Cette année, la fête du Travail nous invite à mettre en relief différents aspects que la crise du coronavirus a mis en relief : d’abord que dans le monde il y a beaucoup de personnes bonnes; que le progrès doit aller de pair avec le respect de la nature ; que nous dépendons les uns des autres ; que nous sommes vulnérables et que pour être humaine une société a besoin de solidarité.
Comme réponse à la pandémie, ce sont surtout les professions relatives aux soins des personnes qui sont mises en évidence. Les termes se rapportant au verbe « soigner » occupent le devant de la scène : accompagner, pleurer, protéger, écouter… Cette situation nous fait réfléchir sur le « pourquoi » et le « jusqu’où » de chaque travail. D’une certaine manière, nous comprenons mieux que le service est l’âme de la société, ce qui donne un sens au travail.
Le travail est plus qu’une nécessité ou un produit. Le livre de la Genèse signale que Dieu a créé l’homme pour qu’il travaille et prenne soin du monde. Le travail n’est pas un châtiment, mais la situation naturelle de l’être humain dans l’univers. En travaillant, nous établissons une relation avec Dieu et avec les autres, et chacun peut mieux se développer comme personne.
La réaction exemplaire de tant de professionnels et professionnelles, croyants ou non, devant la pandémie, a mis en évidence cette dimension de service et aide à penser que le destinataire ultime de chaque tâche ou profession est une personne concrète, quelqu’un qui a une dignité incomparable. Tout travail noble revient, en fin de compte, à « prendre soin de certaines personnes ».
Lorsque nous cherchons à bien travailler en nous ouvrant aux autres, notre travail acquiert un sens complétement nouveau et peut être l’occasion d’une rencontre avec Dieu. Il est très bon d’intégrer dans le travail, même le plus routinier, la perspective de la personne qui est celle du service qui va au-delà de la rétribution acquise.
À l’instar des premiers chrétiens, se vérifie avec force le potentiel de chaque laïc qui cherche à être témoin de l’Évangile, au coude-à-coude avec ses collègues, partageant la passion professionnelle, l’engagement et l’humanité au contact de la souffrance présente provoquée par la pandémie et l’incertitude future.
Tout chrétien est « Église » et, malgré ses propres limitations, en union avec Jésus-Christ, il peut porter l’amour de Dieu dans le « torrent circulatoire de la société » comme le prêchait saint Josémaria en parlant de la sainteté à travers le travail professionnel. Par notre travail et notre service nous pouvons actualiser les soins que Dieu procure à chaque personne.
La célébration du premier mai est aujourd’hui aussi une préoccupation pour le futur, pour l’insécurité au plan du travail à court et moyen terme. Nous, catholiques, avons recours avec une force spéciale à l’intercession de saint Joseph artisan, afin que personne ne perde l’espérance et que nous sachions nous adapter à la nouvelle réalité. Nous demandons au saint patriarche qu’il illumine ceux qui doivent prendre des décisions et qu’il nous aide à comprendre que le travail est pour la personne et non l’inverse.
Au cours des prochains mois ou années, il sera important de « garder en mémoire » ce que nous avons vécu, comme le demandait le Papa François et nous rappeler que « nous nous sommes rendu compte que nous étions dans la même barque, tous fragiles et désorientés ; mais, en même temps, importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble ».
Comme ce serait bien que ce premier mai nous porte à désirer que la liberté récupérée au terme du confinement soit vraiment une liberté au « service des autres ». Le travail deviendra alors, conformément au dessein de Dieu dès le début, soin du monde et en premier lieu des personnes qui l’habitent.
Prélat de l’Opus Dei
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef