À Antélias, les manifestants réclamaient des élections parlementaires anticipées. Photo Joao Sousa
Plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées hier soir dans différentes régions du Liban, notamment à Beyrouth devant la Banque du Liban, ainsi que sur le Ring et à Achrafieh, afin de crier leur colère contre les répercussions sur la population de la crise économique et financière que traverse le pays. Cette crise est la pire de ces trente dernières années au Liban, dont une partie de la population se soulève contre les dirigeants depuis près de cinq mois.
Devant la BDL, une centaine de personnes ont commencé à se rassembler en fin de journée, criant des slogans contre le capitalisme, les banques libanaises, le gouverneur Riad Salamé et les forces armées. Les contestataires devaient ensuite se mettre en route vers le centre-ville, dans une marche symbolique contre la cherté de la vie et la situation économique.
Lors de cette marche, les participants ont notamment appelé à une grève générale et une journée de désobéissance civile aujourd’hui. Ils ont copieusement insulté Riad Salamé et appelé à « faire tomber le gouvernement », rapporte notre journaliste sur place, Matthieu Karam.
Au niveau du bâtiment de Starco, à quelques centaines de mètres de la place Riad el-Solh, des échauffourées ont brièvement éclaté entre les contestataires et les forces de l’ordre, mais ont rapidement été contenues. En soirée, les protestataires se sont rassemblés au niveau du Ring, scandant des slogans contre le gouvernement. Ils ont fermé la route pour un certain temps.
À Antélias, au nord de Beyrouth, plusieurs centaines de personnes ont marché dans les rues de la localité côtière, clamant leur manque de confiance dans le gouvernement de Hassane Diab. Les protestataires ont notamment scandé des slogans réclamant des élections législatives anticipées, une des grandes revendications du mouvement de contestation.
Dette, taux de change et politiques monétaires
Plus tôt dans la journée, une poignée de personnes s’étaient rassemblées devant le Palais de justice de Beyrouth afin d’affirmer leur refus du remboursement des prochaines échéances des titres de dettes publiques en devises émises par le gouvernement, dont une première de 1,2 milliard de dollars à solder le 9 mars.
Des manifestations avaient eu lieu à Saïda et à Kfarremmane (Nabatiyé), au Liban-Sud, ainsi qu’a Baalbeck dans la Békaa, contre la flambée du dollar face à la livre libanaise et pour protester contre les politiques monétaires en place.
Ces nouvelles mobilisations interviennent alors qu’au cours des dernières semaines, les principaux rassemblements avaient lieu le samedi, notamment dans le centre-ville de Beyrouth.
Entre-temps, le taux de change entre la livre libanaise et le dollar continue de grimper pour atteindre un seuil de 2 690 livres pour un dollar, alors que le taux officiel stabilisé par la Banque du Liban est toujours de 1507,5 livres.


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