Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Pascale Stephan

Une révolte dans les règles de l’art

L’art d’émouvoir par l’art et l’art de faire une révolution grâce à l’art, les Libanais sont les meilleurs dans ce domaine, et leurs messages, en toute modestie, sont la quintessence de l’expression artistique.

Magnifiques, inégalables et sublimes sont les tableaux artistiques qu’ils exposent solennellement dans le musée de leur cœur, le Liban.

Leur obstination est de placer leur bien-aimé pays au cœur du monde. Leur priorité est de séduire et de fédérer par leur créativité.

Fructueuse, poétique et harmonieuse, leur façon d’entreprendre est parfaitement confectionnée dans les règles de l’art.

Débordant de créativité dans leur mode opératoire, ils impriment aisément la saveur de leur talent hors normes. Nos révolutionnaires se sont avérés être des artistes émérites.

Ce qu’on a vu défiler dans leurs manifestations et leurs mobilisations nous rappelle le travail de grands artistes : peintres, sculpteurs, chanteurs, écrivains, chorégraphes, et presque tous les domaines de l’art y sont représentés. Les slogans et les graffitis ingénieux, amusants et touchants qui interpellent, tels les tableaux d’artistes, et qui transmettent un cri de douleur où prévalent l’amertume et la consternation, et qui se veulent être l’expression d’une nostalgie d’un Liban meilleur, celui de leur idéal et de leurs aspirations. Des formules et des dessins qui sont devenus des emblèmes et qui vont droit au cœur.

Les discours prononcés lors des rassemblements sont si authentiques, si spontanés et si poétiques jusqu’à impressionner nos poètes les plus cocardiers et les plus patriotes. Je pense surtout à Saïd Akl qui aurait été encore plus fier de lui, plus fier d’être libanais et plus fier encore de son appartenance à ce pays.

L’émotion est à son apogée quand l’hymne national est chanté à l’aéroport de façon spontanée par nos compatriotes rentrant dans le pays. On dirait une chorale aguerrie, si parfaitement préparée pour présenter sa meilleure performance pour son seul et unique concert, le concert de la rentrée définitive dans son pays chéri.

Les rues et les places qui se transforment pour un temps, grâce à l’imagination débordante de nos jeunes, en des centres sportifs où des corps vivants bien sculptés s’exposent pour être médités et contemplés pour leur beauté et leur charme, et quand l’amour d’un pays rencontre ces sculptures, cela se traduit en un spectacle merveilleux et inédit par sa splendeur.

Sur les réseaux sociaux qui ont permis la libération de la parole, où non seulement des écrivains et des journalistes, des femmes et des hommes d’esprit, des artistes et des célébrités, mais également le commun des frustrés, s’expriment et enflamment la toile, ces derniers ont montré des richesses intellectuelles et littéraires sans précédent et avec beaucoup d’humilité et de passion, comme expressément pour contrer ce qu’a dit une fois Umberto Ecco sur les imbéciles qui s’expriment sur les réseaux sociaux : « Les réseaus sociaux ont donné le droit à la parole à des légions d’imbéciles qui avant ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd’hui, ils ont le même droit de parole qu’un Prix Nobel. » Et cette citation est en train de se poster en ces moments par les serviles et les lèche-bottes avec leur condescendance et leur orgueil.

Des tableaux humains avec des dizaines de milliers de Libanais organisés à la perfection, dignes des chorégraphies les plus grandioses, comme pour les cérémonies d’ouverture officielle des plus grandes compétitions mondiales, la leur, car dans leur détermination, ils veulent jeter à la face du monde leur combat, leur persévérance et leur engagement.

Le symbole témoin de la guerre de 75 a vu ses toits embellis par les couleurs de notre drapeau, il s’est enorgueilli d’être toujours là pour témoigner encore de la volonté d’un peuple avide de liberté ! Il participe fièrement à hisser trop loin sa quête vers le bonheur d’un vivre-ensemble, unis sous les trois bandes et le cèdre de la paix.

Et puis après tout, la plus belle et la plus pure forme de l’art dans cette révolution, c’est indubitablement l’expression érudite de nos jeunes qui ont su montrer avec beaucoup de lucidité, maturité et rationalité le refus de leur situation avec une précision aiguë et pointue, et qui ont su exposer leurs revendications dans leurs dialogues et interventions aussi impressionnants que convaincants, avec un apaisement et une civilité dignes des plus grands sages et des plus influents des artistes.

Boris Cyrulnik a récemment écrit un livre intitulé La nuit, j’écrirai des soleils.

Pour celles et ceux qui me disent qu’on est en train d’écrire l’histoire, je leur dis qu’on est en train d’écrire des soleils pour illuminer la nuit de notre pays qui n’a fait que trop durer, des soleils à leur zénith, très forts et très brillants.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

L’art d’émouvoir par l’art et l’art de faire une révolution grâce à l’art, les Libanais sont les meilleurs dans ce domaine, et leurs messages, en toute modestie, sont la quintessence de l’expression artistique. Magnifiques, inégalables et sublimes sont les tableaux artistiques qu’ils exposent solennellement dans le musée de leur cœur, le Liban.Leur obstination est de placer leur bien-aimé pays au cœur du monde. Leur priorité est de séduire et de fédérer par leur créativité.Fructueuse, poétique et harmonieuse, leur façon d’entreprendre est parfaitement confectionnée dans les règles de l’art. Débordant de créativité dans leur mode opératoire, ils impriment aisément la saveur de leur talent hors normes. Nos révolutionnaires se sont avérés être des artistes émérites.Ce qu’on a vu défiler...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut