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Archéologie

Khéops, la seule des sept merveilles du monde antique encore visible

Constituée d’un assemblage de plus de 2 millions de blocs de calcaire, pesant chacun plus de 2 tonnes, la grande pyramide de Gizeh continue à intriguer les archéologues et à entretenir de nombreux fantasmes, comme par exemple qu’elle a été construite par des extraterrestres...

Les pyramides de Gizeh. Mohammad el-Shahed/ AFP

Destinée à abriter la dépouille du pharaon Khéops (environ 2575 à 2130 avant J-C), la grande pyramide de Gizeh est la seule des sept merveilles du monde décrites dans l’Antiquité encore debout. Quatre mille cinq cents ans après sa construction, elle est presque intacte. Ses dimensions sont impressionnantes pour l’époque : une hauteur de 137 m aujourd’hui, contre 146 à l’origine, et 230 m de côté. Sa surface au sol est de 5,29 hectares. Son volume est de 2 592 350 mètres cubes et sa surface de construction de 53 055 mètres carrés. Il aura fallu 20 000 ouvriers pour la bâtir et 23 ans pour la terminer. Elle restera longtemps la plus haute et la plus massive structure jamais édifiée. Elle ne sera détrônée qu’en 1311 de notre ère quand la cathédrale de la Vierge Marie de Lincoln, en Angleterre, a été dotée d’une flèche de 160 mètres. La flèche s’est écroulée en 1549 et n’a pas été reconstruite. C’est alors que l’église Sainte-Marie de Stralsund en Allemagne, culminant à 151 mètres, est devenue le plus haut bâtiment du monde de 1625 à 1647, date à laquelle sa lourde aiguille tombe, frappée par la foudre. Depuis, c’est à qui mieux mieux de faire pousser plus haut, plus fort, les structures !

Khéops (nom grec donné par l’historien Manéthon à Khoufou, second pharaon de la IVe dynastie) trône sur le plateau de Gizeh (Memphis autrefois), dans la banlieue du Caire, aux côtés du Sphinx et des pyramides de son fils et petit-fils Khéphren et Mykérinos, qui ont régné entre 2650 et 2450 av. J-C. Ces monuments funéraires font partie des premiers édifices en pierre de l’histoire égyptienne dont la perfection des techniques de construction a permis à leurs structures de résister à l’usure du temps. Les auteurs grecs Diodore de Sicile et Strabon évoquent les « trois pyramides au nombre des sept merveilles du monde ». Leurs descriptions sont souvent centrées sur la pyramide de Khéops, dite aussi la Grande Pyramide. C’est en tout cas cette dernière que les listes modernes retiennent fréquemment. Car sa conception architecturale, la prouesse technique de sa construction et l’aventure humaine qu’elle représente en imposent et nourrissent de nombreux mythes.

Sentinelle éternelle

Son bâtisseur Khéops est fort mal connu. Bien plus, il n’existe qu’une seule représentation tridimensionnelle de ce pharaon. C’est une figurine en ivoire de 7,5 cm de hauteur, connue sous le nom de Statuette de Khoufou. L’artefact a été découvert en 1903 par l’égyptologue anglais William Petrie à Kom el-Sultan près d’Abydos, à 91 km de Louxor. Pour la petite histoire, la figurine a été retrouvée sans tête. Petrie offre alors une récompense à tout ouvrier qui pouvait la trouver. Trois semaines plus tard, après un passage au tamis du niveau le plus profond des décombres, la tête apparaît. Aujourd’hui, la petite statue est restaurée et exposée au musée du Caire. Mais la momie du pharaon, elle, est toujours introuvable.

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C’est en 1837 que l’anthropologue et égyptologue britannique Richard Vyse découvre la cartouche de la pyramide qui rapporte le nom de Khéops. Mais le sarcophage découvert dans la chambre du roi est vide. L’hypothèse que ce coffre soit un simple cénotaphe a été avancée. La possibilité d’une mort lors d’une bataille expliquerait que ses sujets, n’ayant jamais retrouvé son cadavre, le sarcophage n’a été qu’un monument sans dépouille, servant à rendre hommage à Khéops.

Pour d’autres chercheurs, la dépouille serait bien présente dans la pyramide, mais la chambre funéraire n’a pas encore été découverte. La chambre du roi munie d’un coffre aurait été construite pour tromper les curieux et les pillards. Le fait que cette pièce soit très facile d’accès renforce cette hypothèse.



