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Nos lecteurs ont la parole - Muriel Slim

1, 2, 3... souriez !

Les feux de forêt ne se déclenchent pas sur des coups de tête : la température s’élève, la pluie vient à manquer, la végétation devient aride et constitue alors un combustible de qualité.

Il en va de même pour la révolution libanaise. Notre malheureux peuple libanais a été tellement rudoyé durant ces maintes années qu’il s’est lentement desséché de toute patience.

Dans un cas comme dans l’autre, la moindre étincelle suffit à enflammer le tout, que ce soit une forêt ou un pays.

Ce qui s’est produit par la suite, c’est que ce feu de forêt a été très mal maîtrisé. La preuve est qu’il a fallu moins d’une brise d’air pour raviver les braises. La révolution n’est pas terminée de sitôt, contrairement à ce que d’aucuns prétendent.

Les responsables officiels ont peut-être considéré que les fêtes allaient faire oublier à la population ses misères. Mais, cette année, même les fêtes étaient différentes.

Comme à l’accoutumée, sur la photo de famille, nous avons tous souri de toutes nos dents. Pourtant, cette année, les sourires dessinés sur nos lèvres cachaient bien des choses.

Les étudiants, ayant achevé le semestre dernier à la va-vite, se demandent si la situation critique du pays leur permettra de valider le reste de leur année.

Les employés, dont le salaire a déjà été réduit de moitié, appréhendent des restrictions monétaires supplémentaires.

Le Libanais, qui a conservé ses économies en livres libanaises, redoute la chute de haut, entreprise par la valeur de la monnaie nationale.

Ne nous laissons pas duper par les jolies photos de famille. Nous avons chacun nos responsabilités, chacun nos tracas et, finalement, nous sombrons tous dans le même gouffre. Toutefois, les sourires enjolivant ces photos ne sont pas hypocrites, ce sont des sourires de combattants.

C’est cela qui nous caractérise à nous, Libanais. Nous avons appris à faire avec, à esquisser nos plus beaux sourires, quels que soient les contraintes et les désagréments qui nous submergent.

Il est indéniable que, dans la situation actuelle, sourire sollicite un peu plus d’efforts. Mais, heureusement pour nous, c’est encore gratuit, malgré l’inflation monétaire, parce que sourire dans les pires moments de nos vies, c’est une de nos meilleures productions locales.

Oui, en temps de crise, les Libanais brandissent leurs sourires aussi haut que leurs drapeaux nationaux.

Et c’est avec une fierté immense que je me bats aux côtés de cette communauté optimiste et épicurienne, coûte que coûte, avec l’espoir de rendre à notre Liban sa gloire d’antan.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Les feux de forêt ne se déclenchent pas sur des coups de tête : la température s’élève, la pluie vient à manquer, la végétation devient aride et constitue alors un combustible de qualité.Il en va de même pour la révolution libanaise. Notre malheureux peuple libanais a été tellement rudoyé durant ces maintes années qu’il s’est lentement desséché de toute patience.Dans un cas comme dans l’autre, la moindre étincelle suffit à enflammer le tout, que ce soit une forêt ou un pays. Ce qui s’est produit par la suite, c’est que ce feu de forêt a été très mal maîtrisé. La preuve est qu’il a fallu moins d’une brise d’air pour raviver les braises. La révolution n’est pas terminée de sitôt, contrairement à ce que d’aucuns prétendent. Les responsables officiels ont peut-être considéré que...
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