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Coronavirus

En Tunisie, une internaute poursuivie pour une parodie du Coran



Photo prise à Tunis, le 4 mai 2020. AFP / FETHI BELAID

La justice tunisienne a décidé mercredi de poursuivre une étudiante pour "atteinte au sacré et aux bonnes moeurs et incitation à la violence" après qu'elle a partagé sur les réseaux sociaux une parodie du Coran, a indiqué à l'AFP son avocate.

Emna Chargui, étudiante de 26 ans, a partagé le 4 mai sur sa page Facebook une parodie du Coran intitulée "sourate corona", qui parle de la pandémie de Covid-19 en imitant le style du texte sacré. "Il n'y a pas de différence entre rois et esclaves, suivez la science et laissez les traditions", peut-on lire dans le texte à la conclusion ironique "ainsi parle le grand Jilou", un nom de divinité inventé. Le parquet a ouvert une enquête et elle a été convoquée le 5 mai au poste de police à la Kasbah à Tunis, a indiqué son avocate Inès Trabelsi.

Mercredi, elle a été entendue par un procureur général du tribunal de première instance de la capitale qui a décidé de la poursuivre pour "atteinte au sacré", "atteinte aux bonnes moeurs et incitation à la violence", a ajouté l'avocate, précisant que l'internaute était actuellement libre.

Selon Me Trabelsi, l'étudiante est poursuivie en vertu de l'article 6 de la Constitution qui stipule que "l'État protège la religion". La loi fondamentale votée en 2014, fruit d'un compromis historique, prévoit que l'Etat "garantit la liberté de croyance, de conscience" tout en s'engageant à "protéger le sacré et empêcher qu'on y porte atteinte". Le 28 mai, elle doit comparaître devant la Cour correctionnelle du tribunal de première instance, a ajouté l'avocate.

Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont dénoncé une publication "provocatrice" et "irrespectueuse" et approuvé les poursuites judiciaires, tandis que d'autres les ont déploré, les qualifiant d'atteinte à la liberté d'expression. 

Des représentants de la société civile ont exprimé mardi leur crainte que cette affaire cache l'intention des autorités de faire "taire les gens". "La convocation par la police d'une citoyenne tunisienne, pour un texte qui utilise le style du Coran, fait vraiment rire mais c'est un rire qui fait pleurer", a réagi l'islamologue Olfa Youssef. "On n'est quand même pas aujourd'hui en train d'activer des lois pour faire taire les bouches?", s'est-elle inquiétée. Dans un communiqué, l'Observatoire national pour la défense du caractère civil de l'Etat a "exprimé son vif étonnement de l'ampleur qu'a pris cette affaire (...) et appelé à respecter la liberté d'expression".


La justice tunisienne a décidé mercredi de poursuivre une étudiante pour "atteinte au sacré et aux bonnes moeurs et incitation à la violence" après qu'elle a partagé sur les réseaux sociaux une parodie du Coran, a indiqué à l'AFP son avocate.

Emna Chargui, étudiante de 26 ans, a partagé le 4 mai sur sa page Facebook une parodie du...