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Syrie

Le magnat Rami Makhlouf accuse les autorités de nouvelles intimidations

"Ils veulent 120% des profits" de la société", dénonce le magnat à la tête du premier opérateur de téléphonie mobile du pays.

Le magnat syrien Rami Makhlouf. Capture d'écran de la vidéo partagée sur son compte Facebook.

Le magnat syrien Rami Makhlouf, cousin du président Bachar el-Assad, a accusé dimanche Damas de menacer de l'arrêter et de fermer son entreprise de télécommunications s'il n'en versait pas les bénéfices à l'Etat.

Dans une vidéo de 16 minutes diffusée sur Facebook, la troisième depuis avril, M. Makhlouf, à la tête d'une holding, dont la société de téléphonie Syriatel, premier opérateur de téléphonie mobile du pays, a accusé le régime de vouloir mettre fin à son empire.

L'homme d'affaires de 51 ans, inscrit sur la liste des sanctions américaines depuis 2008, a déjà publié deux vidéos sur Facebook, dans lesquelles il a interpellé M. Assad tout en s'épanchant sur des impayés réclamés par l'Etat et les mesures d'intimidations des services de sécurité. Dimanche, il a affirmé que les autorités "ont exigé que nous versions les bénéfices de notre entreprise à l'Etat, faute de quoi nous serions arrêtés" et le permis de la société révoqué. "Ils veulent 120% des profits" de la société, a-t-il ajouté. Sa brouille avec le pouvoir a éclaté à l'été 2019, lorsque les autorités ont pris le contrôle de son organisation caritative, al-Boustan, avant de dissoudre des milices affiliées.

En décembre, quand le gouvernement a gelé les avoirs de plusieurs hommes d'affaires pour évasion fiscale et enrichissement illégal pendant la guerre, M. Makhlouf était notablement concerné. Fin avril, le magnat, longtemps pilier du régime, a déjà contesté le paiement de plus de 160 millions d'euros d'arriérés exigé par les autorités, qualifiant la demande d'"injuste". Ce montant n'est pas une taxe mais "un montant imposé par un groupe particulier sans aucun droit ni recours à la loi", a-t-il assuré dimanche, indiquant toutefois être prêt à verser cette somme en guise de "soutien à l'Etat".

Selon lui, les autorités exigent désormais la signature par Syriatel d'un contrat exclusif avec un fournisseur non-identifié sans aucun appel d'offres et sa démission à la tête de l'entreprise. "Si vous pensez que je vais renoncer dans ces conditions, cela signifie que vous ne me connaissez pas", a-t-il asséné. Qualifiant de "feuilleton" les demandes et pressions exercées par le régime, l'homme d'affaires a mis en garde contre des mesures susceptibles, selon lui, de "détruire l'économie syrienne" déjà vacillante après neuf ans de guerre. 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, près de 60 employés --40 travaillant au sein de Syriatel et 19 pour l'association al-Boustan- ont été arrêtés par les forces de l'ordre depuis avril. Dimanche, M. Makhlouf a condamné ces arrestations.



Le magnat syrien Rami Makhlouf, cousin du président Bachar el-Assad, a accusé dimanche Damas de menacer de l'arrêter et de fermer son entreprise de télécommunications s'il n'en versait pas les bénéfices à l'Etat.

Dans une vidéo de 16 minutes diffusée sur Facebook, la troisième depuis avril, M. Makhlouf, à la tête d'une holding, dont...

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