L’une des fausses idées fréquentes sur la scène locale est que l’État a une mauvaise gestion des affaires dans tous les domaines. Pourquoi c’est faux ? Parce qu’il y a une bonne gestion dans quelques rares secteurs (il faut bien chercher), une mauvaise gestion dans une bonne partie des secteurs… et pas de gestion du tout dans la plupart des secteurs – des déchets au transport en commun, de l’industrie à l’agriculture, de l’électricité à la santé.
Cela est dû au fait que la plupart des instances de l’État (du sommet de la pyramide jusqu’aux ministres, députés…) ne font rien, ou presque. Trop peu de décisions significatives, de décrets, de lois. Et quand il y en a, ils sont peu ou pas appliqués. En réalité, ils ne sont pas complètement oisifs : ils bavardent lors des réunions interminables, tiennent des conférences de presse, font des tournées dans les régions, des voyages à l’étranger. Et ils tweetent – beaucoup –, surtout depuis que Trump s’y est mis assidûment. De cette façon, ils ont l’impression d’être parmi les grands de ce monde.
Parmi les secteurs non gérés, il y a justement les affaires financières. D’où la crise actuelle, causée par l’absence de politique financière de l’État et par le Hezbollah qui adore provoquer des crises catastrophiques qu’il qualifie généralement de victoires divines. Il n’y a donc personne pour gérer cette crise financière, ni maintenant ni par le passé, pendant qu’il était encore temps d’éviter cette vacuité. Il fallait des lois ou des décrets pour organiser, si nécessaire, le contrôle des capitaux ou les taux de change. Face à ce vide absolu, abyssal, on laisse les citoyens, les entreprises, les banques et la Banque centrale se débrouiller tout seuls – alors qu’ils ne sont pas habilités à légiférer – et se chamailler violemment. Et eux assistent à la scène un peu comme Néron qui regardait Rome brûler. Avec la grandeur de l’empire en moins.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef