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Hot(on)line

« Kaen Aichin » des sœurs Keserwany, l’air et la chanson en ces temps de révolution

Leur public et les révolutionnaires l’attendaient. Elles viennent de poster leur dernière satire sur les réseaux sociaux.


La couverture de « Kaen Aichin », Noel (à gauche) et Michelle Keserwany.

Il y a déjà dix ans presque qu'elles ont démarré leur(s) petite(s) révolution(s) en musique. Michelle et Noel Keserwany ont toujours eu les mots, les notes justes et l’humour pour dire leur colère, révolte et dénonciations. Il suffit qu’elles postent une vidéo pour que celle-ci devienne immédiatement virale.

De Jagal el-USEK à Zaffatleh el-tarik, en passant par al-jamal bi wasat Beirut et Panique bel Parlement, ce sont les chroniques d’un État libanais en déliquescence qu’elles ont raconté avec talent, ces dernières années. Satire d’une société corrompue, encore soumise à des zaïms qu’on continue à suivre et élire malgré leur incompétence, la crise des déchets, les problèmes jamais réglés, le désastre en gestation, ces mini-films tournés avec de petits moyens, « comme à la maison », ressemblent à cette jeunesse déterminée et inspirée, qui sait ce qu’elle veut et qui l’exprime bien.

Alors évidemment, avec la révolte démarrée en octobre dernier, l’inspiration était là, les raisons encore, sinon plus valables, et les messages nombreux. Au 83e jour de la thaoura, voilà que Michelle et Noel, toutes deux dans la création et l'animation, sortent un clip très attendu, qu’elles ont baptisé Kaen Aichin. Pas de réalisateur mais un travail collectif (Samir Syriani, Noel Keserwany, Michelle Keserwany et Hakim Abdelnaeem) qui a permis de réunir des séquences filmées pendant ces trois derniers mois, y additionner des animations en noir et blanc et de les monter ensemble. « Avec Michelle, nous avions écrit la chanson avant la thaoura, précise Noel. Trois semaines avant… Il suffisait de voir les choses se passer, ou justement ne pas se passer, prendre un peu de recul, pour prévoir ce soulèvement. Le dernier paragraphe de la chanson était différent, il finissait ironiquement avec “en effet, pourquoi une thaoura, restons tranquillement chez nous…” » Il suffira de dizaines de pneus brûlés, de routes fermées, d’une immense colère, puis d'un certain recul, pour que les deux sœurs changent ce paragraphe et s’attellent, entre deux manifestations auxquelles elles participent religieusement, Noel à Beyrouth et Michelle en France, à accoucher de ce vidéoclip de trois minutes trente.



« Nous n’avons jamais prémédité les choses, tout ce que nous avons fait et dénoncé ces 10 dernières années venaient de notre observation du pays, ses injustices, son dysfonctionnement, dus à une classe politique totalement corrompue et à l’immobilisme dans lequel nous étions. Il y a eu un effet boule de neige qui a permis ce séisme. » « Ils ont créé un monstre qu’ils n’arrivent plus à contrôler », dit encore la jeune femme de 29 ans. Et surtout, nous sommes vivants…



Pour mémoire
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Il y a déjà dix ans presque qu'elles ont démarré leur(s) petite(s) révolution(s) en musique. Michelle et Noel Keserwany ont toujours eu les mots, les notes justes et l’humour pour dire leur colère, révolte et dénonciations. Il suffit qu’elles postent une vidéo pour que celle-ci devienne immédiatement virale.

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