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Nos lecteurs ont la parole - Nanette Ziadé Ritter

Au temps du coronavirus

J’avoue être perturbée par tout ce que je lis en ce moment sur le coronavirus. On dirait qu’il gagne toutes les batailles et que c’est à lui que revient la croix du Mérite. Mérite de faire réfléchir l’humanité sur son mode de vie, sa façon de consommer, sa façon d’aimer, sa façon de s’ouvrir aux autres. C’est résolument très réducteur de la dimension humaine. Et c’est aussi faire montre d’une mémoire très courte. Cela fait un moment que créateurs, entreprises et consommateurs repensent leur vision du monde. Ce que le coronavirus fait, c’est déclencher une crainte irrationnelle parce qu’il nous place face à l’inconnu. Et l’inconnu, c’est le pire ennemi de l’homme dont l’emprise sur tout doit être absolue. Pour relativiser, il suffit de se souvenir des pluies d’obus qui tombaient sur nos têtes et qui faisaient bien plus de morts. Non que je minimise sa capacité à détruire, mais des virus, l’humanité en a connu et pas des moindres. Souvenons-nous de la grippe espagnole qui avait fauché entre 50 et 100 millions d’individus. On est très loin de ce genre de chiffres. Rester chez soi pour enrayer la propagation, tout simplement parce que des imbéciles, il y en aura toujours pour occulter les gestes d’hygiène et de précaution élémentaires, mais retenir son souffle et s’infliger un stress des plus lourds est une autre paire de manches. J’ignore combien de temps durera cette quarantaine, mais oublions l’extérieur, les réseaux sociaux surtout, et considérons cette période comme des vacances qu’on a tous certainement méritées après de longues années de labeur. Du pain bénit. Faisons aujourd’hui ce que nous remettons systématiquement au lendemain par manque de temps… et attendons que ce virus se décide à aller rendre visite à d’autres planètes le temps qu’on réalise combien la nôtre a besoin qu’on la soigne. Jean Giono nous disait déjà dans les années 30 que l’avidité de l’homme le mènerait à sa perte ; tentons de ne pas lui donner raison..

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

J’avoue être perturbée par tout ce que je lis en ce moment sur le coronavirus. On dirait qu’il gagne toutes les batailles et que c’est à lui que revient la croix du Mérite. Mérite de faire réfléchir l’humanité sur son mode de vie, sa façon de consommer, sa façon d’aimer, sa façon de s’ouvrir aux autres. C’est résolument très réducteur de la dimension humaine. Et c’est aussi faire montre d’une mémoire très courte. Cela fait un moment que créateurs, entreprises et consommateurs repensent leur vision du monde. Ce que le coronavirus fait, c’est déclencher une crainte irrationnelle parce qu’il nous place face à l’inconnu. Et l’inconnu, c’est le pire ennemi de l’homme dont l’emprise sur tout doit être absolue. Pour relativiser, il suffit de se souvenir des pluies d’obus qui tombaient sur...
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