Un manifestant lançant un projectile en direction des forces de l’ordre devant le Parlement samedi soir. Photo Joao Sousa pour « L’OLJ »
Des centaines de personnes ont marché samedi depuis le quartier de Barbir vers le centre-ville, où elles se sont massées devant le Parlement, clamant que c’est aux responsables et non aux citoyens de « payer le prix » des politiques financières de l’État. La mobilisation, devenue traditionnelle le samedi après-midi, était marquée par la présence de nombreux protestataires portant des masques sanitaires comme mesure préventive.
« Michel Aoun est comme le corona », scandaient en chœur les contestataires, appelant le chef de l’État à démissionner. La mobilisation avait pour thème « Vous paierez le prix » et visait à rejeter le paiement par l’État de la série d’eurobonds arrivant à échéance le 9 mars. « Voleur, voleur, Nabih Berry est un voleur », ont également scandé les manifestants, qui s’abritaient de la pluie battante sous des parapluies.
Élie, un trentenaire au chômage depuis trois mois, dont les traits semblaient tendus derrière son masque sanitaire, a déclaré à notre journaliste sur place Matthieu Karam être « venu réclamer des législatives anticipées ». « Nous, les jeunes, nous sommes diplômés mais nous restons cloîtrés chez nous, sans emploi », s’est-il indigné. « Si nous avons peur du coronavirus ? Mais les gens meurent de faim. Vous pensez qu’on se soucie du coronavirus ? »
De son côté, Marie-Rose, une femme au foyer d’une soixantaine d’années, a estimé que « les législatives anticipées sont une nécessité car la population ne fait pas confiance aux responsables qui sont en place ». « Évidemment que les dirigeants font la sourde oreille, mais notre devoir est d’être là aujourd’hui. C’est notre seule chance, nous devons la saisir », a-t-elle lancé. Interrogée sur sa volonté de manifester malgré les craintes du Covid-19, elle a répondu : « Que Dieu guérisse tous ceux qui ont été contaminés par le coronavirus. Mais qu’il guérisse aussi nos dirigeants de leurs tares mentales. Moi, je ne crains rien, car le peuple libanais est bien préparé. Nous sommes un peuple uni. »
En soirée, les manifestants se sont massés devant la rue menant au Parlement entièrement barricadé afin de réclamer « la chute du gouvernement » de Hassane Diab.
Des jeunes se trouvant sur les lieux, au niveau de la rue Weygand, ont lancé des projectiles, notamment des pierres et des pétards, en direction des forces de l’ordre déployées sur les lieux, qui ont répliqué en projetant du gaz lacrymogène. Le calme est toutefois revenu après 19h30, notamment en raison des fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale.


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