Souraya Bechealany, secrétaire générale du CEMO : « L’épidémie de Covid-19 nous a donné envie de revenir à nous-mêmes. » Archives CEMO
La secrétaire générale du Conseil des Églises du Moyen-Orient (CEMO), Souraya Bechealany, a salué depuis Beyrouth, où se trouve le siège du conseil, le message que son homologue de l’ONU, Antonio Guterres, a adressé aux chefs religieux du monde, en date du 11 avril, les exhortant à faire face au Covid-19, que l’OMS a qualifié d’« ennemi de l’humanité ». À son tour, elle a invité l’organisation onusienne à une vigilance accrue pour moraliser les relations internationales et les échanges entre pays riches et pauvres, grâce à une bonne gouvernance qui comprendrait la prévention de la guerre, des échanges commerciaux équitables et une politique respectueuse de l’environnement.
« En ces moments difficiles, construire des ponts de solidarité et développer des mécanismes de coopération pour la protection des êtres humains et de leur dignité est un objectif incontournable que nous cherchons à atteindre, main dans la main, avec les organes et agences des Nations unies, à travers des programmes et des projets, dans les limites des ressources disponibles », a commencé par affirmer Mme Bechealany dans son message.
« L’épidémie de Covid-19 nous a donné envie de revenir à nous-mêmes, de contempler notre relation avec Dieu, avec l’univers, avec les individus et les communautés. (…) Par conséquent, il faut une prise de conscience non conventionnelle ainsi qu’une approche morale des politiques publiques de consolidation de la paix, de la justice sociale et du développement durable », a-t-elle ajouté.
« Cette prise de conscience, souligne la secrétaire générale du CEMO, présuppose la reconnaissance du droit à la différence » et « un dialogue rationnel sur la base que les êtres humains qui ont été créés à l’image de Dieu ont des responsabilités envers leurs frères humains mais aussi envers les éléments qui composent ce beau cosmos ».
La secrétaire générale du CEMO a ensuite exprimé son appréciation pour les efforts de l’ONU dans « la consolidation de la paix et la protection des droits de l’homme », qui convergent avec ses propres objectifs, « en particulier dans les sociétés les plus pauvres et dans les zones de conflit, ce qui entraîne des tragédies, des blessures, des déplacements, la destruction massive des infrastructures et la rupture du tissu social ».
Elle a conclu son message en souhaitant une revitalisation par l’ONU « de la dynamique de la prévention des guerres », et en affirmant que « s’attaquer aux causes profondes de la guerre » est tout aussi important « qu’assurer une bonne gouvernance (…) pour combler le fossé entre riches et pauvres ».

