Liban

Sit-in devant l'ambassade de Suisse à Beyrouth pour réclamer la restitution des fonds volés


Des manifestants posent avec une pancarte devant l'ambassade de Suisse à Beyrouth, le 3 mars 2020. Photo Ani

Une cinquantaine de personnes se sont réunies pour un sit-in mardi matin devant l'ambassade de Suisse à Beyrouth pour demander à la Suisse son aide pour restituer les fonds que des responsables libanais y auraient déposé.

Un jeune chômeur diplômé en sciences physiques, participant à la manifestation, a dit à notre journaliste sur place Hadrien Valat espérer que "les gouvernements étrangers feront ce que le gouvernement libanais ne peut pas faire", d'autant, dit-il, qu'"une grande partie de l'argent détourné vient de l'étranger". Dans une lettre adressée à l'ambassade de Suisse en France le 24 février 2020, des groupes de la société civile libanaise avaient expliqué que "selon un communiqué publié par Samir Hammoud, chef de la commission de contrôle des banques de la Banque centrale, près de 2,2 milliards de dollars ont été transférés des banques libanaises vers la Suisse entre le 17 octobre 2019 et le 14 janvier 2020. M. Hammoud a refusé d’enquêter sur l’origine de ces fonds, conformément à la demande du procureur général, sous prétexte de secret bancaire, et a lancé la balle dans le camp de la commission spéciale d’enquête".

Une autre manifestante d'une cinquantaine d'années, Samia Karam, explique que l'ambassadrice Monika Schmutz Kirgöz était venue à la rencontre des manifestants. L'ambassadrice a par ailleurs reçu un groupe de députés prenant part au sit-in, qui lui ont remis une pétition demandant l'aide de la Suisse. Cette pétition porte notamment les signatures des députés Chamel Roukoz, Jean Talouzian, Georges Okaïs, Marwan Hamadé, Fouad Makhzoumi, Michel Moawad, Paula Yakoubian, Samy Gemayel, Élias Hankache et Nadim Gemayel.

Le Liban traverse une crise économique et financière profonde, et les établissements bancaires ont mis en place des mesures drastiques afin de juguler les fuites de capitaux, baissant fortement les sommes que les déposants peuvent retirer de leurs comptes, surtout en devises étrangères. Début février, le président du Parlement, Nabih Berry, avait relancé la polémique sur les fonds transférés à l’étranger par de riches déposants depuis la mise en place des mesures informelles de contrôle des capitaux par les banques du pays, en affirmant que "cinq directeurs de banque avaient transféré leurs fonds personnels à l’étranger" pour un montant cumulé d’environ "2,3 milliards de dollars", selon lui.


Une cinquantaine de personnes se sont réunies pour un sit-in mardi matin devant l'ambassade de Suisse à Beyrouth pour demander à la Suisse son aide pour restituer les fonds que des responsables libanais y auraient déposé.

Un jeune chômeur diplômé en sciences physiques, participant à la manifestation, a dit à notre journaliste sur place Hadrien Valat espérer que "les...