Un camp de réfugiés dans la Békaa. Photo CEMO
« Personne ne doit être oublié ! Ce n’est qu’ensemble que l’on peut sortir de cette situation, en tant qu’humanité entière », a récemment affirmé le pape François, évoquant la pandémie de coronavirus. C’est dans la fidélité à cette directive que le Conseil des Églises du Moyen-Orient (CEMO), dont le siège est à Beyrouth, et le Haut- Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont joint leurs efforts, en association avec l’Institut de politique publique et des relations internationales de l’AUB et la Fondation Adyan, pour lancer lundi 27 avril un appel à la solidarité avec les communautés de réfugiés et de déplacés au Liban et au Moyen-Orient.
L’appel conjoint met l’accent sur « la responsabilité collective » dans la lutte contre la pandémie. « Que ce soit en fonction de la croyance religieuse ou sur base d’un document de l’ONU (…), précise le texte, il est nécessaire de réitérer les constantes suivantes :
1) L’égalité en dignité de tous devrait être la boussole morale guidant notre travail (…).
2) La philosophie de la solidarité sociale exige que l’on évite dans la gestion de la crise de chercher des boucs émissaires, mais que l’on agisse toujours sur la base des principes du bien commun et du respect de tous les droits de la personne, à commencer par son droit à la vie.
3) Les réfugiés, les personnes déplacées et les migrants (…) ont été contraints, en raison des conditions difficiles, de quitter leurs maisons et leurs familles, et ils méritent notre soutien et l’accès au même traitement, et surtout notre respect en tant qu’êtres humains.
4) Les initiatives d’action sociale, d’aide et de coopération sont les plus nécessaires à ce stade, ainsi qu’un éveil de notre conscience morale mondiale pour embrasser de bonnes relations et renforcer la communication entre tous les acteurs de nos communautés : hôtes, migrants et réfugiés. (…) Le lien de fraternité humaine qui nous rassemble est plus fort que toute pandémie et barrière. »
Cet appel, explique le P. Fadi Daou, fondateur d’Adyan, « est à relier à la vision du pape François relative à la responsabilité sociale des religions ». Il vise d’abord, ajoute-t-il en substance, à éveiller les sociétés et instances civiles et religieuses à leurs responsabilités, mais il possède aussi une dimension sociale préventive. Il met en garde contre l’exclusion de certaines catégories non favorisées du droit aux soins de santé.
Pour Ziad el-Sayegh, conseiller de politiques et de communication au CEMO, « la pandémie a introduit l’humanité dans un nouvel âge de son histoire ». Selon lui, « la phase de sortie de la pandémie ne sera pas moins délicate que la phase actuelle, notamment sur les plans économique et social, la perte d’emplois, la récession. Il y a donc un grand risque de voir réapparaître un discours idéologique d’exclusion et de stigmatisation. C’est pourquoi il est important de réaffirmer certains principes fondamentaux de la doctrine sociale de l’Église, comme ceux de la solidarité sociale. Il s’agit de réveiller la boussole éthique du monde ».
« Nous travaillons sur les perceptions, insiste M. Sayegh. Les politiques publiques, ce sont d’abord des perceptions. Nous voulons que chaque instance religieuse, dans son rapport avec la sphère publique, agisse dans le sens du bien commun, indépendamment des difficultés immédiates, de sorte à ce que soit préservée et exaltée la dignité humaine. »


C'est triste de voir ca on dirait l'Inde
17 h 51, le 30 avril 2020