Depuis mercredi après-midi et tout au long de la journée d’hier, les milieux médiatiques ont attendu un communiqué du Hezbollah au sujet de l’attaque israélienne contre Jdeidet Yabous, à quelques mètres du poste de la Sûreté générale syrienne près de la frontière avec le Liban. Mais après avoir annoncé la publication d’un tel communiqué, le parti chiite ne semble pas vouloir commenter l’attaque.
Il ne s’agissait pourtant pas d’une opération banale, ni dans son timing, ni dans sa forme, ni même dans le lieu choisi. Mais si le Hezbollah a préféré ne pas la commenter, c’est d’une part parce qu’il considère utile de laisser l’ennemi dans le doute au sujet de ses intentions, et d’autre part parce qu’elle fait l’objet d’un examen approfondi de la part de ses cadres spécialisés, avant de décider de la riposte, qu’elle soit verbale ou non.
Ce qui est sûr jusqu’à présent, c’est qu’un drone militaire israélien a mené l’attaque à partir du Liban en territoire syrien, contre une voiture aux vitres fumées, qui avait à son bord quatre membres du Hezbollah. L’attaque a eu lieu en deux temps. D’abord l’envoi d’un premier missile qui est tombé devant le véhicule, permettant ainsi aux passagers de se dégager rapidement, et ensuite l’envoi d’un second missile qui a atteint la voiture de plein fouet.
Il faut aussi préciser que cette attaque intervient après une intensification au cours des derniers jours des survols de drones israéliens au-dessus du Liban, en particulier de la capitale Beyrouth. Elle intervient aussi près de deux semaines après l’assassinat d’un cadre du Hezbollah au Liban-Sud, Mohammed Ali Younès, que le parti a considéré comme un martyr et que des sources proches de la formation ont attribué au Mossad.
Faut-il donc en déduire que les Israéliens auraient l’intention d’entraîner le Hezbollah dans une confrontation plus large en multipliant les provocations, et cela pour cacher l’impasse politique dans laquelle ils se trouvent ?
Selon des sources proches du parti, cette hypothèse pouvait se vérifier il y a quelques années, avant l’instauration de ce qu’il appelle « l’équilibre de la dissuasion », qui empêche les Israéliens de déclencher une confrontation avec le Hezbollah par crainte de sa capacité à riposter. Les Israéliens préfèrent donc lancer des attaques limitées et bien calculées pour ne pas susciter une riposte de grande envergure. Une guerre des services sournoise a donc bien lieu, mais elle ne devrait pas se transformer en confrontation plus large.
Toujours selon les sources proches du Hezbollah, les Israéliens ont ainsi sciemment choisi de mener l’attaque par le biais d’un drone, sachant qu’une attaque aérienne en Syrie exige que les forces russes en soient informées au préalable. Ensuite, ils ont choisi d’attaquer des membres du Hezbollah en territoire syrien, parce que la Syrie est considérée comme un terrain de confrontation ouvert. Enfin, le drone a lancé un premier missile qui est tombé devant la voiture, permettant ainsi aux passagers de s’enfuir. Selon les sources précitées, s’il ne s’agit pas d’une erreur de programmation, cela signifie que les Israéliens ne voulaient pas tuer les passagers et par conséquent qu’ils ne cherchaient pas l’escalade. Le message israélien serait donc le suivant : nous continuerons à vous poursuivre en Syrie, mais nous ne cherchons pas à modifier les règles de la confrontation.
À cet égard, il faut préciser que le Hezbollah est resté discret sur l’identité des personnes qui étaient dans la voiture prise pour cible, se contentant de laisser entendre qu’il n’y avait pas de responsables parmi eux. Ceux-ci rentraient d’une mission en Syrie, comme beaucoup de leurs compagnons. Quant aux missions classées secrètes, elles ne se réalisent pas de cette façon, avec des déplacements en plein jour dans une voiture qui attire l’attention par ses vitres fumées et par son passage en période de fermeture des frontières...
Toujours selon les mêmes sources, les Israéliens ont voulu montrer au Hezbollah qu’ils restent les maîtres du ciel. En lançant le drone militaire, ils ont indirectement répondu à la menace lancée l’an dernier par le secrétaire général du Hezbollah à la suite du survol par deux drones israéliens de la banlieue sud de Beyrouth, lorsqu’il avait dit que son parti compte désormais attaquer les drones israéliens qui survolent le Liban, se réservant toutefois le droit d’agir quand il le juge bon.
De son côté, le Hezbollah avait concentré ses efforts au cours des dernières semaines sur son plan de lutte contre le coronavirus (non pour remplacer l’État mais pour compléter ses efforts, avait précisé le numéro 2 du parti, le cheikh Naïm Kassem) en mobilisant un dispositif regroupant 24 000 personnes (médecins, secouristes, infirmiers, aides-soignants, ambulanciers, etc.) et de grands moyens. Mais il a pris soin de préciser que cette mobilisation pour lutter contre le coronavirus ne signifie pas qu’il a mis un bémol à la lutte contre les Israéliens.
Ceux-ci se sont donc rappelés à son souvenir, en attaquant la voiture à Jdeidet Yabous, dans un échange de messages que les deux parties comprennent bien, et qui visent essentiellement à tester leurs dispositions réciproques, sous le plafond des lignes rouges que, pour l’instant, ils continuent de respecter.
Pour mémoire
Survol intensif de Beyrouth et ses banlieues par des drones et avions israéliens
Madame Haddad, j'aurais plus demander a savoir pourquoi le Hezbollah est en Syrie et surtout au Golan. Selon ma vision c'est une attaque du Hezbollah contre Israel sous la couverture de l'armee Syrienne. Ceci peut constituer un prelude a un nouveau 2006. Nous savons tres bien que Notre Nasnous, ne fait jamais ce qu'il veut. Si l'Iran lui dit d'attaquer il est OBLIGE de le faire. Et puis c'est en Syrie. On s'en fou eperduement! Les fous de Dieu se croient superieur aux autres. En realites ce sont de pauvres pantins, perdu et sans vrai but dans une vie normal. Alors WHO CARES!!! Le moins qu'il y en aura le mieux le Liban se portera!
20 h 02, le 18 avril 2020