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Nos lecteurs ont la parole - Jean-Paul Moubarak

Espérons

A-t-on encore le droit d’espérer ? Je commence par une question existentielle que plus personne ne se pose vu l’état catastrophique du pays. L’espoir ne fait plus partie de notre dictionnaire. Enfin, c’est ce qu’il paraît surtout après certains chiffres alarmants sur les cerveaux qui ont émigré ces six derniers mois, sur le taux de chômage qui augmente à une vitesse astronomique, sur les fluctuations des taux de change, etc. Bref, sur toutes sortes d’éléments qui nous permettent de dire que nous sommes loin de (re)devenir la Suisse du Moyen-Orient.

Tout le monde a raison. On va supposer que nous sommes à l’École des fans (pour ceux qui connaissent) et que toutes les raisons de sombrer dans une déprime abominable, voire suicidaire, face à une situation inextricable sont justifiées et bien réelles. Ne nous leurrons pas. Certains me disent que nous sommes tombés vraiment très, très bas avec une tête qui ferait pleurer un mort. Dieu merci, nous n’avons pas encore de métro pour tomber plus bas.

Trêve de bavardage ! A-t-on encore le droit d’espérer ? Jouons les avocats du diable. Moi je vous le dis et, dans une vision purement utopique, à titre personnel, je répondrai par l’affirmative. Car si nous n’aspirons plus à une vie meilleure dans notre pays, c’est que nous avons baissé les bras. C’est justement maintenant que nous n’avons pas le droit de le faire et qu’il faut se serrer les coudes. Pas au niveau politique ! Non ! Soyons réalistes. Et pas au niveau anarchiste révolutionnaire. Ça ne tient pas ! On croyait que ça tiendrait mais personne n’a écouté ou plutôt n’a voulu entendre.

Se serrer les coudes correspondrait dans cette optique à s’entraider mutuellement. Tout n’est pas dans la recherche du dollar qu’un malheureux caissier laisserait malencontreusement traîner sur son comptoir. Mais bien plus que cela ! La solution est en nous, en ceux qui restent et qui veulent continuer à profiter de la vie. Je ne parle pas des exubérants qui continuent à étendre leurs fastes outrageusement alors qu’il y a un tapis de personnes qui crèvent de faim et de froid autour d’eux. Ceux-là n’ont plus rien à espérer. Ils ont déjà tout eu. Donc, un peu moins ne leur ferait pas de mal (et tant pis si je choque!). Non ! Je parle de ceux qui veulent et qui peuvent aider leur prochain, ceux qui ont encore la volonté de faire vivre et surtout de voir vivre, ceux qui connaissent encore la notion de sacrifice et ont ouvert les yeux sur la pauvreté. Ce sont ceux-là la majorité qui doit arrêter de se plaindre et trouver une solution pour montrer que le Liban a besoin de vivre.

Nous pouvons espérer à un mieux. Au niveau du peuple, l’entraide peut se faire. Si les services ne sont pas créés, la volonté de s’aider devrait voir le jour. C’est ça l’espérance qui montrera qu’il y a un mieux, aussi léger soit-il.

Malheureusement, nous ne nous rendons pas compte de cela et continuons à geindre et à grogner face à un directeur de banque ingrat ou à une augmentation du prix des langes ou du pain. Tout a une solution. Mais il faut y penser. Rester dans l’inaction nous plonge dans un état atroce de dépression. Ne me dites pas : que peut-on faire ? Libanais, la force est en vous et c’est à vous de la faire sortir. Allez au-delà des imperfections de vos dirigeants et au-delà des analyses qui vous jettent la réalité au visage. Souriez et dites-vous que vous pouvez trouver une solution, aussi minime soit-elle.

Tous, on doit s’unir, indépendamment de nos idées politiques. Ce n’est pas la politique des idées et des promesses qui redressera petit à petit l’économie du pays mais bien celle du peuple qui n’a besoin de personne pour survivre. Sa survie ne dépend que de lui.

Nous pouvons y arriver ! Je suis sûr! Mais il faut y croire et continuer d’espérer.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

A-t-on encore le droit d’espérer ? Je commence par une question existentielle que plus personne ne se pose vu l’état catastrophique du pays. L’espoir ne fait plus partie de notre dictionnaire. Enfin, c’est ce qu’il paraît surtout après certains chiffres alarmants sur les cerveaux qui ont émigré ces six derniers mois, sur le taux de chômage qui augmente à une vitesse astronomique, sur les fluctuations des taux de change, etc. Bref, sur toutes sortes d’éléments qui nous permettent de dire que nous sommes loin de (re)devenir la Suisse du Moyen-Orient.Tout le monde a raison. On va supposer que nous sommes à l’École des fans (pour ceux qui connaissent) et que toutes les raisons de sombrer dans une déprime abominable, voire suicidaire, face à une situation inextricable sont justifiées et bien réelles. Ne nous...
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