L’ex-responsable de la milice pro-israélienne de l’Armée du Liban-Sud, Amer Fakhoury. Photo d'archives ANI
"Depuis le premier jour de détention de l'agent Fakhoury, les pressions et les menaces américaines ont été formulées secrètement et publiquement afin de forcer le Liban à le libérer alors que tous les crimes qui lui sont reprochés ont été prouvés (...)", affirme le Hezbollah dans un communiqué. "Dans une décision inattendue, le tribunal militaire a pris cette décision erronée, faisant fi de toutes les blessures et la douleur (...)", poursuit le parti chiite. "Il s'agit d'un jour triste pour le Liban et la justice, et cette décision provoque une déception et une colère", affirme le Hezbollah. "Il aurait été plus honorable aux membres du tribunal militaire de démissionner au lieu de se soumettre aux pressions", estime encore le parti. Et de conclure : "Nous appelons la justice à prendre conscience de l'atteinte portée à sa réputation et son indépendance (...)".
Accusé de meurtres, tentatives de meurtre, enlèvements et tortures à partir de 1985, Amer Fakhoury a été arrêté le 12 septembre 2019, sous la pression de l’opinion publique et notamment des anciens détenus de la prison de Khiam.
En 1996, M. Fakhoury avait été condamné par contumace à 15 ans de prison pour collaboration avec Israël. Se croyant couvert par la prescription, il est rentré au pays en septembre dernier, ne s’attendant pas à ce que les autorités l’appréhendent pour d’autres crimes, notamment la torture et la mort d’anciens détenus, ou l’obtention présumée de la nationalité israélienne.
Fin février, la sénatrice américaine démocrate Jeanne Shaheen, qui se mobilisait pour obtenir la libération de l’ancien responsable de l’ALS, avait annoncé avoir présenté un projet de loi bipartisan avec le sénateur républicain Ted Cruz, prévoyant des sanctions contre les responsables libanais impliqués dans la détention ou l’arrestation de tout citoyen américain au Liban. Ce projet de loi sur "la tolérance zéro pour les détentions illégales" de citoyens américains au Liban (Zero Tolerance Act) intervient "après le refus des autorités libanaises de libérer le citoyen américain Amer Fakhoury, détenu illégalement à Beyrouth depuis septembre 2019 et qui souffre d’un cancer de stade 4", avait annoncé la sénatrice dans un communiqué.

