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Nos lecteurs ont la parole - Par Joe Acoury

Un train est passé

« Si nous étendons la tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas disposés à défendre une société tolérante contre l’impact de l’intolérant, alors le tolérant sera détruit, et la tolérance avec lui. »

Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, Seuil, 1979, tome 1, p. 222.

Un système politique dysfonctionnel qui perdure presque intact depuis plus d’un demi-siècle n’est rien de moins qu’un ensemble de concordances aux discordances. Ainsi, comme un tableau surréaliste, on observe au Liban le faire face digne et unifié entre un peuple dans le dépouillement et des politiciens épris de la rentabilité. Les personnes et les familles à découvert nuit et jour, sur les places dans le froid ou dans des coins de misère, sont agressées et insultées de mille façons. Néanmoins, ces individus s’engagent à convenir à la dignité humaine et à leur citoyenneté pour préserver une solidarité nationale entre eux et poursuivre résolument par tous les moyens légitimes chaque voleur de la république. Tant parmi nous ne tolèrent plus les attentes stériles, les espoirs mal placés, les personnages rarement concernés par la tâche à achever, l’irresponsabilité citoyenne, l’élection d’hommes d’affaires sans scrupules, les formes diverses de dénis et de justificatifs stériles énoncés par un quelconque fonctionnaire et tous ceux qui n’essaient de faire qu’à leur façon ce qu’il faut mais sans réussir !

La nouvelle réalité d’un très large mouvement révolutionnaire est celle du train qui a passé depuis presque deux mois. Ce bouleversement du souffle de vie humaine dans un État complètement délabré par toutes les formes de corruption ne peut que réfuter les dissonances. Elles restent à l’ordre du jour des appropriations de projets gouvernementaux sans résultats tangibles alors qu’il s’agirait de servir une fonction pour exécuter et assumer des objectifs, sinon de se retirer dignement. Cependant, au Liban, la cohabitation a longtemps été tacitement convenue pour que le rôle d’un élu consiste à dépanner un électeur. Il s’agirait désormais, pour la prochaine page, de choisir des électeurs expérimentés dans la pratique continue du devoir et de la correction des erreurs à temps. Ce serait des personnages vissés aux stricts objectifs de la conscience professionnelle et non pas à un système « politique » d’une autre planète, déconnecté des appels répétés, des cris cinglants, d’un cours de suicides, des malheurs généralisés et des souffrances solitaires terribles en phase terminale !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

« Si nous étendons la tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas disposés à défendre une société tolérante contre l’impact de l’intolérant, alors le tolérant sera détruit, et la tolérance avec lui. » Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, Seuil, 1979, tome 1, p. 222.Un système politique dysfonctionnel qui perdure presque intact depuis plus d’un demi-siècle n’est rien de moins qu’un ensemble de concordances aux discordances. Ainsi, comme un tableau surréaliste, on observe au Liban le faire face digne et unifié entre un peuple dans le dépouillement et des politiciens épris de la rentabilité. Les personnes et les familles à découvert nuit et jour, sur les places dans le froid ou dans des coins de misère, sont agressées et insultées de mille...
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