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Tout le monde n’a pas le génie d’Isaac Newton

Pour sortir la tête de l’étouffant Covid-19, voici le parcours d’Isaac Newton, confiné pendant deux ans à cause d’une épidémie de peste, dans une parenthèse qui s’est avérée essentielle pour la science.

Le pommier actuel du domaine, issu d’une repousse de l’arbre d’origine. Photo DR

La pomme de Newton, cette célèbre expression devenue virale a vu le jour en des temps sombres, frappés par le fléau mortel de la peste. La légende dit que le célèbre mathématicien, physicien et astronome anglais (1643-1727) lisait sous un pommier et qu’un fruit de cet arbre lui est tombé sur la tête. Ce qui lui a fait se demander : « Pourquoi la pomme est-elle tombée au sol plutôt que de s’envoler vers le ciel ? » Même si cela paraissait évident, il a voulu creuser davantage la question. Pour que la pomme tombe vers le bas, elle doit être attirée par une force. À partir de ce constat du phénomène d’attraction, méconnu avant lui, Isaac Newton élabore la loi de la gravitation universelle. Cependant, l’histoire de la pomme ne serait qu’une légende. C’est ainsi que l’un de ses proches, John Conduitt, relate les faits : « Alors qu’il rêvassait dans un jardin, lui est venue l’idée que la force de gravité (qui fait qu’une pomme tombe de l’arbre sur le sol) ne se limitait pas à une distance donnée de la terre. Mais qu’elle devait s’étendre plus loin que l’on pense habituellement. » « Pourquoi pas jusqu’à la lune, avait-il dit ».

La « distanciation sociale », cinq siècles auparavant

Si le pommier initial qui a suscité la découverte de Newton a été abattu à la suite d’une tempête en 1816, un autre arbuste, qui serait issu d’une repousse en 1820 de l’arbre originel, est toujours solidement enraciné dans ce jardin situé dans le domaine familial de Woolsthorpe Manor, un manoir transformé depuis en musée. Si Isaac Newton se promenait alors dans ce jardin, c’est parce que l’université de Cambridge, où il était inscrit, avait renvoyé ses étudiants chez eux pour échapper à la grande épidémie de peste qui, en 1665, sévissait en Angleterre. La semaine dernière, la journaliste Gillian Brockell a établi dans les colonnes du Washington Post un parallèle entre les conséquences de la pandémie de Covid-19 dans le monde et la situation causée par l’épidémie de peste il y a cinq siècles. « Il a fallu 200 ans pour découvrir la nature de la bactérie qui a causé la peste. Entre-temps, les gens pratiquaient certains de nos moyens pour éviter de tomber malade. Ils avaient notamment opté pour un genre de distanciation sociale, identique à celle imposée actuellement pour freiner le coronavirus », écrit-elle notamment. D’où, le renvoi des étudiants de l’université d’Oxford dans leurs familles respectives. Ce n’est qu’au bout de deux ans de réclusion forcée, qu’Isaac Newton retourne, en 1667, à l’université de Cambridge avec des théories scientifiques inédites dans ses tablettes.

Un temps d’isolement productif

Au bout de six mois, le voilà nommé professeur assistant. Il accède au titre de professeur deux ans plus tard. Puis, Newton continue l’irrésistible ascension qui fera de lui une figure emblématique de la science, mais aussi des mathématiques et de la philosophie grâce à ses profondes connaissances en physique, alchimie, astronomie et théologie.

Le jeune étudiant qu’il était avait mis son temps d’isolement à profit. Travaillant sans l’orientation de ses professeurs, il n’en a pas moins donné le meilleur de lui-même, devenant, par la suite, l’un des plus grands génies de la science. Il a d’abord poursuivi ses recherches sur des problèmes mathématiques qu’il avait débutés à l’université de Cambridge, ce qui l’a notamment mené à établir le calcul infinitésimal. Puis, il s’est procuré des prismes pour effectuer des expériences dans sa chambre à coucher, allant même jusqu’à faire un trou dans les volets de sa fenêtre, afin que ne pénètre qu’un petit rai de lumière. Grâce à ce procédé improvisé, Newton développe ses concepts optiques, mettant au point une théorie de la couleur selon laquelle un prisme décompose la lumière blanche en un spectre visible. Il a aussi inventé le télescope à réflexion composé d’un miroir primaire concave, baptisé depuis le télescope de Newton. Le scientifique se voit anobli en 1705 par la reine Anne.

Ses découvertes demeurent, de même que l’historique Woolsthorpe, ce manoir familial qui a abrité les années de génie de Newton, et qui est devenu depuis un musée que l’on peut visiter (en temps de non-confinement). Les visiteurs se font photographier devant le pommier, planté à l’endroit du Pommier de Newton, qui est entouré d’une petite clôture de protection. À défaut de pouvoir s’y rendre actuellement, (le manoir se trouve à 100 km de la ville de Cambridge), on peut en faire un tour virtuel en ligne (www.nationaltrust.org.uk/woolsthrope-manor)



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