La procureure générale près la cour d'appel du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun, qui avait exprimé hier son mécontentement quant aux nouvelles nominations judiciaires approuvées par le Conseil supérieur de la magistrature en annonçant sa démission, a affirmé samedi attendre que la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, et le CSM "corrigent les déséquilibres" de ce train de nominations.
"Les nominations judiciaires portent préjudice à de nombreux autres juges" que moi, a déclaré la juge à l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). Elle a déclaré, comme elle l'avait déjà fait vendredi, que ce train de nominations a un goût de "revanche personnelle". "Nous attendons de la ministre de la Justice et du CSM qu'ils "corrigent ces déséquilibres dans les critères observés" pour décider des nominations. "J'ai présenté ma démission au chef de l'Etat, Michel Aoun", a-t-elle souligné. Et d'estimer avoir été "renversée" en raison de ses décisions prises ces derniers mois, dans le cadre de la lutte contre la corruption.
Dans les nominations approuvées hier à l'unanimité par les magistrats, le CSM a proposé à Ghada Aoun le poste de conseillère à la Cour de cassation, en attendant sa nomination à la présidence de la Cour de cassation militaire. Elle serait remplacée à la tête de la cour d'appel du Mont-Liban par le juge Samer Lichaa, qui aurait une réputation irréprochable. Cette décision est vue par l'opinion publique et certains juges comme une façon pour le CSM de tenir tête aux ingérences politiques dans les nominations judiciaires, alors que le président Aoun aurait tout fait pour garder la juge à sa place.
Les nominations approuvées par le CSM doivent désormais obtenir l’aval de la ministre de la Justice qui s’était engagée dès sa désignation à ne pas s’immiscer dans le processus. Elle a toutefois laissé entendre hier qu'elle pourrait apporter sa touche personnelle à la liste des nominations, sur base de critères de compétence et de son refus de "toute interférence imposant des quotas politico-confessionnels".


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