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Iran/Etats-Unis : signes ténus de désescalade après 10 jours de crise

Moyen-Orient

Téhéran semble jouer à l'apaisement, et ce même si l'ayatollah Ali Khamenei a dénoncé la "présence corruptrice" des Etats-Unis au Moyen-Orient.


OLJ/AFP
13/01/2020

L'Iran a semblé jouer l'apaisement dimanche après dix jours de tensions maximales avec les Etats-Unis, marquées par des attaques et le crash d'un avion civil ukrainien abattu par "erreur" par les forces armées iraniennes. Et ce même si l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a dénoncé la "présence corruptrice" des Etats-Unis au Moyen-Orient. Et même si le président américain Donald Trump a maintenu la pression avec une nouvelle mise en garde à l'Iran.

A Téhéran, la police antiémeute s'est déployée en masse après un appel à manifester en soirée. La veille, les forces de l'ordre ont dispersé un rassemblement à la mémoire des victimes de la catastrophe aérienne, qui a viré à la manifestation contre les autorités.

Après ses dénégations initiales, l'Iran a reconnu samedi que ses forces armées avaient le 8 janvier abattu avec un missile l'avion de la compagnie Ukraine International Airlines, provoquant une vague d'indignation dans le pays. 176 personnes majoritairement des Iraniens et des Canadiens ont péri. L'Iran a souligné qu'au moment du tir, sa défense était sur le qui-vive en vue d'un possible "conflit total" avec les Etats-Unis.


(Lire aussi : Indignation en Iran après le crash et l'arrestation de l'ambassadeur britannique)


La tension, chronique, entre ces deux pays ennemis a connu un brusque accès le 3 janvier avec l'élimination d'un important général iranien, Kassem Soleimani, à Bagdad, suivie le 8 janvier de représailles iraniennes à coup de missiles contre des cibles militaires américaines en Irak. Quelques heures plus tard, l'avion ukrainien était abattu après son décollage de Téhéran.

Dans ce climat hypertendu, l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, dont le pays est allié des Etats-Unis mais entretient de bonnes relations avec l'Iran, a rencontré à Téhéran le président iranien Hassan Rohani et M. Khamenei. "Nous sommes convenus (...) que la seule solution à (la) crise passe par la désescalade et le dialogue", a dit l'émir. La situation demande "plus que jamais un renforcement des relations entre Etats" de la région, a jugé M. Khamenei.



(Lire aussi : Comment l'Iran a abattu un avion ukrainien : le récit d'un général)



Brouiller les cartes
M. Rohani a rencontré également le ministre des Affaires étrangères pakistanais Shah Mehmood Qureshi, dont le pays a proposé ses bons offices pour tenter de rapprocher l'Iran et l'Arabie saoudite, rival de Téhéran et grand allié des Etats-Unis.

A Washington, le chef du Pentagone Mark Esper a assuré que Donald Trump était toujours prêt à discuter avec l'Iran "sans condition préalable". Mais fidèle à son habitude de brouiller les cartes, M. Trump a presque au même moment adressé une nouvelle mise en garde "aux leaders d'Iran".

"NE TUEZ PAS VOS MANIFESTANTS", a-t-il tweeté. "Le monde regarde. Plus important, les Etats-Unis regardent."



La veille, il avait mis en garde Téhéran contre "un autre massacre de manifestants pacifiques", en référence au mouvement de contestation violemment réprimé en Iran en novembre. La manifestation de samedi à Téhéran a été à l'origine d'un nouvel accroc diplomatique entre Londres et Téhéran, après la brève interpellation de l'ambassadeur britannique Rob Macaire dans les environs du rassemblement. Londres a dénoncé une "violation flagrante de la législation internationale". Téhéran a reproché à M. Macaire d'avoir été présent à un "rassemblement illégal" en violation des conventions diplomatiques. M. Macaire a assuré s'être rendu au rassemblement annoncé comme une vigile à la mémoire des victimes de la catastrophe aérienne, dans lequel ont péri des Britanniques.



Lire aussi

Iran/Irak/USA : les développements depuis la mort de Soleimani


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Signes ténus effectivement, les missiles de croisière ne volent pas, les b52 ne bombardent pas, l' etouffement economique continue, l' accord sur le nucléaire est passé par le rapeur de documents, et la vie continue....!

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