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Lifestyle - Disparition

Kirk Douglas, le « fils du chiffonnier » devenu légende de Hollywood

L’un des derniers monstres sacrés du cinéma est décédé mercredi soir aux États-Unis, à l’âge vénérable de 103 ans.

Kirk Douglas entouré des actrices Jeanne Moreau et Leslie Caron, le 9 mai 1980, lors du Festival de Cannes dont il présidait le jury cette année-là. Ralph Gatti/AFP

C’était l’un des derniers monstres sacrés de Hollywood. Fils d’un chiffonnier juif ayant fui la Russie, l’acteur américain Kirk Douglas est décédé mercredi soir (hier à l’aube au Liban) à 103 ans. Il était entré dans la légende avec Les Sentiers de la gloire et Spartacus.

« Je resterai toute ma vie un homme en colère, disait-il. La colère a été le moteur de ma vie, une colère immense contre l’injustice. » Colère contre son enfance aussi. Une enfance misérable à la David Copperfield où il souffre en outre de l’antisémitisme et de l’indifférence d’un père alcoolique et analphabète, auquel il envoie un jour une cuillère au visage. « Et pourtant, parfois je me dis que c’est un avantage d’être né dans la misère : vous ne pouvez pas aller plus bas, vous ne pouvez que vous élever », philosophait à la fin de sa vie le père de l’acteur Michael Douglas.

Kirk Douglas, de son vrai nom Issur Danielovitch Demsky, voit le jour le 9 décembre 1916 à Amsterdam, petite ville de l’État de New York. Il grandit au milieu de six sœurs et n’a qu’un seul rêve : devenir comédien. Mais il doit d’abord travailler comme serveur de cafétéria et lutteur de foire pour payer ses études. Débarqué à New York, Izzy change de nom et parvient à intégrer l’Académie d’art dramatique où il croise la future Lauren Bacall, qui refuse ses avances mais restera toujours son amie. On est en 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, Kirk Douglas s’enrôle dans la marine et fait la campagne du Pacifique à bord d’un chasseur de sous-marins. Démobilisé, il enchaîne les petits rôles avant de connaître le succès en 1949 avec Le Champion, où il campe un boxeur caractériel. Dès lors, la carrière de l’acteur au regard azur et à la célèbre fossette au menton décolle : films d’aventures (Vingt Mille Lieues sous les mers, 1954), péplum (Spartacus, 1960), films de guerre (Les Sentiers de la gloire, 1958, Paris brûle-t-il ? , 1966), westerns (La Captive aux yeux clairs, 1952, Règlement de comptes à OK Corral, 1957)...

Ce grand ami de Burt Lancaster tourne avec les plus grands réalisateurs, de Kubrick à Mankiewicz en passant par Huston, Minelli, Hawks, Preminger et Kazan. Il devient aussi producteur et réalise lui-même quelques films. Il fait parfois des choix à contre-courant de son image de héros courageux et invincible, comme dans La vie passionnée de Vincent Van Gogh, qui lui vaut cette apostrophe de John Wayne : « Comment as-tu osé jouer une mauviette, un artiste qui se suicide ? Les durs dans notre genre ont l’obligation de maintenir cette image pour le public. » Il confesse un grand regret au cinéma : ne pas avoir décroché le rôle de Vol au-dessus d’un nid de coucou, le chef-d’œuvre de Milos Forman de 1975. « C’est une tragédie pour moi. C’est Nicholson qui l’a eu et il a eu un Oscar. Et moi je n’en ai pas. » Kirk Douglas finira toutefois par remporter, en 1996, un Oscar d’honneur récompensant l’ensemble de sa carrière.

Le Casanova de Hollywood

Acteur engagé, proche depuis toujours des démocrates, il n’hésite pas, en pleine chasse aux sorcières maccarthyste dans les années 1950, à embaucher un scénariste figurant sur la liste noire des personnes à ne pas embaucher en raison de leurs supposées sympathies communistes. On le surnomme l’emmerdeur. « À cause de mon franc-parler, j’ai longtemps été l’acteur le plus détesté de Hollywood », disait-il.

En dehors des plateaux, Kirk Douglas multiplie les conquêtes féminines au point d’être considéré comme le plus grand Casanova de Hollywood. « Je n’ai jamais compté les femmes que j’ai eues. Je les aime bien trop pour ça », disait-il. Ce qui ne l’empêche pas d’égrainer les noms de Gene Tierney, Rita Hayworth, Marlene Dietrich, Pier Angeli, Joan Crawford, Ava Gardner... Il vivait toutefois depuis 1954 avec la même femme, Anne Buydens, rencontrée en France et devenue sa seconde épouse.

Sur le tard, il se met à l’écriture, publie son autobiographie – Le fils du chiffonnier – et plusieurs romans. Il échappe plusieurs fois à la mort : accident d’hélicoptère en 1991, dont il ne sort que légèrement blessé mais où deux personnes périssent, attaque cérébrale en 1996, attaque cardiaque en 2001. Une période qui correspond à son retour à la foi : le jour de ses 83 ans, il refait sa Bar Mitzvah, comme à ses 13 ans. Kirk Douglas laisse derrière lui une dynastie du cinéma. Deux fils comédiens, dont Michael, né d’un premier mariage et désormais au moins aussi célèbre que son père, deux autres fils producteurs, une belle-fille actrice, Catherine Zeta-Jones, et un petit-fils, Cameron, également comédien.

#IamSpartacus

Dès l’annonce de son décès par son fils Michael, les hommages se sont mis à pleuvoir. Sur les réseaux sociaux, de nombreux anonymes lui rendaient hommage avec le mot-dièse #IamSpartacus. « Kirk a gardé son charisme de star de cinéma jusqu’à la fin de sa vie merveilleuse », a écrit le réalisateur Steven Spielberg au magazine spécialisé Hollywood Reporter, ajoutant que ses « notes manuscrites, ses lettres et ses conseils paternels » lui manqueraient. « 103 ans sur cette terre. Ça sonne bien ! C’était chouette de traîner avec toi », a de son côté salué sur Twitter l’acteur Danny DeVito. Des vedettes comme Mark Hammill et William Shatner ont également rendu hommage à un « acteur inoubliable » et une « icône incroyable ». Quant à l’Académie des Oscars, qui devrait certainement lui réserver un hommage dimanche lors de sa grande cérémonie annuelle, elle s’est contentée de dire « au revoir à une légende de Hollywood », avec une citation de Kirk Douglas lui-même rappelant qu’il avait voulu être acteur depuis l’école primaire.

Ailleurs dans le monde, les Festivals de cinéma de Cannes, de Berlin et de Venise ont également salué hier la mémoire de Kirk Douglas, un « comédien mémorable » pour le Festival de Cannes dont il avait présidé le jury en 1980.

Source : AFP

C’était l’un des derniers monstres sacrés de Hollywood. Fils d’un chiffonnier juif ayant fui la Russie, l’acteur américain Kirk Douglas est décédé mercredi soir (hier à l’aube au Liban) à 103 ans. Il était entré dans la légende avec Les Sentiers de la gloire et Spartacus.« Je resterai toute ma vie un homme en colère, disait-il. La colère a été le moteur de ma vie, une colère immense contre l’injustice. » Colère contre son enfance aussi. Une enfance misérable à la David Copperfield où il souffre en outre de l’antisémitisme et de l’indifférence d’un père alcoolique et analphabète, auquel il envoie un jour une cuillère au visage. « Et pourtant, parfois je me dis que c’est un avantage d’être né dans la misère : vous ne pouvez pas aller plus bas, vous ne pouvez que vous...
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