Des manifestants rassemblés à proximité du siège du Parlement à Beyrouth. Photo Médéa Azouri
Plus de trois mois après le début de la révolte populaire du 17 octobre, et après deux nuits de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait des dizaines de blessés et de nombreuses arrestations, la rue était toujours en effervescence hier. Des milliers de personnes ont manifesté en soirée devant le Parlement, la Banque du Liban et le ministère de l’Intérieur.
Dès 17h, et avec l’expiration de l’ultimatum fixé à M. Diab pour former son gouvernement, des centaines de manifestants se sont ainsi rassemblés dans la rue Weygand, à proximité du siège du Parlement, qui est devenue l’un des hauts lieux de la contestation contre le pouvoir ces dernières semaines.
Brandissant des drapeaux libanais, comme à l’accoutumée, et scandant des slogans hostiles à la classe politique, les protestataires exprimaient leur colère et leur rejet du Premier ministre désigné qui ne les convainc pas.
« Ils ne veulent pas d’un gouvernement qui nous représente. Ils veulent maintenir leurs sièges. Cela fait un mois que nous attendons. Que personne ne dise que nous n’avons pas accordé une chance à Hassane Diab », lance un homme en colère au micro de la chaîne LBCI. « C’est un gouvernement des partis politiques. La mentalité est la même », déplore un autre. « Lorsqu’il (Hassane Diab) consulte tel ou tel parti politique, cela fait de lui un personnage politisé. Ce gouvernement qui doit être formé est déjà mort-né. Ils ont ramené Hassane Diab pour brûler le pays », martèle un autre manifestant.
La circulation qui passe par la rue Weygand, notamment devant le siège de la municipalité de Beyrouth, a été déviée vers d’autres routes adjacentes.
Révolution contre les chabbiha
Dans le quartier commerçant de Hamra, les manifestants ont bloqué la route passant devant le siège de la Banque du Liban, théâtre mardi de violents affrontements et de scènes de vandalisme. « Révolution contre les chabbiha », criaient notamment les protestataires. Une bagarre a également éclaté entre certains protestataires et des automobilistes qui tentaient de forcer le passage. Le journaliste Maroun Nassif de la LBCI a dans ce contexte affirmé qu’un homme masqué et armé d’un objet contondant l’a agressé, ainsi qu’un confrère de la chaîne al-Jadeed, et a tenté de leur prendre leurs micros par la force.
Le cortège de manifestants a ensuite pris la route vers le siège du ministère de l’Intérieur, situé à quelques mètres du siège de la BDL. Là-bas, ils ont copieusement insulté les autorités, notamment la ministre de l’Intérieur, Raya el-Hassan, qui fait l’objet de la colère de la rue depuis les violences policières de mercredi soir devant la caserne Hélou dans le quartier de Mar Élias.
Les manifestants ont ensuite poursuivi leur chemin jeudi soir pour rejoindre la voie express du Ring, coupant, à l’aide de bennes à ordures, la route allant de Gemmayzé vers le Ring, au niveau de l’église Saint-Maron.
Une série de manifestations et sit-in ont également eu lieu depuis ce matin en province, dans tout le Liban.


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