Dans un article publié sur le site « Shadow Government », un blog spécialisé dans la politique extérieure des États-Unis, Dennis Ross, conseiller au Washington Institute for Near East Policy et grand expert du Proche-Orient, dénonce la politique pratiquée par l’administration américaine au Liban et en Irak, qui selon lui n’a pas su saisir l’opportunité des mouvements de contestation pour lancer les politiques nécessaires et arracher ces deux pays à l’emprise iranienne.
Intitulé « Les États-Unis peuvent offrir aux peuples libanais et irakien quelque chose que Téhéran est incapable de fournir », l’article critique la politique de sanctions pratiquée par l’administration américaine à l’égard de l’Iran qui, à ses yeux, a prouvé ses limites.
L’ancien diplomate estime que les États-Unis n’ont pas réussi, par ailleurs, à élaborer des propositions convaincantes pour répondre aux doléances formulées dans le cadre des mouvements de contestation, se contentant d’un « soutien rhétorique » apporté aux protestataires, lesquels ont clairement exprimé leur ras-le-bol de leurs élites politiques corrompues et inefficaces.
« L’ironie, c’est que ni l’administration ni ceux qui la critiquent ne semblent croire qu’un changement substantiel et durable en Irak et au Liban est possible, sachant que c’est exactement ce que réclament les manifestants », note l’auteur. Il ajoute qu’à Beyrouth aussi bien qu’à Bagdad, des « marchandages » sont actuellement menés par les élites politiques pour garantir leur retour dans les nouveaux gouvernements, au lieu d’œuvrer à mettre en place des réformes économiques et politiques répondant aux revendications de la rue.
Téhéran, qui considère le Liban et l’Irak « comme son arrière-cour », est en train de donner de plus en plus de signes de vulnérabilité, estime M. Ross, qui invite les États-Unis à revoir par conséquent leur stratégie dans cette partie du monde et à cesser de considérer que Washington ne peut pas faire grand-chose face à l’emprise iranienne.
Désormais, souligne l’auteur, l’image de l’Iran est publiquement associée à la corruption et à la mauvaise gouvernance ainsi qu’à la répression. « Les leaders iraniens n’ont pas offert aux citoyens libanais et irakiens autre chose que leur propre modèle de répression brutale pratiquée contre les manifestants iraniens, ce qui a immanquablement réduit leur pouvoir d’attraction », dit-il. Dans un tel contexte, les États-Unis peuvent concurrencer Téhéran et offrir une image distincte de celle que véhicule le régime théocratique, « en soutenant des réformes cohérentes aux plans politique, économique et sécuritaire » au Liban et en Irak, fait valoir l’auteur. Le Congrès américain pourrait ainsi « mettre en place des partenariats et prendre des actions concrètes pour qu’une réponse soit apportée aux revendications des manifestants et ne pas se contenter d’« un soutien verbal », conclut M. Ross.


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