La construction de la pyramide de Khéops a été une réelle prouesse pour l’époque. Marwan Naamani /AFP

Des chambres encore secrètes

Considérée comme un symbole d’immuabilité et d’éternité, la pyramide de Khéops n’a pas seulement défié le passage du temps, elle résiste également à livrer tous ses secrets. En 2017, la mission internationale ScanPyramids, qui utilise des techniques de radiographie ultramodernes à base de muons, des électrons lourds, a révélé l’existence de deux cavités à l’intérieur de sa structure, dont l’une de trente mètres de long surnommée le Big Void pourrait accueillir l’équivalent d’un Airbus A320 ! Or cette découverte épaissit encore le mystère de la pyramide. À quoi servait cette énorme pièce, située au-dessus de la grande galerie menant à la salle du sarcophage, se demandent les archéologues ? De nombreuses hypothèses sont émises : ça pourrait être une succession de chambres accolées les unes aux autres, une deuxième grande galerie, une chambre funéraire, une salle à fonction technique uniquement utilisée pour stocker ou monter des blocs de pierre, un espace contenant du mobilier funéraire ou encore une pièce où les offrandes étaient déposées. Mais tout cela supposerait alors l’existence d’un passage permettant d’y accéder. Il faudrait alors se lancer à sa recherche. « Le CNRS et l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) réfléchissent à un nouveau type de robot qui pourrait passer par de tous petits trous », signale le codirecteur du projet ScanPyramids Mehdi Tayoubi, au quotidien économique marocain Les Eco.ma. Il ajoute qu’ « il y a énormément de spéculations sur l’existence d’éventuelles chambres secrètes dans la pyramide. Si nous les cumulions toutes, nous obtiendrions du gruyère! » « Nous ne pouvons pas savoir si le vide contient des artefacts car ils seraient trop petits pour être détectés par ce type d’imagerie », précise pour sa part Kunihiro Morishima, chercheuse au département de physique à Nagoya, au Japon, qui a collaboré à la mission ScanPyramids, et co-auteure d’une étude parue dans la revue scientifique Nature.


La construction de la pyramide de Khéops a été une réelle prouesse pour l’époque. Mohammad el-Shahed/AFP

Hémiounou l’architecte ?

La pyramide de Khéops compte parmi les plus grandes structures jamais érigées. Durant des millénaires, elle fut la construction humaine de tous les records : la plus haute, la plus volumineuse et la plus massive. Ce monument phare de l’Égypte antique est depuis plus de 4 500 ans scruté et étudié sans relâche.

Les nombreuses particularités architectoniques et les exploits atteints pour sa construction en font une pyramide à part qui ne cesse de questionner la recherche. « On ne peut glisser une feuille de papier entre les blocs de pierre tellement l’agencement est précis. Comment sont-ils parvenus à faire un tel ouvrage ? Mêmes avec nos technologies ultramodernes, il y a peu de chances pour que nous puissions réaliser une telle pyramide aujourd’hui. Voilà pourquoi celle de Kheops entretient de nombreux fantasmes, dont celui qui consiste à dire qu’elle a été construite par des extraterrestres », déclare au quotidien d’information 20 minutes Amandine Marshall, égyptologue et chercheuse associée à la Mission archéologique française de Thèbes-Ouest.

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Pour certains chercheurs, ce chef-d’œuvre de l’Ancien Empire a été conçu par l’architecte Hémiounou, un des vizirs du roi Khéops. Une statue le représentant assis, avec un certain embonpoint, signe caractéristique de la réussite sociale pour les anciens Égyptiens, a été trouvée presque intacte dans son mastaba (tombeau) non loin de la pyramide de Khéops. C’est un des rares exemplaires de la statuaire civile de cette époque qui a été mis au jour. La sculpture appartient aujourd’hui au musée Roemer et Pelizaeus, à Hildesheim, en Allemagne.


Destinée à abriter la dépouille du pharaon Khéops (environ 2575 à 2130 avant J-C), la grande pyramide de Gizeh est la seule des sept merveilles du monde décrites dans l’Antiquité encore debout. Quatre mille cinq cents ans après sa construction, elle est presque intacte. Ses dimensions sont impressionnantes pour l’époque : une hauteur de 137 m aujourd’hui, contre 146 à...

commentaires (1)

Je pense que l'ecrivain Naguib Mahfouz a ecrit un livre "La Malédiction de Râ" en concernant la construction de cette pyramide. C'est impressionant l'histoire egyptienne.

Stes David

21 h 08, le 12 mai 2020

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Je pense que l'ecrivain Naguib Mahfouz a ecrit un livre "La Malédiction de Râ" en concernant la construction de cette pyramide. C'est impressionant l'histoire egyptienne.

    Stes David

    21 h 08, le 12 mai 2020