Le monde tremble, c’est grave, des milliers de morts sans guerre, les États obligent leurs populations au confinement, les frontières entre les pays se ferment, la peur s’installe et l’incertitude règne.
Pourquoi sommes-nous arrivés à ce stade ? Pourquoi tous les systèmes d’intelligence réelle ou virtuelle, d’espionnage perfectionné ou les satellites à la pointe ne sont pas arrivés à prédire cette catastrophe pandémique ? Est-ce l’échec de notre monde ou le début progressif d’un nouveau monde ?
Loin des théories de complot qui circulent sur le marché de spéculation ou de science-fiction, loin des prophètes qui annoncent jour et nuit la colère de Dieu qui tombe sur nos têtes à cause de nos péchés, loin aussi d’un fantasme scientifique qui imagine une fabrication dans un laboratoire de Covid-19, loin de toutes ces théories militaires, religieuses, scientifiques ou pharmaceutiques, une vérité se cache derrière ce qui advient et ravage le monde entier.
La première vérité, c’est que nous sommes dans une catastrophe mondiale, qui se chiffre en milliers de morts et d’infectés de toutes nations, races et catégories sociales. La deuxième vérité, c’est l’impuissance mondiale face à cette pandémie, l’inégalité sanitaire selon le pays, l’âge et le niveau social, et la nécessité de la solidarité nationale et mondiale. La troisième vérité, c’est que nous ne savons rien sur demain, nous ne possédons pas l’avenir, nous ne sommes plus les maîtres de monde, l’avenir nous échappe !
Ce n’est pas la fin du monde, mais peut être la fin de ma vie ou celle d’un proche si je ne fais pas attention, si je ne respecte pas les consignes sanitaires, si je ne me rends pas compte que ma vie est liée à la vie des autres.
Ce n’est pas la troisième guerre mondiale, mais peut-être la guerre entre deux villages ou deux voisins qui cherchent à se protéger, à se nourrir ou à se défendre par peur de l’autre.
Ce n’est pas le retour du Christ, mais c’est, sans doute, le retour de pratiques superstitieuses, du marché de la religion réduite à l’« opium du peuple », de l’usage de sacré au profit de certaines personnes, de parasites religieux qui cherchent à être sur l’écran par tous les moyens, de manipulation religieuse qui profite du malheur des gens et cherche à amplifier leur peur pour mieux les exploiter.
Oui, l’heure est « grave » et le pire, c’est quand nous arrêtons de poser les justes questions au bon moment, quand nous devenons lâches face à cette réalité qui nous dépasse, et quand, au lieu d’agir et de veiller au sens de la solidarité nationale et mondiale, nous fuyons dans des pratiques superstitieuses ou païennes. Oui, l’heure est venue avec sa souffrance, mais c’est aussi l’heure de la gloire, de l’homme debout devant l’abîme, devant le gouffre de la mort, avec une confiance que ce n’est pas la fin de mon histoire.
La religion nous donne la foi, l’espérance et la charité. La raison pratique nous oblige d’agir correctement pour le bien universel. C’est sur la ligne de crête entre l’une et l’autre qu’avance l’homme avec espérance, fidèle au message de l’Annonciation.
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