correcte de distanciation. Il l’a délimitée lui-même… En effet, il ne s’agit pas, ici, d’une...

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