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Nos lecteurs ont la parole - Fady Stephan

Le cèdre et les saules

Il est des périmètres, des jardins en triangle, des lieux près desquels parfois vous passez, et où vous vous sentez bien. Là sont des personnes que vous aimez et qui vous aiment. Il y a ainsi à Deir el-Qamar une maison dans notre voisinage, où sont des saules pleureurs. C’est la maison familiale des Karam, qu’Issam Karam avec amour avait restaurée. J’ai été quelquefois l’y voir, lui demander conseil pour mes travaux.

Dès la première rencontre, je m’aperçus que j’étais en présence d’un homme hors du commun. D’abord, je vis qu’il suivait mes divers travaux, ensuite que parfait arabophone, il était néanmoins au courant de toute la publication littéraire occidentale, ayant lu la grande littérature, mais aussi jusqu’au tout dernier roman de Françoise Sagan. Il y a quelques années, il avait offert son immense bibliothèque au Collège de la Sagesse. Cela se doublait d’une culture juridique universelle. C’est de pareils hommes, me dis-je, dont nous avons besoin. Issam Karam, l’ancien bâtonnier des avocats, le seul à avoir été nominé à ce poste deux fois, était certainement de la trempe de ceux dignes de tenir une république en main.

Le jardin carré à pelouse doucement verte et ses saules pleureurs agités par le vent me rappelleront désormais toujours quand je passerai à côté, que là vivait un homme d’une droiture exceptionnelle, un ami exemplaire et surtout un implacable justicier, qui n’avait certainement pas froid aux yeux, un de ceux capables de redresser la barre de notre navire en perdition. Tant qu’il existera des hommes comme Issam Karam, je ne désespérerai jamais d’un Liban éternel, que nous allons retrouver.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Il est des périmètres, des jardins en triangle, des lieux près desquels parfois vous passez, et où vous vous sentez bien. Là sont des personnes que vous aimez et qui vous aiment. Il y a ainsi à Deir el-Qamar une maison dans notre voisinage, où sont des saules pleureurs. C’est la maison familiale des Karam, qu’Issam Karam avec amour avait restaurée. J’ai été quelquefois l’y voir, lui demander conseil pour mes travaux. Dès la première rencontre, je m’aperçus que j’étais en présence d’un homme hors du commun. D’abord, je vis qu’il suivait mes divers travaux, ensuite que parfait arabophone, il était néanmoins au courant de toute la publication littéraire occidentale, ayant lu la grande littérature, mais aussi jusqu’au tout dernier roman de Françoise Sagan. Il y a quelques années, il avait offert son...
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