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Coronavirus

La situation empire au Brésil, l’Europe savoure sa liberté retrouvée

L’Allemagne entend désormais aussi protéger ses entreprises stratégiques des appétits d’investisseurs étrangers.

Dispute entre pro et anti-Bolsonaro au Brésil, le 20 mai 2020. Adriano Machado/Reuters

La pandémie de coronavirus, en recul sur le Vieux Continent où les Européens savourent leur liberté partiellement retrouvée, est en forte progression en Amérique latine, le Brésil ayant dépassé pour la première fois le millier de morts en 24 heures. « Notre pays est en train d’aller de mal en pis, résume Gilberto Ferreira, un retraité de Rio de Janeiro. Nous avons un gouvernement inefficace, et les gens de leur côté ne respectent pas les règles de la pandémie. »

Alors que la Chine s’apprête à proclamer vendredi sa « victoire » sur le virus, à l’occasion de la réunion de l’Assemblée nationale populaire, le Brésil est devenu le troisième pays au monde en nombre de contaminations. Il a enregistré mardi un bilan quotidien de 1 179 décès, contredisant l’optimisme du président Jair Bolsonaro qui ne cesse de minimiser la dangerosité du virus. « Le chômage, la faim et la misère seront l’avenir de ceux qui soutiennent la tyrannie de l’isolement total », a tweeté hier le dirigeant d’extrême droite.

Réduits à voler

Partie de Chine il y a cinq mois, la pandémie de nouveau coronavirus a fait le tour du monde, tuant sur son passage 323 370 personnes et en contaminant près de 5 millions. Si le Brésil déplore plus de la moitié des quelque 30 000 décès enregistrés en Amérique latine et dans les Caraïbes, le Chili n’est pas en reste. Ce pays de 18 millions d’habitants a connu mardi sa plus forte hausse de contaminations (3 520) et de décès (31) en 24 heures.

L’armée s’est déployée dans des quartiers pauvres de Santiago, où la population a affronté la police pour réclamer des aides. « Ils n’ont pas de travail, ils sont enfermés chez eux et ne peuvent pas sortir pour chercher du travail, explique Jorge, un charpentier au chômage. Les Chiliens, les travailleurs en sont réduits à devoir sortir pour voler. »

Voir la mer

Au contraire, les Européens renouaient avec ces plaisirs simples dont le confinement les avait privés depuis la mi-mars, comme de voir la mer. « Cela fait deux mois que je n’avais pas vu la mer, et j’ai proposé à une collègue de venir ici un moment voir la mer avant d’aller travailler. Écouter le bruit des vagues, marcher un peu sur la plage, nous en avions très envie », témoigne Helena Prades, une Espagnole de 43 ans.

En Espagne, un des pays les plus endeuillés par la Covid-19 avec près de 28 000 morts, Barcelone a rouvert hier ses plages et ses parcs, dont le célèbre Parque Güell, œuvre de l’architecte catalan Antoni Gaudi. En revanche, il est toujours interdit de s’asseoir sur la plage, de s’y allonger pour bronzer ou de prendre un bain de mer. Et le pays s’est résolu à rendre le port du masque obligatoire dès l’âge de six ans dans la rue ou dans les lieux publics quand il n’est pas possible de garder ses distances.

Relancer le tourisme

Partout sur le Vieux Continent, où 168 000 personnes ont succombé à la Covid-19, la tendance est à la baisse des bilans et de son corollaire : la levée des sévères restrictions prises au plus fort de la crise sanitaire, coûteuses pour le tourisme et le secteur aéronautique. Victime collatérale de l’effondrement du trafic aérien, le fabricant britannique de moteurs d’avion Rolls-Royce a annoncé hier la suppression d’ « au moins » 9 000 postes, soit 17 % de ses effectifs.

« Les gouvernements font ce qu’ils peuvent pour soutenir les entreprises à court terme, mais ils ne peuvent remplacer de façon durable la demande de clients qui n’existe » plus, a expliqué Warren East, le directeur général. Après l’Italie, qui a annoncé samedi qu’elle rouvrait à partir du 3 juin ses frontières aux touristes de l’Union européenne, la Grèce doit présenter mercredi son plan pour la reprise de la saison touristique. Le coup d’envoi a été donné lundi, avec la réouverture de l’Acropole, qui n’a cependant pas attiré les foules.

Protectionnisme

Montrée en exemple pour avoir efficacement protégé sa population, l’Allemagne entend désormais aussi protéger ses entreprises stratégiques des appétits d’investisseurs étrangers. Premier concerné, le secteur de la santé, comme en témoigne un décret publié hier. Au risque de fausser la concurrence ? La commissaire européenne à la Cohésion a mis en garde contre le risque d’une déstabilisation du grand marché européen, dans un entretien hier.

« Près de 2 000 milliards d’euros ont été autorisés en aides d’État, et la moitié de ces montants a été allouée par le seul gouvernement allemand pour aider ses entreprises nationales », a rappelé Élisa Ferreira, commissaire européenne à la Cohésion et aux Réformes. « Lorsque ces entreprises se lancent dans la concurrence sur le marché intérieur, elles bénéficient d’un avantage total par rapport aux autres », a-t-elle ajouté.

Gastronomie en take-away

S’adapter pour survivre. Contraint de fermer son trois-étoiles sur les quais de Seine à Paris – indétrônable meilleur restaurant du monde –, le chef Guy Savoy s’est converti, à contrecœur, dans la vente en emporter. Sa mythique soupe d’artichaut à la truffe est désormais disponible en take-away, à réchauffer chez soi au micro-onde.

L’athlète iranienne Maryam Toosi s’est adaptée elle aussi à la nouvelle donne. Pour se maintenir en forme malgré le confinement et la fermeture des installations sportives, elle a décidé de s’entraîner sur le toit de son immeuble.

Source : AFP



La pandémie de coronavirus, en recul sur le Vieux Continent où les Européens savourent leur liberté partiellement retrouvée, est en forte progression en Amérique latine, le Brésil ayant dépassé pour la première fois le millier de morts en 24 heures. « Notre pays est en train d’aller de mal en pis, résume Gilberto Ferreira, un retraité de Rio de Janeiro. Nous avons un...

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